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Air Mauritius

Demande pour une enquête indépendante sur l’acquisition obligatoire et la réduction des pensions

11 juin 2026, 14:00

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Demande pour une enquête indépendante sur l’acquisition obligatoire et la réduction des pensions

La Listed Companies Minority Shareholders Association (LCMSA) et l’Air Mauritius Retirees Cell préparent une demande formelle, à travers le ministère des Services financiers et le bureau du Premier ministre, pour qu’une enquête indépendante et approfondie soit ouverte afin d’éclaircir deux dossiers, lourds de conséquences, pour les actionnaires et les retraités.

D’abord, la procédure de Compulsory Acquisition des actions d’Air Mauritius par Airport Holdings Ltd (AHL) en 2021–2022 soulève des questions sur la transparence et l’équité du processus. Pour rappel, à la fin 2021 et au début de 2022, AHL a finalisé avec succès l’acquisition obligatoire des actions de MK et le retrait de la cote d’Air Mauritius Ltd en Bourse. Cette opération faisait suite à une restructuration financière au cours de laquelle AHL a lancé une offre publique d’achat obligatoire de Rs 5,80 par action après avoir pris le contrôle effectif de la compagnie aérienne nationale.

Cependant, le rachat par AHL s’est heurté à une certaine résistance de la part des actionnaires minoritaires. En octobre 2021, la LCMSA a exhorté les actionnaires à ne pas vendre leurs actions à AHL. Le président de l’association a déclaré que les actionnaires minoritaires étaient contraints de vendre leurs actions à un prix dérisoire. Bien qu’ils aient intenté des actions en justice et contesté le rachat, la Cour suprême a finalement statué en faveur d’Air Mauritius et d’AHL.

La Cour a invoqué l’absence de preuves substantielles d’un préjudice indu pour les actionnaires, notamment au vu de la situation financière catastrophique de la compagnie aérienne pendant la pandémie de Covid-19. Les employés et retraités d’Air Mauritius (AMLPS) ont aussi fait face à d’importants changements concernant leur fonds de pension, qui a été transféré à la National Insurance Company (NIC). Cette transition a généré une vive contestation de la part des retraités en raison d’une réduction drastique de leurs droits de compensation. Le fonds de pension non contributif – Air Mauritius Limited Pension Scheme – a été vendu à la National Insurance Company Ltd (NIC), compagnie d’assurance détenue par l’État. Lors de la période d’administration volontaire, un trou de près de Rs 5 milliards a été identifié dans le plan de pension, et une injection d’environ Rs 2,75 milliards a été effectuée pour combler le déficit et restructurer le régime.

Avant les restructurations liées à l’administration, le fonds garantissait aux bénéficiaires du Defined Benefit Pension une augmentation annuelle de 3% à 5% pour faire face à l’inflation. Ce taux de compensation contractuel a été revu à la baisse, passant à seulement 0,25%. L’association des retraités a réclamé l’ouverture d’une enquête par la Financial Services Commission (FSC) concernant la gestion et le déficit du fonds. Les retraités demandent également un réajustement progressif des pensions, notamment pour les plus vulnérables.

Cependant, selon la direction d’Air Mauritius, le rachat du fonds par la NIC garantit que les employés continueront de toucher leur pension jusqu’à leur décès, bien qu’ils ne bénéficient plus de l’indexation annuelle avantageuse du passé.

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