Publicité
Hippisme
Les nouvelles «Rules Of Racing» font débat
Par
Partager cet article
Hippisme
Les nouvelles «Rules Of Racing» font débat
Photo d'illustration.
Soumises aux entraîneurs en début de semaine dernière pour un consultation exercise, les nouvelles réglementations du sport hippique, comprenez les nouvelles Rules Of Racing, sont entrées en vigueur tout récemment après avoir été gazetted. Reste que la nouvelle bible du turf mauricien, telle qu’elle est rédigée, ne fait pas l’unanimité parmi les stakeholders de l’industrie, dont les entraîneurs.
Elles se devaient d’être préparées par l’organisateur des courses (horse racing organiser), soit le MTC Jockey Club (MTCJC), et approuvées par la Gambling Regulatory Authority (GRA) et sa division hippique, la Horse Racing Integrity Division (HRID). Mais pour des raisons pratiques, selon nos recoupements, c’est le régulateur qui est venu de l’avant avec les nouvelles Rules Of Racing pour la saison 2026, alors que la précédente campagne hippique s’était déroulée selon les règlements de 2024 de la défunte Horse Racing Division (HRD).
Pour Ramapatee Gujadhur, porte-parole de l’Association des Entraîneurs, qui a rencontré la HRID, hier, la réunion présidée par le Head Paul Beeby s’est déroulée de manière «cordiale, mais nous ne sommes cependant pas d’accord avec certains règlements.» L’entraîneur de la plus vieille écurie du turf n’a pas souhaité en dire davantage. Mais quelles sont ces fameuses règles ?
Sondés, certains entraîneurs, sous le couvert de l’anonymat, nous ont fait part de leurs inquiétudes par rapport à l’aspect de strict liability. «Je suis entièrement d’accord que l’entraîneur est responsable de la sécurité et du bien-être de ses chevaux. Mais comment peutil l’être dans des circonstances qui dépassent son contrôle?»
Un autre de ces professionnels de courses pointe, lui, du doigt la réglementation concernant les traitements vétérinaires.
Comité de révision
«Comment puis-je être l’unique responsable si un produit utilisé, sur l’avis de mon vétérinaire, pour traiter un de mes chevaux s’avère être prohibé, voire interdit ? N’est-ce pas la raison pour laquelle j’embauche un professionnel et que je m’en remets à son expertise ?»
Il faut dire que la règle 24 (cc) fait aussi tiquer pas mal d’entraîneurs, elle qui se réfère aux pouvoirs dont disposent les commissaires de la HRID. Celle-ci stipule que ces derniers pourront ainsi «take possession of and examine through any means, any mobile phone, computer, tablet, or any other electronic device they may determine could be relevant to any investigation, inquiry, and/or investigation. Any person who fails to comply with any order or decision issued by the Stipendiary Stewards under this Rule, shall commit a breach and upon conviction, be liable to any of the penalties provided…». Si dans l’absolu, certains n’y voient aucune objection, ils se demandent cependant si cette règle ne bafouerait pas leurs droits civiques.
En sus des entraîneurs, la HRID a également entendu, lors d’une précédente rencontre, les arguments avancés par le MTCJC, le horse racing organiser. Contacté, Santosh Gujadhur, le président du MTC et du MTCJC, confirme que le MTCJC a récemment «tenu des réunions constructives avec la GRA, traduisant une volonté commune de reconstruire l’industrie hippique. Ce processus sera nécessairement progressif et reposera sur un effort collectif pour retrouver son niveau d’excellence. Je ne commenterai pas les discussions en cours. Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, l’an dernier était une saison de relance, cette année sera une phase de transition, et un retour à un niveau proche de la normale n’est attendu qu’à partir de 2027.»
Si les nouveaux règlements sont déjà gazetted et ont donc force de loi, il nous revient que la GRA n’est pas restée insensible aux doléances des stakeholders de l’industrie. Afin de rectifier le tir, autant que faire se peut, l’instance régulatrice a proposé la mise en place d’un comité comprenant différents acteurs de la scène hippique (entraîneurs, jockeys, commissaires, etc.) pour revoir certains règlements dont la formulation poserait problème. Le cas échéant, ceuxci pourrait être amendés au cours de cette saison.
Publicité