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Salaires impayés

La colère des travailleurs devant le ministère du Travail

9 juin 2026, 13:30

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La colère des travailleurs devant le ministère du Travail

■ Les travailleurs de World Knits, Universal Fabrics et Evaco ont manifesté hier devant le ministère du Travail. © Vashish Kiranchand Sookrah

L’inquiétude et la colère étaient palpables devant le ministère du Travail, à Port-Louis, hier. À l’appel du syndicaliste Atma Shanto, des travailleurs des usines World Knits, Universal Fabrics et d’Evaco se sont rassemblés pour réclamer des réponses sur leur avenir professionnel et le paiement de leurs salaires.

Face à une situation qui s’éternise, le syndicaliste affirme avoir multiplié les démarches auprès du ministre du Travail, Reza Uteem, sans obtenir les résultats escomptés. «Nous lui avons expliqué que les travailleurs font face à énormément de difficultés, surtout lorsqu’ils ne touchent pas leur salaire. Certaines femmes, âgées ou divorcées, sont contraintes d’aller vivre chez des proches, faute de moyens», déplore-t-il.

Parmi les manifestants, Corine, employée d’Evaco et mère célibataire, nous a raconté son quotidien devenu extrêmement difficile : «Mon bébé est tombé malade. Je n’ai même pas pu payer mon loyer. Heureusement, des proches m’ont aidée.» Comme de nombreux collègues, elle dit attendre toujours une communication officielle de son employeur. «On nous a simplement demandé de rester à la maison. Nous voulons savoir ce qui va se passer et quel rôle le ministère du Travail compte jouer dans notre situation», conclut-elle.

Pour Atma Shanto, il est incompréhensible que les employeurs n’aient pas été contraints de respecter leurs obligations salariales. «Chaque fin de mois, les travailleurs doivent recevoir leur dû. Ils ont travaillé sans être payés», insiste-t-il. Même si le syndicaliste affirme garder espoir pour les employés des entreprises concernées, il estime que le gouvernement doit davantage agir. «Les travailleurs s’attendaient à une amélioration de leurs conditions de vie. Aujourd’hui, des usines ferment, des employés sont licenciés et la seule solution proposée semble être des job fairs. Maurice ne peut accepter une telle situation», lance-t-il.

Le syndicaliste n’a pas hésité à critiquer le Premier ministre et le ministre de la Sécurité sociale, Ashok Subron, qu’il accuse de ne pas suffisamment intervenir dans les dossiers touchant les travailleurs. Il a également réclamé une réforme de l’Insolvency Act afin que les salariés soient prioritaires pour le paiement des salaires, indemnités et temps de service lorsqu’une entreprise ferme ses portes. «La lutte continue», prévient-il, annonçant déjà une marche prévue à Rose-Hill ce samedi, sous réserve de l’autorisation policière.

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