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Kronik KC Ranze
Warning !
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Kronik KC Ranze
Warning !
La corruption !
C’est un phénomène mondial et il existe depuis la nuit des temps. Certains humains sont ainsi faits qu’ils sont tentés par l’argent facile et Anatole France a depuis longtemps déjà souligné le fait qu’en république, la corruption paraît plus grande que dans les monarchies, car cela «tient au nombre et à la diversité des gens qui sont portés au pouvoir».
Si la corruption est partout et semble se propager selon Transparency International(*), aux États-Unis (29ᵉ mondial), en Chine (76ᵉ), en Inde (91ᵉ), en Russie (157ᵉ) c’est aussi peut-être parce que l’on dénonce de plus en plus ce qui demeurait caché précédemment! Autrement dit, les contre-pouvoirs sont à l’œuvre. Et s’ils ont une audience c’est que, presque toujours, c’est cette même audience qui est lésée, flouée, volée. Car là où il y a corruption, favorisant des intérêts personnels, c’est évidemment le bien commun qui paie…
L’argent public appartient aux citoyens, bien sûr ; pas pour la forme, mais réellement, car il s’agit de l’argent récolté du grand public, mis en commun dans une trésorerie qui devrait servir les intérêts communs de ce même public. Quand des tordus, agents publics, attirés par l’odeur du fromage, se laissent aller et détournent cet argent public illicitement, sous quelque forme que ce soit, c’est de la corruption. Elle peut prendre la forme de commissions, de contrats arrangés pour des ‘mignons’ qui ristournent en retour, de préférences diverses, de faveurs, de nominations non méritées, de dons factices, d’abus de pouvoir monnayés par des fonctionnaires, de détournements (ex.Reward money), etc.
Le sujet est bien trop vaste pour une Kronik du dimanche, mais je voudrais en souligner deux aspects qui sont plutôt d’actualité.
D’abord, il faut parler de Dubaï. Anecdotiquement, Dubaï a longtemps été perçu comme le repaire privilégié de l’argent sale ou mal à l’aise ailleurs. Y compris par de nombreuses personnes ici-même, à Maurice. Le développement immobilier était considéré comme la machine à blanchir de l’argent pourri, par excellence. Par exemple le rapport de l’OCCRP, intitulé Dubaï Unlocked (mai 2024**), raconte comment, en 40 ans, des lois facilitant l’achat immobilier et des registres fonciers très discrets ont permis à de nombreux criminels, de politiciens corrompus et des individus sanctionnés ailleurs, de s’installer et de prospérer à Dubaï, un des sept émirats réunis. La fumée n’existe jamais sans feu, dit-on. Mais comment alors réconcilier cette image avec leur classement chez Transparency International (ils sont 21ᵉ au classement mondial). Or, il est difficile d’imaginer que l’accueil des frères Gupta – les protégés de Jacob Zuma –, par exemple, puisse se faire sans une forme de corruption quelconque. Pensez à Sobrinho ! ou à la FATF qui l’enlevait de sa liste de juridictions requérant plus amples contrôles (liste grise) depuis février 2024. Il est vrai aussi qu’une mise en contexte est nécessaire. Les émirats, et Dubaï en particulier, sont des centres financiers d’importance et les volumes qui tournent sont tels qu’au mieux, un certain nombre de dossiers douteux vont s’y infiltrer… Mais malgré les sources de renseignements modernes extrêmement fiables ?
Le dernier défi de Dubaï, c’est la guerre d’Iran, bien sûr. Le triptyque-clé qui a favorisé le développement spectaculaire de Dubaï comprenait (1) sa fiscalité attirante (pas d’income tax, pas de capital gains tax, pas de taxe sur dividendes – seul Monaco s’approchant de cette offre parmi les juridictions directement concurrentes, comme Londres, Genève, Paris, Zurich, Singapour), (2) Une stabilité garantie politiquement, socialement, régulatoirement, autrement dit un environnement stable et prévisible et (3) la simplicité des procédures de visa, de résidence et généralement de l’accueil. Ajoutez à cela un marché immobilier très dynamique et liquide.
Cependant, l’image de la stabilité de Dubaï a été sérieusement ébranlée par la guerre et certaines grosses fortunes ont déjà les yeux tournés ailleurs… Nous avons peut-être des cartes à jouer ? Encore que l’immobilier ne peut continuer à être la réponse à tous nos problèmes… Et qu’il faut faire attention à qui nous réceptionnons…
Mais je voulais aussi rappeler que la corruption va souvent de pair avec l’opacité, les cachotteries, les sociétés écrans. Il faut rappeler à cet effet que ceux qui trichent à travers des sociétés enregistrées au nom de tiers, se font suffisamment souvent doubler, qu’ils ont intérêt à avoir peur ! Qui ne se souvient de ce chauffeur - planton au nom duquel les autorités de l’époque avaient transféré un bail hôtelier, à la demande d’un politicien et qui, réalisant le pactole dont il avait hérité, émigrait et vendait ce bail, empochant lui-même l’argent! J’ai connu en mon temps, un expert-comptable réputé, LG, qui, ayant enregistré une compagnie de zone franche, au nom d’un étranger, attendant que ce dernier soit autorisé à investir sous la Non Citizen Property Restriction Act, mettait le couteau sous la gorge du vrai propriétaire et monnayait cyniquement sa sortie. Plus près de nous, Dawood Rawat en sait quelque chose au moins sur Radio One ?
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Parmi les mesures à considerer dans le prochain Budget : la fermeture des corps paraétatiques relativement inutiles, une exemplarité suffisante de nos dirigeants politiques et bureaucratiques, la simplification des procédures et des règlements contraignants pour l’investissement, des lois du travail plus souples qui favorisent la création d’emploi, la fin des subventions universelles et l’avènement de Food Stamps ciblés, un port qui marche bien mieux, des écoles de formation de qualité supérieure fortement subventionnées, pour permettre aux classes moyennes et autres de transitionner vers des métiers plus productifs, une équation énergétique plus solide et moins dépendante des humeurs des marchés mondiaux, une alimentation en eau fiable et moins honteuse qu’actuellement (62 % de pertes de réseau…).
En passant, il n’y a pas eu de création monétaire de Rs 83 milliards en 2025. Comme il n’y a pas eu de création monétaire de Rs 110 milliards en 2024, dernière année calendaire où… Padayachy était lui-même en charge !
Ce Budget sera vraiment difficile, car l’on ne pourra récidiver l’effort fiscal de l’an dernier (un effort décrit comme temporaire sur trois ans) sans risquer d’étouffer l’économie, de refroidir les intentions d’investissement et d’orienter le capital vers d’autres juridictions plus favorables globalement, notamment en Afrique.
Le constat fondamental est que nous vivons largement au-dessus de nos moyens: sur Rs 235 milliards de dépenses au budget courant, un tiers, soit Rs 81,5 milliards était destiné aux «bénéfices sociaux» purs, auxquels il faut rajouter Rs 36,7 milliards de transferts aux corps paraétatiques et aux autorités locales, Rs 3,6 milliards de subsides divers, ainsi que la gratuité des services de santé et d’enseignement. C’est énorme et extrêmement généreux pour un pays qui a un PIB/ tête qui est plus de sept fois moins élevé que celui de Singapour, par exemple ! Et si encore ces dépenses généraient un retour sur investissement plus concret et plus visible !
Le soutien social n’est-ce pas, après tout, pour que les citoyens qui peuvent, s’en sortent, plutôt que de favoriser la dépendance permanente ?
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On commence seulement maintenant à s’émouvoir sur la question des rats ! Il aura fallu pour cela quelques morts de leptospirose et le brouhaha des médias sur le hantavirus qui aura tué jusqu’à… trois individus sur le MV Hondius !
Les réseaux sociaux ont été, comme lors de la pandémie de Covid, des terrains fertiles pour toutes sortes de théories conspirationelles, les unes plus farfelues que les autres et cette effervescence malsaine a sans doute excité les médias mondiaux. On a, depuis, pris conscience des risques encourus avec les rats! Cependant, selon ABC News, relayant un expert de l’OMS, le hantavirus (100 cas répertoriés et 30 mortalités cette année en Argentine) ne devrait pas nous inquiéter, étant apparemment porté par un rat particulier, le «long tailed rice rat», surtout commun dans la Cordillère des Andes. On soupçonne, à ce stade, mais sans être définitif, que les passagers infectés, l’ont été en Patagonie.
La leptospirose est beaucoup plus menaçante pour Maurice. Surtout que le ministre Bachoo déclare que nous avons une des plus mauvaises souches de cette maladie. Mais aussi parce que la dératisation à Maurice ne se fait plus efficacement depuis que cette responsabilité a été transférée du ministère de la Santé qui avait pourtant «skin in the game», aux collectivités locales, qui n’en ont pas! On en parlait déjà en octobre 2023(***), récidivant en mai 2024(****).
Quelque chose a-t-il changé depuis, ou sommes nous toujours dans notre torpeur tropicale et notre je-m’en-foutisme bureaucratique face aux rats ? Les inspections de bâtiments, c’est bien, mais ça débouche sur quoi ? Les fumigations et les larvicides c’est pour d’autres menaces… En attendant, les rats prospèrent ! Essayons japonais(*****)
(*) https://www.transparency.org/en/cpi/2025 : Maurice se classe 61e mondialement et il est clair que les meilleurs classements coïncident avec des pays généralement plus riches, plus démocratiques, mieux dirigés et apaisés…
(**) Dubai Unlocked
(***) Cependant que, sur nos doux rivages…
(****) Tombé dans l’oreille d’un sourd…
(*****) The Japanese Secret That Kill Rats Instantly Without Poison or Spending Anything
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