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Budget 2026-2027

L’IA comme booster économique : Une affaire d’équilibre

1 juillet 2026, 17:00

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L’IA comme booster économique : Une affaire d’équilibre

Le Budget 2026-2027 s’inscrit dans la vision d’une «Future-Ready Economy». L’intelligence artificielle (IA) et la digitalisation y occupent une place centrale comme leviers de transformation économique. Devenue un outil transversal, l’IA est appelée à s’intégrer dans les principaux secteurs – éducation, santé, administration publique, cybersécurité et politiques sociales – ainsi que dans les environnements de travail et la vie quotidienne, afin de moderniser les services, renforcer la productivité et soutenir l’inclusion, tout en étant encadrée de manière responsable.

Infrastructures renforcées

Maurice bénéficiera de sa participation au projet de câble sous-marin «America-India Connect» afin d’améliorer la résilience de ses réseaux et sa connectivité avec des marchés stratégiques. Le gouvernement poursuit également des discussions avec des partenaires internationaux pour positionner le pays comme une plateforme régionale de confiance pour le cloud et l’IA.

La formation constitue l’un des principaux piliers de cette stratégie. Quelque 50 000 Mauriciens devraient être accompagnés l’année prochaine. L’outil MyT-GPT Education, testé dans dix écoles, sera déployé à plus grande échelle avec la formation de 8 000 enseignants du secondaire et l’intégration de 12 000 élèves de Grade 9. Des programmes cibleront également 25 000 professionnels du secteur privé et 5 000 agents du secteur public. Un programme «Champion of AI», développé en partenariat avec l’Inde, formera par ailleurs des leaders chargés de promouvoir une utilisation responsable de ces technologies.

Rs 25 millions seront consacrées à une plateforme nationale d’apprentissage de l’IA proposant des formations certifiantes et un accompagnement aux start-up. Le gouvernement publiera également un National Artificial Intelligence Guideline afin d’encadrer la gouvernance et l’utilisation responsable de l’IA dans l’enseignement supérieur et au sein de la fonction publique. Parallèlement, Rs 13 millions seront allouées au renforcement de la cybersécurité à travers la création d’un laboratoire de cybercriminalité, la réalisation d’une enquête nationale sur la préparation du pays face aux cybermenaces et la mise en place de systèmes de gestion de la sécurité de l’information dans les administrations publiques. Le secteur de la santé est aussi concerné, avec des formations destinées aux professionnels et futurs cadres médicaux ainsi que la création d’une unité spécialisée chargée d’évaluer l’intégration sécurisée de l’IA dans les soins.

En ce qui concerne la dimension sociale, la Deputy Prime Minister et ministre de l’Égalité des genres, Arianne Navarre-Marie, a fait comprendre au Parlement que l’IA doit briser la fracture numérique pour les femmes vulnérables, en améliorant leur accès aux dispositifs de protection, d’assistance juridique ou de soutien psychologique.

Cadrer la transition

Selon Dev Hurkoo, Managing Director de Rogers Capital – Technology, si elle est bien exploitée, l’IA peut stimuler la croissance, améliorer la productivité, renforcer la résilience et accroître la compétitivité, mais une mauvaise préparation risquerait d’accentuer les inégalités et d’entraîner une perte d’avantage stratégique. Cette réflexion repose sur trois axes pour le gouvernement : former afin de faire émerger une génération de «power users» ; mieux exploiter ses propres données, en organisant mieux l’information et en créant des équipes transversales capables de faire circuler les connaissances entre les différents ministères ; concentrer les efforts sur les secteurs où le pays possède un avantage naturel.

Mais la formation, aussi ambitieuse soit-elle, ne constitue qu’une première étape. Selon Govindah Chinapiel, Managing Director de Valdus, expert en ressources humaines, psychologue et Master Coach, former 50 000 Mauriciens aux compétences liées à l’IA ne garantit ni des emplois de qualité ni des salaires plus élevés. Pour que la promesse se concrétise, trois conditions doivent être réunies: acquérir des compétences solides, trouver un emploi qui permette réellement de les utiliser, puis évoluer dans un secteur capable de rémunérer cette valeur ajoutée. Or, estime-t-il, le Budget agit principalement sur le premier de ces trois leviers.

L’expert rappelle aussi une règle économique fondamentale : les salaires augmentent lorsque les compétences sont rares et recherchées. Seuls les professionnels disposant de compétences reconnues et intégrés dans des secteurs en forte croissance pourront espérer une amélioration durable de leurs revenus.

La même prudence s’applique à la future zone économique spéciale de Côte-d’Or. Pour Govindah Chinapiel, ce projet peut effectivement devenir un moteur de création d’emplois qualifiés, mais son impact dépendra avant tout des entreprises qui y investiront. Dans le scénario le plus optimiste, les sociétés internationales viendront avec leurs technologies, formeront les talents locaux et les intégreront. À l’inverse, si elles profitent essentiellement des avantages fiscaux tout en recrutant leurs propres cadres ou des talents étrangers, les retombées pour l’économie locale seront beaucoup plus limitées. Le défi sera donc de trouver l’équilibre entre l’attractivité offerte aux investisseurs et des exigences fortes en matière de transfert de compétences, de formation et d’intégration de la main-d’œuvre mauricienne.

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