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Platform Komun Syndikal
Pension à 60 ans : Le bras de fer est lancé
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Pension à 60 ans : Le bras de fer est lancé
Les dirigeants de la Platform Komun Syndikal ont réaffirmé leur opposition à la réforme de la pension de vieillesse et appelé à une forte mobilisation samedi dans les rues de Port-Louis.
La pression monte autour de la réforme de la pension de vieillesse. Réunis hier dans les locaux de la Fédération des travailleurs unis (FTU) à Port-Louis, les membres de la Platform Komun Syndikal ont lancé un nouvel appel à la mobilisation en vue d’une marche prévue ce samedi dans la capitale. Leur objectif est clair : obtenir le retour de l’âge d’éligibilité à la pension de vieillesse à 60 ans et maintenir le caractère universel de cette prestation.
La manifestation débutera au centre social Marie-Reine-de-la-Paix avant de traverser les rues de la capitale pour s’achever au Jardin de la compagnie. Pour les dirigeants syndicaux, cette marche marque une nouvelle étape dans leur contestation de la réforme annoncée dans le Budget 2026-2027. «Nous allons continuer nos actions», a assuré Atma Shanto, président de la FTU. Revenant sur le rassemblement organisé la semaine dernière devant l’Assemblée nationale, il a estimé que le mouvement ne faiblit pas. Selon lui, les syndicats parlent aujourd’hui d’une seule voix pour défendre ce qu’ils considèrent comme l’un des principaux acquis du modèle social mauricien.
Le syndicaliste a affirmé que les changements annoncés constituent un recul majeur. Il a soutenu que l’État-providence est le résultat de décennies de luttes syndicales et que les nouvelles orientations risquent d’affecter les travailleurs tout au long de leur parcours, de leur entrée sur le marché du travail jusqu’à la retraite. Il a également critiqué les prises de position du ministre de l’Intégration sociale, Ashok Subron, l’accusant de ne plus représenter les revendications historiques du mouvement syndical.
Début d’un mouvement plus large
Même son de cloche du côté d’Haniff Peerun, président du Mauritius Labour Congress. Selon lui, la réforme de la pension s’inscrit dans une évolution plus large qui remet progressivement en cause plusieurs composantes de l’État-providence. Il a notamment cité les changements intervenus ces dernières années dans différents secteurs et a estimé que la vigilance s’impose. Il a lancé un appel aux travailleurs, aux jeunes, aux étudiants et aux pensionnés afin qu’ils participent massivement à la manifestation. Haniff Peerun a également affirmé que certaines initiatives visent à décourager la participation à la marche, tout en assurant que le rendez-vous est maintenu.
De son côté, Clency Bibi, président de la General Workers Federation, a estimé que les mesures annoncées vont à l’encontre des principes qui ont façonné le système mauricien de protection sociale. Il a rappelé que les syndicats restent attachés au respect des mécanismes de concertation sociale, notamment lorsqu’il est question de modifier les lois du travail ou d’introduire de nouvelles dispositions à travers le Finance Bill. Le dirigeant syndical a également exhorté les travailleurs à démontrer leur solidarité samedi. «Nous devons montrer que nous sommes capables de nous mobiliser lorsque des droits que nous considérons fondamentaux sont remis en question», a-t-il déclaré.
Le président de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP), Reeaz Chuttoo, a, pour sa part, tenu à préciser que la plateforme syndicale créée l’année dernière autour de la pension poursuit aujourd’hui son combat en élargissant ses préoccupations à la réforme du National Pensions Fund et le National Pensions and Provident Fund. Selon lui, le débat dépasse désormais la seule question de l’âge de la retraite. Il a affirmé que les changements envisagés pourraient avoir des conséquences à long terme sur le financement des retraites, tant dans le secteur public que privé.
Reeaz Chuttoo a également estimé que toute réforme de cette ampleur devrait faire l’objet d’une véritable concertation nationale impliquant syndicats, associations de retraités, employeurs et autorités. Le président de la CTSP a soutenu qu’une simple réunion ne saurait remplacer un dialogue social approfondi. Si une rencontre avec le gouvernement devait avoir lieu, elle ne remettrait toutefois pas en cause la manifestation de samedi, a-t-il précisé.
Jane Ragoo, également de la CTSP, a rappelé les aspects organisationnels de la marche. Les participants sont attendus dès 13 heures dans la cour du centre Marie-Reine-de-la-Paix, avec un départ prévu au plus tard vers 13 h 15. Elle a indiqué que toutes les autorisations nécessaires avaient été obtenues auprès des autorités concernées et qu’il ne reste que la force policière qui doit approuver leur requête.
Au-delà de la manifestation de samedi, les organisations syndicales ont déjà annoncé que la mobilisation pourrait se poursuivre, notamment à l’approche des débats sur le Finance Bill. Elles ont prévenu qu’elles resteront particulièrement vigilantes face à toute disposition susceptible d’affecter la pension de vieillesse ou les droits des travailleurs.
En attendant, la manifestation de samedi s’annonce comme un nouveau test de mobilisation pour le mouvement syndical, qui espère rallier bien au-delà de ses seuls membres afin de faire entendre sa voix sur l’avenir de la protection sociale à Maurice.
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