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Interview
Christina Chan-Meetoo : «Ces séjours m’ont permis de voir une autre facette de l’Europe»
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Interview
Christina Chan-Meetoo : «Ces séjours m’ont permis de voir une autre facette de l’Europe»
Christina Chan-Meetoo, Senior Lecturer en Communication et média à l’université de Maurice, qui a participé à deux projets de mobilité en Grèce en 2018 et en Slovénie plus récemment.
Depuis plus de 30 ans, le programme «Erasmus+» de l’UE finance des mobilités étudiantes, des échanges académiques et des partenariats entre institutions d’enseignement à travers le monde. Maurice y participe activement : universités, centres de formation professionnelle et organisations de jeunesse bénéficient de financements.
? Parlez-nous un peu de vous et de votre expérience d’«Erasmus+» en Grèce et plus récemment en Slovénie (2025).
Je suis Senior Lecturer en Communication et média à l’université de Maurice. J’ai écrit plusieurs articles et rapports sur la liberté d’information, la régulation des médias, les médias et le genre et la politique linguistique dans la formation au journalisme. Je travaille également sur des projets de recherche sur le Kreol Morisien et le Kreol Rodrige. Ma première expérience du programme Erasmus+ a été lors d’un séjour en Grèce en 2018 à l’université Panteion de Sciences politiques et sociales à Athènes. C’est une collègue du département de Sciences sociales de l’université de Maurice, qui avait déjà collaboré avec l’université Panteion, qui m’a contactée pour y animer une conférence sur les enjeux de liberté de la presse à Maurice. J’ai donc fait le voyage en Grèce où j’ai fait cette présentation aux étudiants qui ne connaissaient pas forcément Maurice. J’ai constaté sur place une situation économique très difficile ; c’était surprenant pour une université européenne. Malgré cela, les étudiants étaient très dynamiques et organisaient beaucoup d’événements.
J’ai également fait un séjour en Slovénie en 2025 à l’invitation d’une collègue du département de français pendant lequel j’ai animé deux présentations pour les étudiants de l’université de Ljubljana. La première présentation portait sur l’histoire de la radio dans des pays tels que Maurice, en particulier sur l’utilisation de la langue locale à la radio. La seconde portait sur le genre et les médias, et plus particulièrement sur la manière dont la non-binarité est représentée dans la presse à Maurice. J’ai également eu l’occasion de faire une présentation sur la langue kreol et sa place dans l’espace médiatique mauricien lors d’un colloque sur les langues (Language Dynamics in the 21st Century).
? Qu’est-ce que cela vous a apporté tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel ?
Ces deux séjours ont été très enrichissants sur le plan professionnel. Ils m’ont permis d’échanger avec des confrères et d’assister, lors du colloque sur les langues en Slovénie, à des présentations, y compris sur des sujets d’intérêt communs tels que l’adaptation de nos méthodes pédagogiques face à l’intelligence artificielle. Cela m’a également permis d’en apprendre un peu plus sur les stratégies linguistiques de la Slovénie, qui a une diversité de langues.
Sur le plan personnel, ce fut l’occasion de découvrir des pays que je n’aurais jamais visités autrement. Deux pays d’ailleurs complètement différents : la Grèce, au Sud, avec un climat plus chaud, la richesse de son histoire, ses monuments, ses îles et sa gastronomie. La Slovénie, un pays plus froid, la beauté de la nature, la chaleur et la courtoisie des habitants. C’est l’un des plus beaux pays que j’ai eu l’occasion de visiter.
? Qu’est-ce qui vous a encouragée à participer au programme «Erasmus+» ?
Ce sont mes collègues. Ces deux expériences ont été très intéressantes ; j’ai été bien accueillie et encadrée lors de mes séjours. Je suis prête à renouveler l’expérience dans un État membre de l’UE ou en Norvège (pays non membre de l’UE mais associé au programme Erasmus+) qui propose une démarche intéressante à travers un projet de collaboration avec les chercheurs africains.
? Vous recommanderiez aux maîtres de conférences mauriciens de faire la même démarche ?
Oui, bien sûr. Mon conseil serait de bien cadrer les thématiques qui seront abordées avec les étudiants pour qu’elles soient adaptées à leurs besoins. Il est important pour cela de contacter les maîtres de conférences des universités à visiter à l’avance afin d’échanger avec eux.
? Qu’est-ce qui vous a le plus marquée lors de ces deux séjours ?
En fait, j’ai toujours eu l’image de l’Europe à travers les médias français et anglais. Ces séjours m’ont permis de voir une autre facette de l’Europe. De ces deux pays, ce que j’ai gardé, c’est l’accueil des habitants et les couleurs magnifiques des paysages au printemps.
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