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«United Nations Conference on Trade and Development»
Tensions au Moyen-Orient : Maurice parmi les pays les plus exposés au choc pétrolier
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«United Nations Conference on Trade and Development»
Tensions au Moyen-Orient : Maurice parmi les pays les plus exposés au choc pétrolier
Les perturbations des routes stratégiques du pétrole mondial, notamment dans le détroit d’Ormuz, ravivent les inquiétudes quant à la vulnérabilité des économies dépendantes des importations énergétiques. Dans un rapport publié en ce mois de juin, l’United Nations Conference on Trade and Development (UNCTAD) souligne que la hausse des prix des produits pétroliers frappe en priorité les économies les plus fragiles.
Selon l’organisation, les pays vulnérables se retrouvent en première ligne. Sur 75 économies classées parmi les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement, 65 dépendent des importations de produits pétroliers. Autrement dit, la quasi-totalité de ce groupe reste directement exposée aux fluctuations des marchés internationaux de l’énergie.
L’UNCTAD met en garde contre les effets économiques et sociaux de cette dépendance. La hausse des coûts énergétiques oblige ces États à faire des choix difficiles entre le financement des importations de produits pétroliers et celui des services publics essentiels. À l’échelle mondiale, ces tensions pourraient toucher près d’un milliard de personnes et, en l’absence de mesures d’atténuation, renforcer des fragilités structurelles déjà bien ancrées.
Maurice figure parmi les économies particulièrement exposées à ces chocs. D’après les données du rapport, une hausse de 50 % des prix des produits pétroliers se traduirait par une augmentation de la facture nette d’importation équivalente à 4,2% du produit intérieur brut, un niveau qui place le pays parmi les plus sensibles des petits États insulaires.
Cette exposition est d’autant plus marquée que la structure des approvisionnements reste concentrée. En 2024, 58,3% des importations de produits pétroliers du pays provenaient de la région du détroit d’Ormuz, zone clé du commerce mondial aujourd’hui sujette à des tensions géopolitiques.
Les effets de ces chocs se diffusent à plusieurs niveaux de l’économie, souligne l’UNCTAD dans son rapport. La hausse des prix des produits pétroliers renchérit les coûts du transport maritime et du fret, ce qui se répercute sur le prix des biens importés. Dans un second temps, cette dynamique alimente des pressions inflationnistes plus larges, en raison de la forte dépendance des économies importatrices à ces produits énergétiques.
La situation pèse également sur les finances publiques, qui doivent souvent arbitrer entre le soutien au pouvoir d’achat et le maintien des services essentiels ainsi que des investissements de long terme, notamment dans le développement durable. À cela s’ajoute un impact sur la croissance. La détérioration de la balance courante, la pression sur la monnaie et le durcissement des conditions de crédit contribuent à ralentir l’activité économique, en particulier dans les pays disposant d’une marge de manœuvre limitée.
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