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Exposition

Stéphane Fanchette : Quand la mer l’appelle

11 juin 2026, 21:00

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Stéphane Fanchette : Quand la mer l’appelle

Photos: Rishi Etwaroo.

Impossible d’y résister. Il lui faut aller à la mer au moins une fois par semaine. Le «minimum social», sinon, il y a comme quelque chose qui cloche dans son système. Aller à la mer ? Pas juste pour kas poz. Mais pour se régénérer. Se laver les yeux et l’esprit. Refaire le plein de calme et de volupté, sans chercher le luxe. Si ce n’est celui d’entendre les bruits de la mer. Ceux, trop souvent noyés par la musique qui joue tellement forte qu’elle en est agressive.

Dans le hall du Hennessy Park Hotel, un grand bleu - comprenez un tableau de relativement grand format, où le bleu prédomine - de Stéphane Fanchette, attire l’œil. Le fait glisser tout en fluidité, du lobby au restaurant. Aquamarine, la mer pour horizon est visible au Hennessy Park Hotel jusqu’au 15 juin. Il s’agit de la seconde exposition solo de Stéphane Fanchette, qui regroupe des œuvres réalisées entre 2024 et 2026.

Au fil des compositions s’étale le parcours de l’artiste vers davantage de lâcher-prise. Ses tableaux donnent des envies d’être touchés. Pour sentir le grain du sable. Épouser le mouvement de la vague agissante, qui entre dans le tableau pour soulever les couches de couleur. «La mer travaille pour moi», sourit l’artiste. La nouvelle série Aquamarine, c’est ne surtout pas être passif face à la mer. Mais s’en inspirer. Boire son énergie. Celle, si particulière, qu’elle déploie «quand on est dans le sud».

Il y a des artistes qui travaillent dans le silence feutré de leur atelier. Stéphane Fanchette est de ceux qui choisissent de faire de la nature leur partenaire de création. Il lui faut le soleil qui tape jusqu’à l’aveuglement. Il lui faut voir sans filtre. Être sur place. La mer, pour lui, n’est pas seulement une source d’inspiration  : elle est une collaboratrice. Dans sa nouvelle exposition, les vagues, le vent, la lumière et le temps qui passe, participent à l’élaboration de chaque œuvre.

Une idée s’impose : cheminer vers davantage de liberté. Un déclic provoqué par la découverte du travail d’un peintre américano-brésilien dont l’approche spontanée et expressive l’a profondément marqué. «Il se laissait vraiment aller», confie Stéphane Fanchette. Une révélation qui l’a encouragé à explorer une peinture plus instinctive, plus vibrante, où la couleur occupe une place centrale.

Cette évolution se retrouve dans toute la série Aquamarine. Les œuvres semblent animées par un mouvement permanent, comme si elles retenaient quelque chose de l’énergie de l’océan. Les bleus profonds, les rouges intenses et les nuances minérales dialoguent dans des compositions abstraites, qui invitent au voyage intérieur autant qu’à la contemplation.

Derrière ces tableaux se cache aussi une géographie intime. Pointe-aux-Roches, Belle-Mare et d’autres portions plus discrètes du littoral deviennent les véritables protagonistes de cette aventure artistique. Chaque toile porte le nom du lieu où elle a été réalisée. Un choix loin d’être anodin. «Cela fait partie du voyage», explique l’artiste. Car avant même le premier coup de pinceau, il y a la route. Un trajet pour quitter la ville, ses contraintes et son agitation. Une transition nécessaire pour entrer dans un autre état d’esprit.

Parallèlement aux grandes compositions marines, certaines œuvres plus épurées révèlent une autre facette de sa pratique. Influencé par la peinture chinoise, Stéphane Fanchette explore un langage plus minimaliste et introspectif. Des créations plus silencieuses, où quelques gestes suffisent à suggérer un univers entier. La nouvelle exposition témoigne ainsi d’une double dynamique : une peinture plus libre, plus colorée, mais aussi plus personnelle. À l’heure où de nombreux artistes travaillent à partir de photographies ou d’images numériques, ce peintre revendique l’importance du plein air. Un retour à l’eau, à l’authenticité.

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