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Réforme de la Waqf Act
Concilier tradition et transparence
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Réforme de la Waqf Act
Concilier tradition et transparence
Le processus consultatif engagé est à la satisfaction de Nissar Ramtoola de la Jummah Mosque.
Le Budget 2026-2027 propose une révision majeure de la Waqf Act de 1941, visant à intégrer l’institution du Waqf dans le dispositif national de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (AML/CFT).
Cette modernisation répond à des impératifs de conformité réglementaire et de transparence financière, tout en reconnaissant l’importance historique et religieuse du Waqf dans la communauté musulmane.
Un waqf (pluriel : awqaf) est une dotation islamique permanente de biens, d’actifs ou d’argent. Le donateur (appelé waqif) cède la propriété de ses biens afin que le capital reste intact, tandis que les bénéfices ou revenus générés sont perpétuellement consacrés à des œuvres caritatives, religieuses ou d’intérêt public.
Les révisions proposées dans l’annexe du budget ont suscité des réactions critiques de la part d’acteurs religieux majeurs, notamment de la Jummah Mosque. Ces institutions ont dénoncé l’absence de consultation préalable et réclamé une suspension des amendements, craignant que les changements ne reflètent pas adéquatement les réalités du terrain ni les principes islamiques régissant le Waqf.
Face à ces préoccupations, les autorités ont engagé un processus consultatif. Une réunion significative s’est tenue le 1ᵉʳ juillet, présidée par le ministre du Logement Shakeel Mohamed. Le ministre a réaffirmé que la priorité était de répondre aux interrogations des différentes parties prenantes et de construire un large consensus autour des changements envisagés. Cette approche collaborative vise à établir un climat de confiance avant la présentation formelle des amendements. Nissar Ramtoola, vice-président de la Jummah Mosque, a exprimé sa satisfaction face à ces avancées. Selon lui, le dialogue a permis de développer une ébauche qui tient davantage compte des réalités du terrain et des principes de la Sharia. Cette évolution positive indique que le processus consultatif a contribué à rapprocher les positions de l’État et celles des instances religieuses.
Pour rappel, le Waqf Board, créé par la Waqf Act, joue un rôle central dans la régulation des biens de bienfaisance et la supervision des finances des mosquées et madrasas. Sa mission principale est d’assurer la transparence et d’éviter les détournements des actifs waqf. La réforme proposée vise donc trois objectifs complémentaires :
⚫ la conformité aux normes internationales, soit l’adaptation de la loi aux standards internationaux, en particulier aux obligations de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Ce qui implique des mécanismes de contrôle renforcés et des obligations déclaratives accrues.
⚫ la transparence et la gestion : clarifier les responsabilités, améliorer la gouvernance des organes gestionnaires et instaurer des procédures de suivi des actifs pour prévenir les abus et optimiser l’utilisation des ressources au profit des communautés.
⚫ le dialogue et l’acceptation : assurer l’adhésion des acteurs religieux par des consultations et des aménagements pratiques, afin que la réforme soit perçue comme légitime et applicable.
La principale critique portait sur la méthode : la Jummah Mosque et d’autres instances estimaient que les propositions ont été élaborées sans concertation suffisante. Les inquiétudes comprenaient la crainte d’une ingérence étatique excessive, la perte d’autonomie des conseils locaux et le risque d’une application automatique de normes qui ne tiendraient pas compte des réalités communautaires.
Les parties prenantes continuent de prôner des consultations sincères afin de concilier exigences internationales de transparence et respect des réalités religieuses locales.
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