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Journée mondiale de l’océan

«Faire de l’océan un nouveau moteur de croissance», affirme Arvin Boolell

8 juin 2026, 11:15

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«Faire de l’océan un nouveau moteur de croissance», affirme Arvin Boolell

À l’occasion de la Journée mondiale de l’océan, célébrée ce 8 juin, le ministre de l’Agro-industrie, de la sécurité alimentaire, de l’économie bleue et de la pêche, Arvin Boolell, détaille les ambitions de Maurice pour valoriser durablement son immense espace maritime. Gouvernance des océans, pêche, aquaculture, «blue carbon», technologies marines ou encore formation des jeunes : le ministre revient sur les principaux axes de développement de l’économie bleue.

Votre ministère a organisé une Ocean Week, marquée notamment par les Assises de l’Océan. Quelles en sont les principales retombées ?

Les Assises de l’Océan ont permis de définir une vision plus claire de l’avenir de notre économie bleue et de dégager plusieurs recommandations concrètes afin de mieux protéger nos ressources marines tout en créant de nouvelles opportunités économiques.

Parmi les principales retombées figure l’élaboration d’une feuille de route nationale axée sur la préservation de la biodiversité marine, la lutte contre les effets du changement climatique et la restauration des écosystèmes côtiers.

Les discussions ont également mis en avant la nécessité de renforcer la gouvernance des espaces marins, d’améliorer la coordination entre les différentes institutions et de mieux planifier l’utilisation des ressources océaniques.

Le développement du capital humain constitue un autre axe majeur. Nous voulons former davantage de jeunes aux métiers de la mer, créer de nouveaux emplois dans les secteurs maritimes et renforcer les compétences dans les domaines émergents de l’économie bleue. Les Assises ont aussi souligné l’importance de l’innovation, de la recherche scientifique et des nouvelles technologies pour soutenir une gestion moderne et durable des océans (...) Les discussions ont enfin porté sur le développement de nouvelles filières innovantes, notamment la culture des algues marines, dont les applications concernent les biocarburants, les énergies renouvelables, les fertilisants naturels, l’alimentation animale ou encore l’industrie pharmaceutique.

Maurice dispose d’un espace maritime de 2,3 millions de km². Comment valoriser durablement cette vaste zone économique exclusive ?

Grâce au concept de Big Ocean State, chaque citoyen mauricien dispose théoriquement d’environ 2 km² de zone économique exclusive, ce qui fait de Maurice le détenteur de l’une des plus vastes ZEE du continent africain.

Dans cette perspective, il est essentiel de renforcer la compétitivité de la flotte de pêche mauricienne opérant dans notre ZEE, notamment à travers une révision des frais de licences, une simplification des procédures administratives et l’attraction de nouveaux investissements directs étrangers.

Nous souhaitons également mettre en place une zone de transformation des produits de la mer à Coromandel afin de développer davantage de valeur ajoutée dans la chaîne mondiale des produits halieutiques.

Des subventions destinées à la formation maritime, en partenariat avec des centres internationaux reconnus, permettraient aussi de renforcer les compétences du secteur. Par ailleurs, la création d’un port de pêche moderne et d’un marché aux enchères doit être relancée. Une étude financée par le gouvernement grec avait déjà été réalisée à cet effet en 2007. Plus largement, notre ambition est de faire de Maurice un véritable État océanique, capable de concilier croissance économique et protection de l’environnement marin. Notre stratégie repose à la fois sur le renforcement des secteurs traditionnels comme la pêche, le transport maritime et le tourisme côtier, mais aussi sur le développement de nouvelles filières à fort potentiel. Nous voulons assurer une gestion durable de la pêche afin de préserver les ressources tout en améliorant les conditions de vie des pêcheurs. Nous travaillons également à renforcer le rôle du port de Port-Louis comme hub maritime régional, notamment à travers le développement de services plus respectueux de l’environnement et du «green bunkering»(...)

Malgré cette vaste zone économique exclusive, Maurice continue d’importer une quantité importante de poisson. Quelles mesures sont envisagées pour renforcer la production locale ?

Le renforcement de la production locale de poisson constitue une priorité stratégique, notamment dans un contexte où la sécurité alimentaire est devenue un enjeu majeur. Nous encourageons davantage la pêche hors lagon, notamment autour des bancs de pêche qui disposent encore d’un potentiel largement sous exploité. À travers le programme Canotte Scheme, des subventions sont accordées aux pêcheurs afin qu’ils puissent acquérir des embarcations plus grandes et mieux adaptées à la pêche en haute mer.

Nous soutenons également les coopératives de pêcheurs à travers des aides financières destinées à l’acquisition de navires semi-industriels capables de rester plusieurs semaines en mer et d’exploiter les bancs de pêche les plus productifs. Nous voulons encourager davantage de pêcheurs à évoluer vers la pêche semi-industrielle afin d’améliorer la productivité du secteur et de mieux exploiter les ressources disponibles dans notre vaste ZEE. Cela passera par des programmes de formation, un accompagnement technique et un accès facilité aux équipements adaptés.

Au fil des années, sous l’ancien régime, un nombre important de cartes de pêcheurs a été accordé, parfois à des personnes qui n’exercent pas réellement cette activité. Il est essentiel que les soutiens soient prioritairement orientés vers les véritables professionnels du secteur. Le ministère favorise également les partenariats avec des navires étrangers opérant sous pavillon mauricien afin de mieux valoriser les ressources halieutiques de notre ZEE, notamment le thon.

L’aquaculture représente un autre axe important de développement. Vingt-neuf sites ont déjà été identifiés pour cette activité. Nos équipes accompagnent les opérateurs intéressés à travers un soutien technique ainsi que la fourniture d’alevins et de juvéniles. Nous travaillons aussi à la révision du cadre réglementaire concernant les barachois et l’aquaculture afin de favoriser un développement durable du secteur. Enfin, un programme de ranching marin a été lancé afin de reconstituer les stocks de poissons et renforcer la productivité des lagons et des zones côtières.

D’aucuns estiment que l’économie bleue peine encore à décoller à Maurice. Partagezvous ce constat ?

Je pense que l’économie bleue se trouve aujourd’hui à un tournant important. Son potentiel est considérable et plusieurs actions concrètes ont déjà été engagées pour accélérer son développement. Une unité spécialement dédiée à l’économie bleue a été créée au sein du ministère afin de coordonner les projets et mettre en œuvre une stratégie nationale.

Des consultations approfondies ont également été menées avec les différents acteurs concernés afin de définir une feuille de route claire pour les années à venir.

Nous travaillons aussi à la modernisation du secteur de la pêche grâce à l’introduction de nouvelles technologies. Le projet SMART FADs, par exemple, vise à remplacer les dispositifs traditionnels de concentration de poissons par des équipements plus performants, plus résistants aux conditions climatiques et équipés de systèmes de localisation par satellite.

Par ailleurs, des systèmes modernes de suivi des navires et de déclaration des captures sont progressivement déployés afin d’améliorer la gestion, le contrôle et la surveillance de notre vaste zone économique exclusive.

La numérisation du Seafood Hub est également en cours afin d’améliorer l’efficacité et la compétitivité du secteur.


Maurice compte accélérer sa transition vers l’économie bleue

À l’occasion de la Journée mondiale de l’océan, célébrée sous le thème «Reimagine: Beyond the world we know, a new relationship with our ocean», Maurice multiplie les initiatives pour renforcer la protection des écosystèmes marins et accélérer le développement de l’économie bleue. Le ministre de l’Agro-Industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et de la Pêche, Arvin Boolell, a participé du 26 au 29 mai au Monaco Blue Initiative (MBI) et au Blue Economy & Finance Forum (BEFF), deux rencontres internationales consacrées à la gouvernance des océans et au financement des projets liés à l’économie bleue. Cette mission à Monaco a notamment été marquée par la signature du rapport final de l’expédition scientifique menée sur le plateau des Mascareignes, dans le cadre d’une collaboration entre Maurice, les Seychelles et Monaco. Le document formule 25 recommandations destinées à renforcer la coopération scientifique régionale, la gestion durable des ressources marines et la planification spatiale dans la zone de gestion conjointe Maurice-Seychelles. Dans ce contexte, le «Mauritius Oceanography Institute» (MOI) met en avant plusieurs projets scientifiques et environnementaux visant à renforcer la résilience des écosystèmes marins tout en soutenant une croissance durable. «Nous ne pouvons plus considérer l’océan comme une simple commodité. Renforcer la résilience climatique passe par une intensification de nos efforts de conservation marine», affirme le directeur du MOI, le Dr Daniel Marie. L’institut a par ailleurs développé des capacités autour du logiciel OILMAP, un outil de modélisation permettant de prévoir la trajectoire des hydrocarbures en cas de déversement en mer. Ce système permet notamment de simuler différents scénarios d’accidents et d’anticiper le déplacement d’une nappe de pétrole jusqu’à deux jours à l’avance afin de protéger les zones sensibles, notamment les mangroves, les récifs coralliens et les parcs marins.

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