Publicité
Pétrole et gaz
Pourquoi les pays du Golfe ne peuvent pas se passer du détroit d’Ormuz
Par
Partager cet article
Pétrole et gaz
Pourquoi les pays du Golfe ne peuvent pas se passer du détroit d’Ormuz
AFP.
Malgré la paralysie persistante du détroit d’Ormuz, les pétromonarchies du Golfe se retrouvent face à une réalité technique implacable : contourner ce point de passage stratégique est aujourd'hui quasi impossible. Si l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis tentent de rediriger leurs flux, plusieurs obstacles majeurs bloquent une solution de secours à grande échelle.
Des infrastructures terrestres saturées
Les oléoducs existants, qui relient les gisements aux côtes de la mer Rouge ou du golfe d'Oman, n'ont pas la capacité nécessaire pour absorber les 20 millions de barils quotidiens qui passaient par le détroit. Selon les experts, ces pipelines ne peuvent traiter qu'un quart du volume habituel. Pour le gaz naturel liquéfié (GNL), la situation est encore plus critique : les installations de liquéfaction et les gazoducs régionaux fonctionnent déjà à leur capacité maximale, ne laissant aucune marge de manœuvre au Qatar ou à Oman.
Le défi logistique et le coût du transport
Le report vers les voies ferroviaires ou routières se heurte à une équation économique impossible. Le transport par camion coûte infiniment plus cher que le transport maritime : il faudrait mobiliser environ 10 000 camions pour remplacer la cargaison d'un seul navire pétrolier standard. De plus, les grands projets de réseaux ferrés régionaux accusent des retards importants et ne seront pas opérationnels avant plusieurs années.
Un climat d'insécurité et de rivalités
L'utilisation des routes alternatives est également freinée par la menace des drones et des sabotages qui visent les infrastructures de stockage. Par ailleurs, la crise actuelle exacerbe les tensions entre les pays voisins. Le retrait récent des Émirats arabes unis de l'OPEP illustre une volonté de privilégier les intérêts nationaux plutôt qu'une coopération régionale, rendant encore plus complexe la mise en place d'une stratégie de transport commune pour sécuriser les exportations d'hydrocarbures.
Publicité
Publicité
Les plus récents