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Drogues synthétiques : 1 650 arrestations, Rs 957 M de saisies et six morts depuis 2025

3 juin 2026, 08:00

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Drogues synthétiques : 1 650 arrestations, Rs 957 M de saisies et six morts depuis 2025

La lutte contre la prolifération des drogues synthétiques était au centre de la Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition, Joe Lesjongard, adressée au Premier ministre, Navin Ramgoolam, hier à l’Assemblée nationale. D’entrée de jeu, Navin Ramgoolam a réaffirmé que la lutte contre le trafic et la consommation de drogue demeure «l’une des principales priorités» de son gouvernement. Selon lui, les drogues synthétiques représentent aujourd’hui un défi majeur en raison de leur évolution rapide et de la capacité des fabricants à modifier leur composition chimique afin de contourner les contrôles existants.

Répondant aux questions du leader de l’opposition, Navin Ramgoolam a indiqué que 1 594 cas liés aux drogues synthétiques ont été enregistrés entre janvier 2025 et le 1ᵉʳ juin 2026. Ces opérations ont mené à l’arrestation de 1 650 personnes. Durant cette même période, 44 accidents de la route ont impliqué des conducteurs testés positifs aux drogues dangereuses. Six personnes ont perdu la vie et six autres ont été blessées.

Dans le cadre des contrôles routiers renforcés, 1 837 461 véhicules ont été arrêtés et vérifiés depuis janvier 2025. Ces opérations ont permis d’identifier 1 068 personnes conduisant sous l’influence de drogues synthétiques. Le Premier ministre a également indiqué que 361 crackdown operations ont été menées par la police durant cette période. Elles ont permis la saisie de drogues synthétiques estimées à Rs 957,2 millions.

Opérations ciblées contre les trafiquants

Concernant les actions entreprises par les autorités, Navin Ramgoolam a expliqué que la police mise sur plusieurs stratégies pour arrêter la propagation des drogues synthétiques. Parmi cellesci figurent la collecte de renseignements pour identifier les trafiquants, la cartographie des zones sensibles, la surveillance des personnes d’intérêt et des opérations plus agressives dans les régions considérées comme des foyers de trafic.

Des unités spécialisées de la police sont également mobilisées dans les zones à risque. Le Premier ministre a précisé que des drones sont utilisés pour des missions de surveillance et de reconnaissance. L’Anti-Drug and Smuggling Unit bénéficie aussi de ressources additionnelles en termes d’équipements, de véhicules et de personnel. Des patrouilles quotidiennes sont aussi menées avec le soutien de la Special Supporting Unit, la Special Mobile Force et d’autres unités policières.

Abordant le rôle de la National Agency for Drug Control (NADC), Navin Ramgoolam a rappelé que cette agence, opérationnelle depuis le 15 mai 2025, a pour mission de coordonner les efforts liés à la prévention, la réhabilitation, le traitement et la réduction des risques. Il a indiqué que la NADC lancera une étude sur la prévalence et les facteurs liés à la consommation de drogues synthétiques parmi les élèves du secondaire à Maurice. L’objectif est d’obtenir des données actualisées pour mieux comprendre les raisons poussant certains jeunes vers ces substances.

Une mise à jour de l’étude de 2021 sur les consommateurs de drogues sera également réalisée afin d’analyser les tendances et d’adapter les politiques publiques. Le Premier ministre a aussi évoqué la mise en place d’un Early Warning System, en collaboration avec des institutions de santé et des laboratoires, afin de détecter rapidement l’apparition de nouvelles substances psychoactives.

60 substances sous surveillance

Concernant les analyses du Forensic Science Laboratory (FSL), Navin Ramgoolam a indiqué que plusieurs types de drogues synthétiques ont été détectés, notamment des cannabinoïdes synthétiques, des cathinones synthétiques et des opioïdes synthétiques. Selon les données communiquées, les cannabinoïdes synthétiques demeurent la catégorie la plus présente. En 2025, le FSL a recensé 1 110 cas liés à ces substances. Par ailleurs, 252 autres cas concernaient différentes drogues dangereuses, notamment des opioïdes synthétiques, des cathinones synthétiques, des benzodiazépines, de la cocaïne et de la méthamphétamine.

Depuis le premier cas détecté en 2013, environ 60 nouvelles substances psychoactives ont été identifiées à Maurice. Certaines peuvent être dissimulées sous différentes formes, notamment dans des feuilles, du papier, de la poudre ou des liquides. Navin Ramgoolam a annoncé que le FSL est actuellement en restructuration avec la nomination d’un nouveau directeur, le Dr Nitin Seetohul. Il a précisé que le laboratoire fait face à un retard d’environ 7 400 dossiers.

Répondant à une question supplémentaire de Joe Lesjongard sur les capacités du FSL, le Premier ministre a affirmé que le laboratoire dispose d’équipements modernes, mais qu’un manque de personnel reste un problème. Il a expliqué qu’une partie des ressources humaines est mobilisée par les procédures judiciaires, certains officiers devant régulièrement se présenter devant les tribunaux au lieu de se consacrer aux analyses.

Interrogé également sur certaines substances comme le fentanyl et la kétamine, Navin Ramgoolam a expliqué que les nouvelles molécules évoluent rapidement et nécessitent un travail constant d’identification. Concernant la kétamine, il a confirmé que sa vente est restreinte et qu’elle est interdite dans les pharmacies.

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