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Margot Haddad de LCI : «La journaliste qui murmure à l’oreille de Trump»
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Margot Haddad de LCI : «La journaliste qui murmure à l’oreille de Trump»
■ Margot Haddad s’impose comme une référence montante du journalisme international.
En moins d’une semaine, Margot Haddad, de Paris, a pu avoir le président des États-Unis sur son portable personnel à la Maison-Blanche. Il lui a fait deux déclarations. Un gros coup journalistique qui a contribué à consolider sa réputation et de devenir une référence. Son parcours pour devenir la présentatrice d’«Un œil sur le Monde» est surtout jalonné d’inlassables efforts, qui lui permettent d’entretenir aussi d’autres ambitions: celle d’animer une émission internationale sur le terrain.
Elle n’était pas plus haute que trois pommes quand, dans la voiture de ses parents, elle passait sur les quais et, en contemplant la Grande Tour de 14 étages de TF1, elle se disait «un jour je travaillerais là-bas». Tout son parcours par la suite, a été consacré à la réalisation de ce rêve de gamine. Aujourd’hui, en fin de semaine, du jeudi à dimanche, elle anime l’émission Un œil sur le Monde, un titre qui fait la part belle aux nombreux événements qui secouent la planète avec des spécialistes en la matière et aussi un invité-vedette en la personne du philosopheécrivain Luc Ferry, avec lequel elle croise le fer dans un exercice intellectuel de haut vol tous les dimanches soirs.
Un parfum de jasmin
Margot Haddad est née à Paris le 4 décembre 1991 d’une mère d’origine syriotunisienne. De son enfance, elle se souvient encore du parfum de jasmin dans les cheveux de sa mère. Ce parfum lui rappelle en permanence ses origines orientales, qui lui donnent une sensibilité particulière pour appréhender et comprendre les turbulences du Moyen-Orient. Il faut dire que, comme sa mère est interprète, Margot maîtrise plusieurs langues, dont l’anglais, le français et l’arabe. Ce qui lui a permis, très jeune, de s’adapter aux États-Unis et d’y faire des études (un Master de journalisme à Columbia University, à New York), après des études d’histoire à la Sorbonne. Elle galère un max quand même pour obtenir une bourse internationale de CNN, au sein duquel elle va travailler pendant plus de six ans. Elle travaille aussi avec Laurence Haim, alors correspondante à Washington.

■ La journaliste devant la Maison-Blanche.
Comme journaliste, elle apprend d’abord le terrain. «Je suis envoyée sur le terrain avec CNN International quand j’obtiens ma bourse en 2013. Je couvre tremblements de terre, attentats et zones à risque comme l’Est de l’Ukraine, la frontière turco-syrienne ou tuniso-libyenne et Jérusalem et les territoires palestiniens.» Il y a aussi des souvenirs douloureux : «Après l’attentat de Sousse, en Tunisie – à l’hôpital, où les survivants avaient été transportés, j’avais essayé de poser des questions, mais rien ne sortait. Les mots semblaient inappropriés, indécents face à tant de douleur. Je restais plantée là, mon carnet à la main, ne sachant quoi écrire.» C’était le 26 juin 2015, dans une station balnéaire. Bilan : 38 morts, 39 blessés.
Après, la profession la mène un peu partout dans le monde, et surtout en Russie pendant six mois au début de la guerre en Ukraine. Heureusement, il y a eu quelques bons moments: «Mon plus beau moment, c’était le conclave après la mort du Pape et l’attente de la nomination du nouveau pape Léon XIV. Moment historique vécu en direct du Vatican». Margot campe à la place Saint-Pierre. Un grand moment de télévision avec plus de 3 millions de téléspectateurs pour TF1 seulement. Comme la couverture, à Londres, pour les funérailles de la Reine. Elle a depuis connu d’autres jouissances professionnelles avec des reportages et des couvertures sur le débarquement en Normandie avec le ministre des Armées d’alors, Sébastien Lecornu, les élections présidentielles aux États-Unis, la réélection de Poutine en 2024, ou encore la mort de Shimon Peres à Jérusalem le 28 septembre 2016, entre autres. Sans mentionner de nombreux reportages en Afrique, dont le Burkina Faso.
Sa connaissance du monde lui a permis de comprendre les nouveaux enjeux, les nouveaux équilibres. Elle maîtrise l’Europe, et surtout les États-Unis et la Russie. C’est ainsi qu’elle prépare, pour la rentrée de septembre, un livre sur Donald Trump et l’Europe, dont le titre est en gestation.
Une génération de changement
On a le sentiment que les événements ont quelque peu façonné et balisé le parcours de Margot Haddad. L’ancien monde se désagrège. Un grand vent de liberté souffle un peu partout sur la planète. Au moment même de sa naissance, en 1991, l’empire soviétique s’écroule (1989): Rostropovitch joue du violoncelle au pied du mur de Berlin qu’on détruit; le 1er décembre 1991, l’Ukraine vote massivement pour l’indépendance et se libère de la tutelle russe; et, en 1989, un Chinois maigrelet s’oppose à un tank sur la Place Tian’anmen. 1991 est aussi témoin du démantèlement de l’apartheid en Afrique du Sud. Margot grandira dans un nouveau monde.
Il est intéressant de noter que Margot a 11 ans quand l’invité-vedette de son émission, Luc Ferry, est nommé, en 2002, ministre de la Jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche. Un gouffre générationnel que la jeune animatrice comble avec intelligence tous les dimanches soirs, surtout envers l’auteur prolixe qu’il est.
Riche et forte de ses expériences sur le terrain, elle n’a pas usurpé sa place au sein de l’équipe de LCI. Et c’est ainsi qu’avec rigueur, professionnalisme et autorité elle anime sa tranche horaire sans l’hystérisation du ton et les vociférations qui caractérisent les animations/interventions de certains de la maison. C’est-àdire en toute sobriété et retenue – des qualités que la profession lui reconnaît – sans bousculer pour autant ses invités, tout en leur donnant la contradiction avec des faits… dans l’élégance. De plus, Margot Haddad jouit aussi d’un autre avantage à l’écran : elle a un visage qui capte la lumière. C’est dire que, dès le départ, elle en impose.
Sinon, cette jeune journaliste a une belle hygiène de vie. Elle se rebiffe contre la dictature de Facebook, de l’addiction que le portable crée, de l’éloignement des jeunes des livres. À 35 ans, elle écoute Ella Fitzgerald, Billie Holiday, affectionne les films de Sautet, Rohmer, Woody Allen, tout en appréciant Aragon, Leïla Slimani, etc.
Cet été, elle se mettra sur les chemins de Saint-Jacquesde-Compostelle… avant de venir faire une randonnée chez nous.
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