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Bilan du Budget 2025-26
Entre soutien au pouvoir d’achat et hausse des prix
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Bilan du Budget 2025-26
Entre soutien au pouvoir d’achat et hausse des prix
Parmi les mesures pour protéger le pouvoir d’achat, un «Price Stabilisation Fund» de Rs 10 milliards avait été annoncé dans le Budget 2025-26.
À l’approche de la présentation du Budget 2026-27, prévue début juin, retour sur les principales mesures annoncées dans le Budget 2025-26 pour la protection du pouvoir d’achat. Plusieurs dispositifs avaient été prévus pour stabiliser les prix, renforcer la concurrence et encadrer certaines pratiques commerciales sur le marché des produits essentiels.
Parmi les mesures pour atténuer les fluctuations des prix des biens essentiels, un Price Stabilisation Fund de Rs 10 milliards avait été préconisé, avec un premier déboursement de Rs 2 milliards. La State Trading Corporation devait également investir environ Rs 1,5 milliard dans une plateforme de stockage centralisée moderne visant à renforcer la concurrence au bénéfice des consommateurs. Sur le plan fiscal, certaines catégories de produits, dont les aliments pour bébés ainsi que certains légumes en conserve et surgelés, avaient été exemptées de TVA afin d’alléger la charge sur les ménages. Par ailleurs, à partir du 1ᵉʳ octobre 2025, le droit d’accise avait été étendu aux produits sucrés, chocolats et glaces.
Un système intégré de surveillance des prix, Price Monitoring Information System, devait aussi être mis en place afin de mieux suivre l’évolution des prix et lutter contre les ententes. De plus, un comité de haut niveau avait été annoncé pour accélérer la mise en œuvre du cadre des importations parallèles afin de réduire le coût des médicaments tout en garantissant leur qualité et leur efficacité. En parallèle, des mesures réglementaires avaient été introduites pour lutter contre les pratiques commerciales jugées abusives, notamment la réduction des quantités sans baisse de prix ou encore la rétention de produits essentiels en période de crise.
La Competition Commission (CC) avait également été mandatée pour renforcer ses contrôles sur les prix et les marges dans les secteurs sensibles, afin de limiter les surtarifications. Dans la foulée de ces annonces budgétaires, plusieurs dispositifs ont été progressivement mis en œuvre. Les premiers ajustements ont porté sur cinq produits de consommation courante, à savoir le lait en poudre, l’huile de soja, le lait infantile, les couches et le fro- mage de différentes marques. Depuis le 26 août 2025, ces produits affichent des réductions de prix, avec une baisse de Rs 50 par kilo pour le lait en poudre, Rs 15 par litre pour l’huile de soja et Rs 55 par boîte pour le lait pour bébé. Les couches ont, pour leur part, vu leur prix diminuer de 50 sous l’unité, tandis que le fromage a fait l’objet d’une subvention de Rs 10 par portion.
Lors d’une seconde phase, la liste a été étendue à d’autres produits essentiels – poisson en conserve, notamment les maquereaux et pilchards, les couches pour adultes et certains médicaments utilisés dans le traitement du diabète, de l’hypertension et des maladies cardiovasculaires. Dans ce cadre, les aides s’élèvent à Rs 10 par boîte de poisson en conserve et à Rs 50 pour un paquet de dix couches. Les médicaments ciblés vendus à partir de Rs 100, bénéficient d’une subvention fixée à Rs 50 par boîte. Du côté des associations de consommateurs, Jayen Chellum, secrétaire général de l’ACIM, estime que «ces mesures ont eu un effet de stabilisation, empêchant des hausses excessives sur certains produits essentiels» tandis que «la taxe sur les produits sucrés a eu un impact fort sur les prix».
Toutefois, Jayen Chellum s’interroge sur la mise en œuvre du Price Monitoring Information System, qui aurait permis, selon lui, aux consommateurs de mieux comparer les prix et d’optimiser leurs achats, surtout en cette période où les prix ne cessent d’augmenter. Le comité sur les importations parallèles de médicaments a bien été mis en place. Néanmoins, des précautions sont estimées nécessaires, les médicaments étant des produits sensibles.
Deux règlements adoptés en novembre 2025 ont renforcé la protection des consommateurs, notamment en période de crise, en interdisant le stockage abusif, les refus de vente et les hausses injustifiées. Ils modernisent aussi l’affichage des prix afin d’en améliorer la lisibilité et la comparaison. La Competition Act 2007 a été amendée avec l’ajout de l’article 51B sur les enquêtes de marché, permettant désormais à la CC de mener des enquêtes de marché.
Effets du conflit au Moyen-Orient
Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, Jayen Chellum rappelle que «les prix ont fortement augmenté en raison de la hausse des coûts des importations et du carburant, ce qui a perturbé le marché et provoqué un effet domino sur plusieurs produits de consommation. La hausse du prix de l’électricité depuis le 1er mai aura également un impact sur les prix».
Par ailleurs, le secrétaire général de l’ACIM estime qu’il faut davantage de mesures pour encadrer les pratiques de prix abusifs, notamment sur les pro- duits non soumis au maximum mark-up, ainsi que sur certains produits finis très consommés comme le roti ou le dholl puri, entre autres. Il souligne qu’un certain laxisme s’est installé sur le marché depuis plusieurs années, permettant des hausses jugées excessives. La hausse des prix ne concerne pas uniquement les produits, dit-il, mais aussi les services, tels que les assurances. Face à la situation, les associations de consommateurs ont soumis leurs propositions en vue du prochain Budget 2026-27, en espérant que cellesci seront prises en considération.
La hausse des prix
Au-delà des mesures annoncées dans le Budget 2025-26, l’évolution du contexte des prix constitue un élément important pour évaluer le pouvoir d’achat. L’indice des prix à la consommation (CPI), qui mesure l’évolution du niveau général des prix des biens et services consommés par les ménages, permet notamment de suivre les tendances de l’inflation. Entre décembre 2025 et mars 2026, le CPI est passé de 108,2 à 109,6, soit une hausse de 1,3 %. Cette progression reflète notamment l’augmentation des prix des légumes et de certains produits alimentaires, ainsi que la hausse de coûts liés aux services, aux assurances et à l’éducation privée, partiellement compensée par une baisse des prix des véhicules à moteur. Sur un an, l’inflation s’est établie à 4,2 % en mars 2026, contre 2,5 % un an plus tôt, tandis que l’inflation hors alcool et tabac a également progressé.
Au-delà des mesures budgétaires
Plusieurs mesures ont été mises en place en dehors du dernier Budget, soit avant et après afin de soutenir le pouvoir d’achat et protéger les consommateurs. Parmi ces dispositifs, depuis mars 2025, un mécanisme de marge maximale a été appliqué à certains produits, avec 25 % sur les légumes en conserve et 34 % sur les légumes surgelés, avant d’être étendu à d’autres denrées comme les saucisses, la volaille en conserve, le thon, les crevettes, ainsi que le beurre et la margarine. Le prix du sel iodé a également été plafonné à Rs 3 pour 125 g.
De plus, une révision de la législation sur l’étiquetage a été annoncée en avril afin de mieux informer sur les subventions et les prix plafonnés, avec le report au 1er juillet de l’obligation d’affichage du prix unitaire. Pour plus de transparence, les étiquettes de prix devront désormais indiquer «SP» pour les produits subventionnés et «MRP» pour ceux soumis à un prix maximum.
Les impôts
Dans le budget 2025-26, le barème de l’impôt sur le revenu des individus a été simplifié, passant de 11 à trois tranches. Ainsi, les premiers Rs 500 000 de revenu imposable annuel sont exonérés d’impôt. La tranche suivante, allant jusqu’à Rs 500 000 supplémentaires, est taxée à 10 %, tandis que le reste du revenu imposable est soumis à un taux de 20 %. Les différentes déductions et allégements fiscaux ont aussi été rationalisés.
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