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Prospective : Notre tourisme confronté à des facteurs... Naturels

5 juin 2026, 22:00

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Prospective : Notre tourisme confronté à des facteurs... Naturels

Le tourisme est un pilier majeur de notre économie, soit 14 % de notre produit intérieur brut. Il génère une forte entrée de devises étrangères, assure un emploi massif, stimule d’autres secteurs comme la construction ou la pêche. Le nombre de touristes a enregistré un record de 1 436 250 visiteurs en 2025. Une solide réputation du sea, sun and sand.

Un décor naturel, dit paradisiaque, un solide réseau hôtelier de grande classe, des services efficaces et une population multiculturelle hospitalière. Une vitrine menacée par des chocs mondiaux et des écueils locaux. Nos dirigeants ont pris conscience qu’il va falloir dès maintenant prendre des mesures concrètes dans le contexte actuel. La nature et la géopolitique n’attendent pas.

Les manèges de la mer

Un de nos principaux atouts repose sur nos lagons aux eaux turquoises. Le danger vient de la montée de l’océan qui va plus vite que prévu. Une montée inéluctable due au réchauffement climatique et visible avec l’érosion de nos zones côtières. Nos fonds marins souffrent du blanchissement des coraux ; les dauphins à force d’être pourchassés pourraient aller ailleurs pendant que des vagues de plus en plus fortes remuent le fond laissant la chaleur remonter à la surface.

L’érosion et le rétrécissement des plages étaient prévisibles. Voyez ce qui se passe à Tamarin. Trou-aux-Biches est devenu une simple frange de sable méconnaissable, mais Beachcomber a réagi. Des mesures draconiennes avec des travaux subventionnés par l’État et Beachcomber vont remodeler ce bijou qu’est ce lieu balnéaire pour retrouver une longue plage de sable pour les locaux et les touristes, quitte à dépenser des millions.

Ailleurs, des constats sonnent l’alarme comme à Flic-en-Flac. Des mesurettes ne suffisent pas. Cette dégradation générale requiert un plan d’action d’envergure. Une grande réunion internationale à Maurice a décidé d’instaurer un cadre légal pour protéger les Environmentally Sensitive Areas. Des mesures qui s’imposent pour les plages et dunes de sable, les grottes, les mangroves, les récifs, les îlots, les rivières, les réservoirs... Mais quelles sont ces mesures ? Est-ce que le soutien du Programme des Nations Unies pour le développement suffira ? Le concret, c’est pour quand ?

Hélas, on continue avec des projets de construction sur des Pas géométriques. À Balaclava, la plage publique serait amputée de 40 %. Des permis seraient tombés du ciel dans le passé, mais le gouvernement réagit en imposant une enquête sur les répercussions. Même refrain à Pomponette jusqu’à ce que les usagers de cette plage publique manifestent. La construction de luxueuses villas est, pour le moment, à l’arrêt.

Osons jeter un gros pavé dans la mare. Ce faisceau d’indices sur les plages va continuer avec cette fois le soleil. Ne seraitil pas temps de revoir notre politique de construction de nouveaux grands hôtels sur le littoral ? Ça va faire hurler économistes et promoteurs, mais il faut savoir raison garder. Cette stratégie demande peutêtre à être rectifiée pour des raisons évidentes. Saturation ?

Le soleil, ami ou ennemi ?

Toutes les mesures pour contrer le réchauffement sur le plan international sont loin d’avoir atteint leur objectif. En France actuellement, la canicule s’élève à 39 °C alors que c’est encore le printemps ; l’été n’arrive qu’en juillet. Un dôme de chaleur stagne sur le pays. Du jamais-vu en cette saison. En Inde, qui abrite les 45 villes les plus chaudes au monde, la température atteint 43 °C avec des pics de 47,5 °C.

Aux États-Unis, où Trump balaie d’un revers de main cette montée de la chaleur jamais vue durant la présente ère, les experts prédisent qu’à la fin du siècle, ce sera invivable ! Seule la Chine s’en sort en décarbonant Pékin et Shanghai et en installant d’immenses champs de panneaux solaires pour privilégier l’électrification.

La majorité des touristes d’Europe de l’Ouest viennent pour se faire bronzer. Mais ça va beaucoup chauffer, préviennent les experts. La planète va devoir affronter des niveaux de record de chaleur de 2026 à 2030. Ils viendront peut-être moins pour se faire... cuire style barbecue. Voyez ce qui s’est passé en Australie avec la propagation des cancers de la peau due à la surexposition au soleil. Morisien pe kasiet dan lonbraz filao!

Ajoutons à ces indices la pénurie d’eau causée par un fort ensoleillement, une pluviosité en baisse, et les 98 % de nos forêts endémiques disparues pour laisser la place au logement et à l’agriculture. Nous perdons toujours 60 % de l’eau dans des canalisations vétustes. Quelques hôtels dessalent déjà l’eau, mais il en faudrait pour toute l’île. Des usines de dessalement dans le Nord sont entrées en action, couplées à l’énergie solaire pour réduire le coût. Comment poursuivre avec nos industries textiles et le réseau de grands hôtels très gourmands en eau, sans oublier la population, dont une partie est toujours privée d’eau régulièrement ? Un éternel problème qui ne date pas d’aujourd’hui.

Facteurs locaux

Maurice veut attirer même des milliardaires avec une fiscalité avantageuse, un cadre de vie et une... certaine sécurité. Un bon nombre d’étrangers décident de venir vivre chez nous. Mais il faudrait qu’ils fassent la distinction entre les expatriés qui veulent recréer sur place leur pays d’origine et les autres. Ils font fausse route. Les locaux se plaignent de ces ghettos. Ils préfèrent de loin les étrangers qui se comportent en immigrés prêts à partiellement s’assimiler à la population locale, à son mode de vie et à sa diversité. En respectant, par exemple, les lieux ou cérémonies sacrés de toutes les religions. Ceci afin d’éviter certains incidents, comme tout récemment. Quelques touristes n’avaient pas respecté certains interdits. Faudra-t-il aller jusqu’à installer des pancartes ou les stipuler dans les prospectus ?

Quant à la sécurité, elle emprunte une pente dangereuse avec les vols à l’arraché et les vols commis près des guichets automatiques. La propagation des drogues salit notre réputation. Tout récemment, on a saisi, sur une embarcation dans notre zone maritime, 850 kg de drogues. Mais cela demeure un sérieux problème. Si la guerre au Moyen-Orient se poursuit, Maurice risque de manquer de kérosène, indispensable aux avions. Comment alors penser à suppléer la diminution des touristes de très loin. L’Europe est en très mauvais état sur le plan économique. Voilà qui nuirait aux vols directs long-courriers que le pays a prônés.

Ne soyons pas alarmistes, mais un nouvel éclairage actualisé est nécessaire sur notre industrie touristique. Est-il trop tard pour corriger certaines trajectoires ?

Tou lamonte ena so ladesant!

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