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Économie bleue
Les pêcheurs dans l’attente des mesures incitatives
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Économie bleue
Les pêcheurs dans l’attente des mesures incitatives
Selon le syndicat des pêcheurs, le secteur reste vulnérable dans un contexte marqué par des défis persistants.
Le Budget 2026-2027 place l’économie bleue parmi les cinq piliers stratégiques du développement du pays, avec l’ambition de mieux valoriser les ressources marines tout en renforçant la sécurité alimentaire. Parmi les mesures annoncées figure la création d’un International Centre for Ocean Studies (ICOS) au sein de l’université de Maurice. Le gouvernement prévoit également des incitations pour soutenir la production halieutique, notamment le développement de la pêche sur les bancs de poissons, le déploiement de dispositifs intelligents de concentration de poissons, ainsi que le renforcement de la flotte semi-industrielle.
Une attention particulière est aussi accordée à la pêche thonière industrielle, considérée comme un levier important de croissance. Dans la même dynamique, les pêcheurs artisanaux bénéficieront d’un accompagnement pour faciliter leur transition vers des zones de pêche à plus fort rendement. Des appels à manifestation d’intérêt seront également lancés pour le développement de 28 zones d’aquaculture, dont 20 en lagon et huit en dehors du lagon, ainsi que de six barachois. Cette initiative vise à diversifier la production locale et à renforcer l’offre en produits de la mer.
Cependant, malgré ces annonces, la communauté des pêcheurs estime que les mesures ne répondent pas entièrement aux attentes du secteur. Judex Rampaul, porte-parole du syndicat des pêcheurs, indique que les professionnels attendent les mesures incitatives annoncées, mais juge que les premières propositions n’ont pas suffisamment pris en compte leurs recommandations. Il rappelle que, dans une lettre adressée le 28 avril au Premier ministre, la Mauritius Offshore Fishermen Cooperative Federation, en collaboration avec le Fishermen Trade Union Movement, avait exposé les difficultés rencontrées par les professionnels dont les moyens de subsistance dépendent directement de la mer.
Le secteur, selon eux, continue de se détériorer dans un contexte marqué par des pressions internationales et des fragilités internes persistantes. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient perturbent notamment plusieurs maillons de la chaîne, affectant l’acheminement du carburant, les échanges maritimes, certaines importations alimentaires et, par ricochet, les prix sur le marché local.
Un mécanisme de soutien d’urgence
Au-delà de ces facteurs conjoncturels, les acteurs du secteur évoquent des contraintes structurelles persistantes : difficultés d’accès au financement, hausse des coûts d’entretien et de renouvellement des embarcations, rentabilité en recul pour les coopératives opérant en haute mer, ainsi que des conditions climatiques de plus en plus imprévisibles.
Les représentants des pêcheurs plaident donc pour la mise en place d’un mécanisme de soutien d’urgence activable en cas de choc international. Ils soulignent également la nécessité de renforcer les capacités de la flotte locale et d’améliorer les infrastructures portuaires, tout en appelant à un soutien accru à la production locale afin de réduire la dépendance aux importations. Ils insistent sur la nécessité d’un cadre de concertation régulier avec les autorités, ainsi que sur une simplification et une décentralisation des démarches administratives.
Le porte-parole du syndicat des pêcheurs affirme : «Nous demandons la décentralisation. Il faut aussi donner l’opportunité à la communauté des pêcheurs de contribuer à la gestion du secteur. Nous aurions pu aussi contribuer à la formation afin de renforcer la capacité des bateaux semi-industriels. La formation est essentielle. Les pêcheurs sont en difficulté et le prix du poisson reste élevé alors que nous sommes entourés par la mer. Il faut développer le secteur afin de pouvoir fournir du poisson à un prix abordable aux consommateurs, tout en créant de l’emploi.»
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