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Journée internationale

Mgr Jean Michaël Durhône : «Les trafiquants de drogue sont devenus des marchands de la mort»

26 juin 2026, 17:45

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Mgr Jean Michaël Durhône : «Les trafiquants de drogue sont devenus des marchands de la mort»

À l'occasion de la Journée internationale contre l'abus et le trafic illicite de drogues, célébrée ce vendredi 26 juin, l'évêque de Port-Louis, monseigneur Jean Michaël Durhône, lance un appel à une mobilisation nationale contre un fléau qui, selon lui, détruit des familles, compromet l'avenir des jeunes et alimente une véritable économie parallèle.

Dans son message, publié à l'occasion de cette journée instaurée par les Nations unies en 1987 et placée cette année sous le thème «Le problème mondial de la drogue : problèmes persistants, nouveaux défis, réponses innovantes», le prélat rappelle que la lutte contre la drogue ne peut se limiter à la répression. Elle doit également passer par la prévention, la réhabilitation et l'engagement de toute la société.

S'appuyant sur les chiffres de la Financial Crimes Commission, Mgr Durhône souligne l'ampleur des profits générés par le trafic de stupéfiants à Maurice. Des biens d'une valeur d'environ Rs 9,9 milliards font actuellement l'objet d'ordonnances de saisie, tandis que les avoirs confisqués s'élèvent à** Rs 90 millions. En l'espace d'une semaine seulement, entre le 4 et le 11 mars 2026, dix perquisitions et neuf arrestations ont permis de saisir des biens de plus de Rs 100 millions.**

Pour l'évêque de Port-Louis, ces chiffres illustrent l'existence d'«une économie parallèle où certains produisent de la richesse sur la souffrance des familles et des personnes qui tombent dans l'enfer de la drogue». Il n'hésite pas à qualifier les trafiquants de «marchands de la mort», rappelant les nombreuses vies brisées par ce commerce illicite. «Combien de parents ont perdu un enfant ? Combien d'enfants n'ont plus de père ou de mère à cause de la drogue ? Combien de jeunes ont détruit leur avenir ?», s'interroge-t-il.

Mgr Durhône exprime également sa vive inquiétude face à la progression des drogues synthétiques, qui touchent particulièrement les jeunes. Il rappelle que plus de 53 %** des personnes incarcérées à Maurice sont âgées de 18 à 35 ans et que plus de 80 % **des dossiers concernent des affaires de drogue. Entre septembre 2024 et mars 2026, 822 consommateurs, 879 dealers et 31 trafiquants ont été arrêtés, tandis que plusieurs laboratoires clandestins ont été démantelés, principalement dans les Plaines-Wilhems, Grand-Port et Port-Louis-Nord.

Tout en estimant qu'il est indispensable de donner à la police les moyens de poursuivre efficacement les réseaux criminels, l'évêque insiste sur l'importance de la prévention. Citant l'ancien directeur exécutif de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime, Yury Fedotov, il rappelle que la lutte contre la drogue repose aussi sur l'engagement des familles, des enseignants, des éducateurs, des animateurs de jeunes et de l'ensemble de la communauté.

Au-delà de la sensibilisation, Mgr Durhône plaide pour une politique qui valorise les jeunes et leur offre des perspectives positives. Selon lui, il est essentiel de leur proposer des activités dans les domaines sportif, musical, écologique ou encore spirituel afin qu'ils puissent développer leurs talents et trouver leur place dans la société.

Il rappelle également l'engagement de l'Église catholique dans l'accompagnement des personnes confrontées à la dépendance, notamment à travers le Centre d'accueil de Terre-Rouge, le Centre Frère René Guillemin et le Centre d'Argy. Pour lui, ces structures témoignent d'une volonté de contribuer à la construction d'une société mauricienne «où il fait bon vivre».

En conclusion, il appelle à une collaboration étroite entre le gouvernement, la police, la National Agency for Drug Control, les ONG, les éducateurs, les différentes confessions religieuses et les citoyens. Il souhaite également que les représentants des diverses religions puissent se réunir afin de réfléchir ensemble à ce fléau qui, rappelle-t-il, «ne regarde ni la race ni la couleur ni la religion», mais concerne l'ensemble de la société mauricienne.

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