Publicité
Résidence La Cure
Les habitants sous le choc après la mort de Gaël Sadal
Par
Partager cet article
Résidence La Cure
Les habitants sous le choc après la mort de Gaël Sadal
■ C’est ici que Gaël Sadal a été poignardé au cœur par Mohammad Sheik Boulaky.
Le calme est revenu dans le couloir Robert Scott, à Résidence La Cure. Pourtant, derrière cette apparente tranquillité, les habitants peinent encore à réaliser le drame qui s’est joué samedi soir. Hier dimanche, lors de notre déplacement sur le terrain, l’émotion était toujours vive. Des voisins discutaient à voix basse tandis que plusieurs habitants évoquaient avec tristesse la disparition de Gaël Sadal, plus connu dans le quartier sous le surnom de «Rasta». Sur les lieux, des éléments de la police continuaient à effectuer des vérifications dans le cadre de l’enquête. L’atmosphère contrastait avec les scènes de violence qui se seraient déroulées quelques heures plus tôt.
Une dispute qui remonte à plusieurs jours auparavant
Selon les témoignages recueillis auprès de proches de la victime, le conflit ne serait pas né samedi soir. D’après Aurianna, l’épouse de Gaël Sadal, les tensions auraient commencé dès jeudi après-midi. Assise dans son salon, encore bouleversée par les événements, elle raconte les circonstances qui auraient conduit à cette issue tragique. «Gaël s’occupait de ma fille comme de son propre enfant. Il lui donnait à manger et du lait pour son enfant. Mon gendre Mohammad Sheik Boulaky n’était pas d’accord avec cela», explique-t-elle. Selon elle, une remarque déplacée à l’égard de sa fille aurait été à l’origine du différend. Gaël Sadal aurait alors cherché des explications auprès de Mohammad Sheik Boulaky, 22 ans. La situation se serait rapidement détériorée. Toujours selon Aurianna, jeudi soir, alors que son mari revenait du travail, il aurait aperçu Mohammad Sheik Boulaky et son frère qui l’attendaient armés d’un couteau. Gaël voulait parler avec eux, mais Aurianna raconte qu’elle l’en a empêché. Elle affirme également que les tensions se seraient poursuivies dans les jours qui ont suivi.
Une confrontation fatale samedi soir
Samedi après-midi, les esprits semblaient loin d’être apaisés. Aurianna raconte qu’une nouvelle altercation aurait éclaté lorsque Dorine, la mère des deux frères impliqués dans l’affaire, aurait croisé Gaël Sadal dans le couloir Robert Scott. Selon son récit, le téléphone portable de son mari aurait été projeté au sol au cours d’une dispute verbale. Elle serait alors intervenue pour calmer la situation et ramener son époux à la maison. Mais le calme ne devait être que de courte durée. «Gaël insistait pour aller travailler dans la région. Il était coiffeur», explique-t-elle.
Quelques instants plus tard, des cris retentissent dans le quartier. «J’ai entendu des cris, mais quand je suis sortie, il était déjà trop tard», raconte-t-elle, la voix tremblante. Selon elle, les deux frères auraient menacé son mari depuis plusieurs jours. «Zot ti pe dir ki zot pou touy li. Zot ti kone ki lame lame pa ti pou fasil parski li ti fer sport ek labox», affirme-t-elle. Pour cette mère de famille, la mort de son époux est liée à sa volonté d’aider les autres. «Gaël a perdu la vie car il aimait aider les autres, dont ma fille», dit-elle.
«Si lapolis ti vinn dan ler…»
Dans le quartier, plusieurs habitants partagent le sentiment que le drame aurait pu être évité. Une voisine affirme avoir alerté la police avant que la situation ne dégénère. «Samedi, mo finn al get lapolis. Mo finn demann zot vinn fer enn lintervansion ek vinn avek enn gran lekip», raconte-t-elle. Selon elle, seuls deux policiers étaient au poste de police à ce moment-là. Elle soutient également que les menaces remontaient à plusieurs jours. «Les problèmes remontent à jeudi. Banla ti pe dir ki zot pou touy Gaël ek ras so latet», affirme la voisine. C’est sa fille, âgée de 17 ans, qui l’aurait prévenue qu’une bagarre venait d’éclater. «Kan monn arive, Gaël ti anba. Monn tir mo jacket. Monn met lor li. Monn zet delo lor so figir. Linn loke dan mo lame. Apre linn mor», raconte-t-elle avec émotion.
Aurianna partage le même constat. Elle réfute également les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux au sujet d’une éventuelle consommation de drogue par son mari. «Li pa ti droge. Li pa ti kontan tann koz lor ladrog», soutient-elle.
La version policière
Selon les informations policières, les forces de l’ordre ont été alertées samedi soir à la suite d’un appel signalant une situation anormale dans le quartier de Robert Scott.
À leur arrivée, les policiers ont découvert Mohammad Sheik Boulaky, 22 ans, grièvement blessé et gisant sur la route. Il a été transporté d’urgence à l’hôpital Dr A.G. Jeetoo où il a subi une intervention chirurgicale avant d’être admis en observation. Peu après, la police a été informée qu’un autre homme impliqué dans l’incident, Gaël Sadal, avait également été blessé. Le personnel médical a malheureusement constaté son décès. Le corps a ensuite été transporté à la morgue de l’hôpital SSRN en attendant l’autopsie.
L’autopsie confirme une blessure mortelle au cœur
Le rapport d’autopsie réalisé dimanche a confirmé les circonstances du décès. Gaël Sadal, âgé de 28 ans, est mort des suites d’une blessure au cœur infligée par une arme blanche. Les investigations se poursuivent sous la coordination de la DCIU Metro North, dirigée par le Detective Inspector Noordally, en collaboration avec les enquêteurs de la CID Metro North sous la responsabilité du Detective Inspector Lulith, le tout sous la supervision de l’assistant commissaire de police Mohanut. Au moment où nous mettions sous presse dimanche soir, il nous revenait que tous les suspects recherchés dans le cadre de cette affaire avaient été arrêtés.
Qui était Gaël Sadal ?
Originaire de Rodrigues, du village de Saint-Gabriel, et installé à Maurice depuis plus de quinze ans, Gaël Sadal était connu dans plusieurs régions de l’île pour ses multiples activités professionnelles. Coiffeur apprécié de nombreux jeunes du quartier, il réalisait également des dreadlocks et des tatouages. À côté de cela, il travaillait régulièrement comme maçon afin de subvenir aux besoins de sa famille.
Ceux qui l’ont côtoyé décrivent un homme travailleur, sportif et toujours prêt à rendre service. Dimanche, dans les ruelles de Robert Scott, les témoignages se ressemblaient. Tous évoquaient un homme proche des enfants, attaché à sa famille et profondément enraciné dans son quartier.
Aujourd’hui, à Résidence La Cure, une famille pleure un époux, un beau-père et un ami. Tandis que l’enquête suit son cours, de nombreuses questions demeurent sans réponse quant aux circonstances exactes de cette altercation qui a coûté la vie à Gaël Sadal.
Publicité
Publicité
Les plus récents