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Budget 2026-2027

Services financiers : une vision axée sur l’innovation et la croissance durable

20 juin 2026, 16:54

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Services financiers : une vision axée sur l’innovation et la croissance durable

Ce budget vise à rétablir une croissance économique durable en orientant Maurice vers un modèle davantage fondé sur l’investissement, l’innovation et l’amélioration de la productivité. Le message principal est que la croissance future ne proviendra pas uniquement des secteurs traditionnels, mais de plus en plus des services financiers, des technologies numériques, de l’intelligence artificielle, du développement des infrastructures, des énergies renouvelables, de l’économie bleue ainsi que des investissements directs étrangers à forte valeur ajoutée.

Le Budget 2026/2027 introduit une série de réformes importantes visant à renforcer la position de Maurice en tant que centre financier international de confiance, tout en préparant le secteur aux nouvelles opportunités offertes par la finance numérique et l’innovation technologique.

Sur le plan réglementaire, les mesures annoncées dans le cadre de la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act (FIAMLA) renforcent davantage le dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme grâce à une utilisation accrue de la technologie, de l’intelligence artificielle et des outils de supervision avancés. Ces réformes contribueront à consolider la réputation internationale de Maurice et à assurer sa pleine préparation à l’évaluation mutuelle de l’Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering Group (ESAAMLG) prévue en 2027.

Le Financial Services Act est également modernisé afin d’accompagner le développement de la fintech, de la gestion de patrimoine et des services financiers innovants. Les nouvelles dispositions renforcent les pouvoirs de supervision de la Financial Services Commission tout en créant un environnement plus favorable à l’émergence de nouveaux modèles d’affaires et de nouvelles activités d’investissement.

Le Budget réaffirme également son soutien au secteur de l’assurance captive à travers l’extension du régime d’exonération fiscale existant, ce qui permettra à Maurice de maintenir son attractivité comme juridiction de choix pour les structures de captive insurance et les activités d’assurance spécialisées.

Dans le secteur bancaire et des paiements, l’introduction d’un cadre d’Open Banking, la mise en place de règles pour les stablecoins et la tokenisation d’actifs, ainsi que le renforcement de la cybersécurité et du partage d’informations entre les institutions financières, constituent des avancées majeures vers un écosystème financier plus innovant, sécurisé et digitalisé.

Toutefois, en matière de facilitation des affaires, certaines mesures suscitent des préoccupations, notamment l’augmentation du coût pour la délivrance des certificats de résidence fiscale (TRC). Il est également à noter que les services fournis par les management **companies aux sociétés Global Business, aux trusts et aux fondations non-résidentes seront désormais VAT Exempt. Ces modifications pourraient avoir un impact négatif sur la compétitivité du secteur.

L’Economic Development Board(EDB) s’est vu confier un rôle central dans l’accélération des investissements. Les difficultés persistantes liées aux permis, aux procédures d’autorisation et à la mise en œuvre des projets ont souvent freiné les investissements du secteur privé. Les mesures annoncées, telles que la simplification des processus d’approbation, la digitalisation des permis, la facilitation accélérée des investissements et l’introduction du principe de «consentement tacite» (silent agreement), ont le potentiel de réduire significativement les délais et d’améliorer l’environnement des affaires.

Un aspect important de ce Budget est qu’il met l’accent sur le déblocage et la concrétisation des projets plutôt que de s’appuyer uniquement sur les dépenses publiques. Si elles sont mises en œuvre efficacement, les réformes annoncées pourraient accélérer les investissements dans les infrastructures, les technologies, les énergies renouvelables, le tourisme, les services financiers ainsi que dans la Zone Économique Spéciale de Côte d’Or, générant ainsi de l’emploi et de nouvelles sources d’activité économique.

Dans l’ensemble, ce Budget contient de nombreux éléments favorables à une relance de la croissance économique. Le véritable défi résidera toutefois dans son exécution. Son succès dépendra de la rapidité avec laquelle les réformes seront mises en œuvre et de leur capacité à se traduire par des investissements concrets, une activité économique accrue et une amélioration durable de la productivité à l’échelle de l’économie.

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