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Journée mondiale
Les océans se meurent à petit feu : le baromètre Starfish tire la sonnette d'alarme
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Journée mondiale
Les océans se meurent à petit feu : le baromètre Starfish tire la sonnette d'alarme
Ce lundi 8 juin, Journée mondiale de l'océan, le bilan tombe comme une douche froide. Le deuxième baromètre international Starfish, fruit des travaux de 29 auteurs issus de 14 pays, dresse un constat contrasté où les signaux d'alerte dominent largement les motifs d'espoir.
Un thermomètre planétaire pour les mers
Lancé en 2025 à l'initiative de la France, le baromètre Starfish ambitionne de fournir un indicateur global permettant de suivre l'évolution des interactions entre l'océan et l'humanité, articulé autour de cinq dimensions : état de l'océan, pressions humaines, impacts sociétaux, efforts de protection et opportunités. «Le climat avait son repère symbolique avec l'objectif de 1,5 °C. Il nous manquait un indicateur universel sur la santé de l'océan», résume Olivier Poivre d'Arvor, ambassadeur français des pôles et de l'océan.
Un réchauffement qui s'emballe
Le tableau que dresse le rapport est sévère. Le rythme d'élévation du niveau de la mer entre 2012 et 2025 atteint désormais 4,2 millimètres par an, un taux presque deux fois supérieur à celui des décennies précédentes. L'année 2025 a par ailleurs été marquée par des records de chaleur océanique et des épisodes extrêmes de vagues de chaleur marines.
Le chiffre le plus glaçant concerne les récifs coralliens. Pas moins de 84,4 % des récifs mondiaux ont subi un stress thermique provoquant leur blanchissement, dépassant largement le précédent record de 68,2 % enregistré entre 2014 et 2017. Ces écosystèmes ne représentent pourtant que 0,2 % des fonds marins, mais abritent environ un quart des espèces marines connues.
Près de 25 % de la couche supérieure de l'océan sont désormais soumis simultanément au réchauffement, à l'acidification et à la désoxygénation. Le nombre d'espèces marines menacées continue lui aussi de grimper, atteignant aujourd'hui 1 685 espèces répertoriées.
Une addition économique qui explose
Les pertes économiques liées aux tempêtes tropicales et inondations ont atteint 212 milliards de dollars en 2024, soit presque le double de l'année précédente, avec seulement un tiers couvert par des assurances. Les émissions mondiales de CO₂ ont elles aussi atteint un niveau record de 38,1 milliards de tonnes en 2025, tandis que la production de déchets plastiques culminait à 130 millions de tonnes.
Des avancées réelles, mais bien trop lentes
L'édition 2026 n'est pas sans lueur d'espoir. Le Traité sur la haute mer est entré en vigueur en janvier 2026, établissant pour la première fois un cadre de gouvernance commun pour les 61 % de l'océan situés hors des juridictions nationales. Les aires marines protégées couvrent désormais 10 % de la surface océanique mondiale, contre 8,3 % un an plus tôt.
Mais l'écart reste béant : seuls 3,2 % bénéficient d'une protection réellement effective, et l'objectif de 30 % d'ici 2030 paraît hors de portée. 67 % des navires opérant dans des aires marines protégées côtières ne font toujours l'objet d'aucun suivi. Marina Lévy, coprésidente du comité scientifique, résume l'impasse en une formule : «Les réponses existent, mais elles tardent.»
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