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«Risk Governance Forum»
Moins d’anticipation, plus de «sense-making»
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«Risk Governance Forum»
Moins d’anticipation, plus de «sense-making»
Créé en mai 2024, le RGF est une plateforme de dialogue dédiée à la gouvernance des risques.
Face à un contexte d’incertitude structurelle et à la multiplication des ruptures dans les échanges économiques et commerciaux, des dirigeants se sont réunis à l’occasion du deuxième anniversaire du Risk Governance Forum (RGF) pour réfléchir à l’évolution des approches en matière de stratégie et de gestion des risques. C’était le jeudi 22 mai au Labourdonnais Waterfront Hotel, à l’initiative du Mauritius Institute of Directors (MIoD), en collaboration avec CIEL Group, autour du thème «Recalibrating Strategic Direction in Response to Global Shifts».
Créé en mai 2024, le RGF se positionne comme une plateforme de dialogue dédiée à la gouvernance des risques. Porté par EY Mauritius et soutenu par ses membres fondateurs, dont ABC Banking Corporation, Alteo, Cim Finance, Currimjee Group, Innodis Group, Leal Group, MCB Group, MUA, RHT Holding Ltd et UBP, ce forum accompagne les entreprises dans l’analyse des transformations technologiques, géopolitiques, climatiques et commerciales.
Dès les premiers échanges, les participants ont souligné que les organisations évoluent dans un environnement marqué par des dynamiques simultanées et interconnectées. Les tensions géopolitiques perturbant les flux commerciaux, la recomposition des chaînes d’approvisionnement, les divergences réglementaires entre marchés et l’évolution des politiques tarifaires exercent une pression croissante sur la prise de décision. Dans ce contexte, l’adaptabilité est apparue comme un facteur de performance à part entière, au-delà des logiques traditionnelles de prévision.
La session a ensuite accueilli une intervention en ligne de Sanjay Bhana, vice-président et Chair of Strategy & Resilience à l’Institute of Risk Management South Africa. Il a insisté sur la nécessité, pour les conseils d’administration, de renforcer leurs capacités de sense-making dans un environnement où les modèles prédictifs montrent leurs limites face à la rapidité et à la complexité des changements. L’enjeu ne serait plus tant d’anticiper de manière linéaire que d’interpréter des signaux multiples et parfois contradictoires.
Un panel de dirigeants composé d’Eric Dorchies, CEO de CIEL Textile, Thierry Hebraud, Chief Executive Officer (CEO) de la Mauritius Commercial Bank, Jean-Pierre Lim Kong, CEO d’Innodis Group et Aisha Timol, Chairperson de Cim Finance, a permis d’approfondir ces réflexions à partir de retours d’expérience sectoriels.
Les discussions ont porté sur plusieurs défis, notamment l’adéquation des rythmes de décision, parfois en décalage avec la vitesse des perturbations, ainsi que la fluidité de la circulation de l’information entre les différents niveaux de gouvernance. Une décentralisation partielle de certaines décisions a été évoquée comme levier de réactivité, tout en maintenant une cohérence stratégique globale.
Dans la continuité, Guillaume Dalais, Group Chief Executive de CIEL Group, a estimé que la complexité actuelle pouvait également être abordée comme un levier de résilience et de performance. De son côté, Roshni Beeharry, partner chez EY Mauritius, a insisté sur la nécessité d’intégrer plus systématiquement l’analyse des risques géopolitiques dans les processus décisionnels, appuyée par des dispositifs renforcés de veille et de scénarisation.
Au terme des discussions, un consensus s’est dégagé autour de l’idée que la gouvernance des risques ne peut plus être traitée de manière cloisonnée ni ponctuelle. Elle doit désormais se déployer dans un dialogue continu entre conseils d’administration et directions exécutives, fondé sur une information régulièrement mise à jour et partagée.
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