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Andrew Liu Man Hin : «Sans mesure concrète, le parc automobile va vieillir et ce n’est bon pour rien ni personne»

17 juin 2026, 21:00

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Andrew Liu Man Hin : «Sans mesure concrète, le parc automobile va vieillir et ce n’est bon pour rien ni personne»

Andrew Liu Man Hin, président de la Motor Vehicles Dealers Association (MVDA).

Réintroduction des droits d’accise sur les véhicules hybrides et électriques, hausse des droits d’accise et de douane sur les véhicules conventionnels, augmentation du droit d’enregistrement à la première immatriculation et de la «Road Tax»… Le Budget 2025-2026 a remanié la fiscalité automobile. Andrew Liu Man Hin (photo), président de la Motor Vehicles Dealers Association (MVDA) en fait le bilan et présente les attentes ainsi que les propositions de l’association avant la présentation de vendredi pour 2026-2027.

Le Budget 2025-2026 a introduit plusieurs mesures pour le secteur automobile. Comment la MVDA évalue-t-elle aujourd’hui leur impact, notamment en termes de volumes de ventes ou d’importations ?

Près d’un an après la mise en place des mesures, un constat s’impose : tout le monde est perdant. En premier lieu, les Mauriciens, pour qui le prix des véhicules est devenu inaccessible, le gouvernement qui a enregistré une chute majeure des recettes de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et de douane, et les distributeurs qui doivent drastiquement revoir leurs investissements et limiter les embauches. Entre novembre 2025 et mars 2026, le marché des Passenger Cars neufs a ainsi chuté de 46 % par rapport à la même période l’année précédente. Les ventes de véhicules neufs hybrides au cours de cette même période ont même chuté de 59 %, ce qui prouve que les mesures mises en place ont eu un effet négatif sur la transition énergétique du parc automobile local, qui était le pays de référence en Afrique et dans l’océan Indien. Les mesures drastiques mises en place soudainement par le gouvernement en 2025 ont fait perdre ce statut au pays et ont réduit sa crédibilité auprès des constructeurs automobiles.

À l’approche du Budget 2026- 2027, quelles sont les principales attentes de la MVDA pour le secteur automobile, notamment en matière de fiscalité et de transition énergétique ?

La MVDA a proposé des mesures simples et bénéfiques pour les Mauriciens, tout en améliorant les revenus de l’État, soit une réduction des droits de douane sur les véhicules «verts», à savoir les véhicules hybrides et électriques, afin que les prix de ces modèles diminuent. Et la mise en place d’un système de subvention pour donner les moyens aux propriétaires de véhicules de plus de 20 ans de renouveler leur voiture avec un véhicule plus récent. Sur le modèle de ce qui est mis en place à Singapour, l’objectif de cette mesure, payée par les importateurs de véhicules, est de limiter l’expansion du parc automobile local, tout en le rendant plus sûr et plus écologique. À Singapour, chaque année, approximativement 40 000 véhicules sont importés et tout autant sont de-registered, donc retirés pour toujours du parc roulant. En revanche, à Maurice, il n’y a officiellement qu’environ 3 500 véhicules de-registered chaque année et la majeure partie de ces véhicules peuvent être re-registered.

La MVDA propose de passer à un système de «green charging» pour les véhicules électriques. Pouvez-vous expliquer ce concept et son intérêt pour le pays ?

La MVDA est évidemment favorable à toutes les mesures pouvant permettre d’aider à la transition écologique du parc automobile local. Le ministre de l’Énergie a invité la MVDA à une réunion avec la direction du Central Electricity Board et de la Mauritius Renewable Energy Agency (MARENA). Nous sommes parfaitement alignés avec leur proposition de stockage de l’énergie solaire dans des batteries pendant la journée afin de recharger les voitures le soir. Beaucoup de propriétaires de véhicules électriques ou hybrides rechargeables ont d’ailleurs déjà investi dans des panneaux solaires. Le montant de l’investissement dans un système de panneaux photovoltaïques avec batteries permettant de stocker l’énergie solaire collectée pendant la journée, est d’environ Rs 250 000 pour un conducteur roulant en moyenne 25 000 kilomètres par an. La mise en place d’une incitation permettant de réduire le coût de cet investissement encouragera sans aucun doute un plus grand nombre de Mauriciens à faire le pas.

La MVDA propose également la mise en place d’un programme de mise à la casse de 10 000 véhicules par an, ce qui est actuellement inexistant. Pourquoi cette mesure ?

Une voiture est une voiture, qu’elle soit neuve ou ancienne, achetée duty paid ou duty free. Et chaque voiture cause de la congestion de façon égale. Par ailleurs, le public sait très bien qu’une voiture neuve, quelle que soit sa marque, est plus efficiente et plus safe qu’une voiture produite il y a 15 ou 25 ans. La mesure proposée par MVDA permet donc de rajeunir le parc roulant, avec des modèles plus sûrs, plus écologiques, tout en limitant la taille du parc, donc la congestion.

Comment voyez-vous l’évolution du marché automobile, dans un contexte marqué par l’inflation et la transition énergétique ?

La situation actuelle est dramatique et affecte en premier lieu la classe moyenne, notamment les personnes qui habitent dans des régions où les transports publics sont limités. La fiscalité automobile en vigueur est parmi la plus élevée en Afrique. Elle limite très fortement l’aspiration des Mauriciens à accéder aux nouvelles technologies des véhicules. Si aucune mesure concrète n’est mise en place rapidement par le gouvernement, les membres de la MVDA prévoient que le parc automobile roulant va vieillir, ce qui n’est bon ni pour la sécurité des usagers ni pour l’environnement.

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