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Travaux de protection côtière à Belle-Mare

Les pêcheurs s’inquiètent, le ministère assure que le projet est conforme

12 juin 2026, 10:30

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Les travaux de protection côtière entrepris depuis fin mai sur la plage de Belle-Mare, à proximité d’un hôtel dans l’Est, provoquent des remous. Des pêcheurs de la région dénoncent des risques pour l’écosystème marin et demandent aux autorités de s’assurer que toutes les conditions environnementales imposées au promoteur sont respectées.

Selon ces pêcheurs, certaines interventions effectuées sur le littoral pourraient avoir des conséquences sur le lagon. Ils affirment avoir constaté des perturbations dans certaines zones marines ainsi que la présence de petits poissons morts depuis le début des travaux. Une situation qui alimente leurs craintes concernant une éventuelle dégradation de cet espace côtier dont dépend leur activité.

Au-delà de l’aspect environnemental, ils évoquent également un enjeu économique. Plusieurs familles de la région dépendentent directement de la pêche et redoutent que toute détérioration du lagon affecte leur gagne-pain. Les pêcheurs estiment aussi que leurs préoccupations n’auraient pas été suffisamment prises en compte avant l’octroi du permis d’Environmental Impact Assessment (EIA).

Présent sur place aux côtés des pêcheurs, le député de l’opposition Chetan Baboolall a relayé leurs doléances. Selon lui, des interrogations persistent quant au respect des conditions liées à l’EIA. «Selon le rapport EIA, un accès permanent doit être prévu afin que le public puisse accéder à la plage, mais ce n’est pas le cas actuellement», affirme-t-il.

Il remet également en question certains aménagements réalisés sur le site. «Ils sont en train de remplir la plage avec du sable alors que, selon le permis EIA, ils n’auraient pas l’autorisation de le faire», soutient le député. Chetan Baboolall demande ainsi au gouvernement et aux autorités concernées d’effectuer une vérification approfondie sur le terrain afin de préserver l’environnement côtier de Belle-Mare.

De son côté, le ministère de l’Environnement précise que les travaux concernent la réalisation d’un enrochement perméable de 120 mètres, situé au-dessus du high water mark. L’objectif est de renforcer la protection du littoral face aux houles et aux cyclones. Selon le ministère, le promoteur a obtenu sa licence EIA le 9 avril 2026, tandis que l’Environmental Monitoring Plan a été approuvé le 22 mai. Les travaux, qui ont débuté à la fin du mois de mai, étaient achevés à environ 70 % au 11 juin.

Concernant les consultations avec les pêcheurs, le ministère indique que des rencontres ont eu lieu les 6 août 2024 et 1er juin 2026, conformément aux conditions imposées dans la licence EIA. Celle-ci prévoit notamment que le promoteur doit engager le dialogue avec les pêcheurs et résoudre tout différend pouvant survenir avant, pendant et après la réalisation du projet.

Le ministère confirme toutefois qu’une non-conformité avait été relevée le 29 mai concernant l’utilisation de roches non lavées. Le 1er juin, le promoteur a été officiellement informé du non-respect de deux conditions de l’EIA, portant sur le lavage des roches avant leur utilisation et l’installation d’un écran géotextile à double couche. Le promoteur avait alors été invité à suspendre les travaux en attendant la mise en place de mesures correctives.

Selon le ministère, ces mesures ont été appliquées le jour même. Les roches concernées ont été retirées du site et un écran géotextile conforme a été installé en mer. Lors de la dernière inspection effectuée le 9 juin, les officiers du ministère disent avoir constaté une eau claire, des dispositifs de protection conformes ainsi qu’un accès sécurisé à la plage à travers l’établissement hôtelier.

À ce stade, le ministère considère que le projet respecte les exigences de la licence EIA et de l’Environmental Monitoring Plan.

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