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Budget 2026-2027
Les opérateurs du secteur financier alertent sur les risques liés à la compétitivité de Maurice
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Budget 2026-2027
Les opérateurs du secteur financier alertent sur les risques liés à la compétitivité de Maurice
La compétitivité, la fiscalité et la mise en œuvre rapide des réformes ont été au centre des discussions lors du Budget Breakfast organisé par Mauritius Finance, le mardi 23 juin, au Hennessy Park Hotel. Cette rencontre, consacrée aux implications du Budget 2026-2027 pour le secteur des services financiers, s’est tenue en présence de la ministre des Services financiers et de la planification économique, Jyoti Jeetun.
Les échanges, animés par Faraz Rojid, CEO de Mauritius Finance, ont réuni plusieurs acteurs du secteur, notamment Anthony Leung Shing, Country Senior Partner & Tax Partner chez PwC Mauritius, Assad Abdullatiff, Managing Director d’Axis Fiduciary Ltd, Fazeel Soyfoo, Partner chez Andersen Mauritius, ainsi que Daniel Essoo, CEO de la Mauritius Bankers Association.
Dans son intervention, Jyoti Jeetun a rappelé l’importance du secteur des services financiers comme l’un des principaux moteurs de croissance de l’économie mauricienne et un contributeur majeur aux recettes fiscales du pays. La ministre a mis en avant plusieurs mesures annoncées dans le Budget afin de renforcer la compétitivité du centre financier, notamment la stratégie nationale FinTech, le développement des capacités en intelligence artificielle, les mesures de facilitation des affaires et les réformes prévues en vue de l’évaluation mutuelle de l’ESAAMLG en 2027.
Les professionnels du secteur ont salué la résilience de l’économie mauricienne dans un contexte mondial marqué par des tensions géopolitiques et un ralentissement de la croissance. Toutefois, ils ont insisté sur l’importance de passer rapidement des annonces aux résultats. «Le principal défi n’est pas tant la stratégie ou les politiques elles-mêmes, mais leur mise en œuvre», a souligné Anthony Leung Shing.
Les mesures visant à améliorer la facilité de faire des affaires et à accélérer la digitalisation ont été bien accueillies. Cependant, les intervenants ont rappelé que la compétitivité d’une juridiction dépend désormais autant de sa rapidité d’exécution que de son environnement fiscal.
À l’approche de l’évaluation de l’ESAAMLG, prévue en 2027, les opérateurs ont également appelé à préserver la réputation du centre financier mauricien sans tomber dans un excès de réglementation. Assad Abdullatiff a estimé qu’il faut éviter que cette évaluation « ne devienne une obsession qui nous pousse à réglementer au-delà de ce qui est nécessaire ». Il a plaidé pour une approche basée sur les risques, davantage de comparaison avec les juridictions concurrentes et une meilleure consultation des opérateurs avant l’introduction de nouvelles mesures.
De son côté, Daniel Essoo a salué les réformes prévues dans le secteur bancaire, notamment la révision de la Banking Act, l’introduction de l’open banking et le renforcement du partage d’informations en matière de cybersécurité. Selon lui, ces initiatives permettront au secteur bancaire de mieux répondre aux nouveaux défis technologiques.
Le CEO de la Mauritius Bankers Association a néanmoins mis en garde contre une perte progressive de compétitivité. Il a fait ressortir que les banques mauriciennes évoluent dans un environnement fiscal plus lourd que certaines juridictions concurrentes, alors que des places comme Dubaï ou Singapour renforcent leur attractivité.
Sur le volet fiscal, plusieurs inquiétudes ont également été exprimées concernant l’impact cumulé de certaines mesures sur le coût des affaires. Fazeel Soyfoo a souligné que, même si les taux d’imposition restent inchangés, certaines dispositions contribuent à élargir progressivement l’assiette fiscale. Il a notamment évoqué le Corporate Climate Responsibility Levy, les restrictions liées aux crédits d’impôt ainsi que le maintien du taux de 35 % pour les hauts revenus.
Tout en accueillant favorablement la réévaluation du système fiscal mauricien avec le soutien du Fonds monétaire international, il a résumé les préoccupations du secteur autour d’une question : «Compétitif pour qui ?», rappelant que l’attractivité internationale de Maurice devra rester au cœur des réflexions.
Les discussions ont aussi porté sur les nouveaux mécanismes pour attirer davantage d’investisseurs étrangers, dont l’introduction du Golden Visa. Les intervenants ont toutefois souligné que les investisseurs internationaux prennent en considération plusieurs autres facteurs, comme les infrastructures, la connectivité, la qualité du système de santé et l’environnement général des affaires.
Les professionnels du secteur ont insisté sur la nécessité de maintenir un dialogue régulier entre les autorités, les régulateurs et les opérateurs afin d’assurer une meilleure cohérence dans les réformes destinées à renforcer l’attractivité du Centre Financier International mauricien.
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