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Portrait

Daren Moothia : Un incendie a tout détruit… sauf son rêve

10 avril 2026, 15:00

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Daren Moothia : Un incendie a tout détruit… sauf son rêve

À 25 ans, Daren Moothia avance avec la maturité de ceux que la vie a déjà mis à l’épreuve. Enfant de Camp-Levieux, il a grandi dans le parfum du sucre et du café, entre les étagères de la boutique familiale.

Depuis plus d’un demisiècle, ce commerce est bien plus qu’un simple point de vente. Ses grands-parents y ont travaillé, ses parents ont poursuivi l’aventure, et Daren y a appris très tôt le sens du service, le respect des clients et le goût du travail bien fait.

Pourtant, rien ne le destinait à devenir pâtissier. Diplômé en Engineering, il s’était orienté vers un parcours plus technique, structuré, rationnel. Mais derrière les plans et les calculs, une autre passion grandissait en silence.

Cette passion est née presque par hasard, devant l’émission Le Meilleur Pâtissier, regardée aux côtés de sa mère. Les images défilaient, les desserts semblaient irréels, et lui rêvait en silence.

Longtemps, il s’est contenté d’admirer. Jusqu’à la fin de l’année 2024. Un premier gâteau, préparé avec hésitation mais avec cœur. Mis en vente à la boutique, presque timidement. Le succès a été immédiat. Les clients ont aimé, certains ont demandé à le revoir en vitrine. Ce jour-là, Daren a compris que sa voie se dessinait là, dans ce dialogue discret entre ses mains et les sourires des autres.

Son esprit d’ingénieur n’a d’ailleurs jamais vraiment disparu : il structure ses recettes avec précision, équilibre les textures comme on assemblerait une mécanique délicate, ajuste les saveurs avec méthode. Pour lui, un gâteau n’est jamais anodin. Il raconte une histoire, réveille une émotion, accompagne un anniversaire ou console une peine. Son favori, le chocolat-crème café, résume bien sa personnalité : une douceur apparente, relevée d’un caractère plus intense. Admiratif du travail de chefs comme Cédric Grolet, il nourrit pourtant l’ambition de créer un univers qui lui ressemble : audacieux, élégant et sincère.

Mais le destin lui a imposé une épreuve brutale. Le 17 décembre dernier, un incendie parti d’un commerce voisin a ravagé la boutique familiale. En quelques heures, des décennies d’efforts, de souvenirs et de fidélité sont partis en fumée. Le choc a été immense. Voir les flammes s’attaquer à ce lieu chargé d’histoire a laissé une trace profonde. Sa mère, fragilisée par le stress, a dû subir une opération. Ses parents, encore aujourd’hui, sursautent au moindre bruit de pétard.

Face à l’absence de soutien financier et à l’indifférence de certaines autorités, la famille a dû compter sur ellemême. Elle a trouvé refuge dans un petit local, non loin de l’ancien emplacement, pour continuer à servir ses clients. Ce sont justement ces clients, fidèles et solidaires, qui ont donné à Daren et aux siens la force de se relever. Dans l’adversité, il a compris que leur commerce était plus qu’un gagne-pain : c’était un lien humain, une communauté.

Aujourd’hui, Daren voit plus loin. Il rêve d’ouvrir sa propre pâtisserie, un endroit simple et accueillant où chaque dessert rappelle un beau souvenir et donne le sourire. Pour lui, la pâtisserie idéale serait un gâteau qui fait penser à l’enfance, avec une petite surprise qui étonne. Et s’il devait se comparer à un dessert, ce serait le Red Velvet : doux, réconfortant et fait pour être partagé.

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