Publicité

Junior

Conquête spatiale : Avec «Artemis», les Américains veulent reposer le pied sur la Lune

6 avril 2026, 12:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Conquête spatiale : Avec «Artemis», les Américains veulent reposer le pied sur la Lune

Tu le sais sans doute déjà : mercredi dernier, «Artemis», le programme spatial de la Nasa, est entré dans sa phase 2. Quatre astronautes ont quitté la Terre à bord d’une fusée pour une mission de dix jours vers la Lune, sous les yeux de quelque 400 000 personnes à Cap Canaveral. Objectif : faire le tour de la Lune afin de tester le vaisseau en conditions réelles et préparer un futur alunissage prévu pour 2028.

Après pas mal de rectifications techniques et des reports, la nouvelle fusée géante, baptisée Space Launch System (SLS), a finalement décollé, avec quatre astronautes à bord, mercredi dernier, et ce n’était pas un poisson d’avril. Deux minutes après le décollage, la fusée s’est séparée de ses deux propulseurs latéraux déjà vidés de leur carburant. Encore six minutes plus tard, c’est l’énorme premier étage de la fusée, tout orange, qui a terminé son job pour retomber dans la mer. Puis le second étage de la fusée a mis les gaz pour gagner toujours plus d’altitude, et se mettre en orbite terrestre. Au bout de 3 heures et 24 minutes de vol, le petit vaisseau Orion, qui était perché au sommet de la fusée, a continué seul le grand voyage.

Artemis n’est pas qu’un nom. C’est le miroir moderne d’Apollo, précédent programme spatial d’alunissage qui date des années 1970, mais avec une ambition nettement plus contemporaine : apprendre à s’éloigner durablement de la Terre, puis revenir et rester utile sur la Lune. Le programme est pensé comme une progression en quatre étapes.

Artemis 1 (novembre 2022) : test du lancement de SLS, l’une des fusées les plus puissantes du monde, et du trajet spatial jusqu’à ce que le petit vaisseau Orion effectue un tour autour de la Lune avant de rentrer sur Terre. Tout s’est déroulé comme prévu.

Artemis 2: Envoi de quatre astronautes dans Orion pour un seul grand tour autour de la Lune, d’environ dix jours, avant le retour sur Terre.

Artemis 3 (prévue en 2027) : Amarrer Orion à un autre véhicule spatial afin de transférer les astronautes et préparer l’alunissage.

Artemis 4 (2028) : Se poser à nouveau sur la Lune.

Le calendrier est serré et jugé optimiste, mais il répond à deux impératifs politiques forts pour les États-Unis : gagner une course contre la montre face aux Chinois et, pour certains responsables, «retourner sur la Lune avant la fin du mandat» du président Donald Trump, afin de maintenir un leadership international sur l’espace.

Pour la suite, l’installation lunaire promet d’être rapide et spectaculaire. SpaceX prépare des fusées Starship qui soutiendront des alunissages et des ravitaillements dans l’espace, avec des batteries en réserve pour un retour en douceur vers la Terre. Sur le sol lunaire, des robots, des rovers et des laboratoires aideront à construire des habitats et testeront des systèmes de propulsion nucléaires (des technologies qui pourraient aussi faciliter une future mission humaine vers Mars).

Et pourquoi tout cela compte-t-il ? Ces projets inspirent, questionnent et créent des possibilités. Les preuves matérielles et les découvertes sur les réserves d’eau gelée près du pôle Sud lunaire promettent de nouvelles façons de comprendre l’histoire de notre planète.

Tout au long de la mission, tu peux voir l’emplacement du vaisseau Orion et de son équipage sur un site dédié de la Nasa avec une visualisation en 3D de la trajectoire. Le site est baptisé Arow, pour Artemis Real-time Orbit Website. https://www.nasa.gov/missions/artemis-ii/arow

Rover

C’est un véhicule robotisé conçu pour se déplacer et explorer la surface d’un corps céleste(une autre planète, la Lune, etc.). Il permet de mener des analyses scientifiques sur le terrain à distance de l’atterrisseur.

Le savais-tu?

«Apollo» et «Artemis», missions miroir Les Américains adorent donner des noms inspirés à leurs missions. En matière de missions spatiales vers la Lune, Artemis répond au précédent programme spatial d’alunissage, Apollo (17 missions –dont Apollo 11, qui a permis les premiers de l’homme sur la Lune, le 20 juillet 1969 – de 1961 à 1972).

Dans la mythologie grecque, Léto, la déesse de la nuit, a donné naissance à des jumeaux, Apollon (Apollo en anglais), dieu du feu solaire, et Artémis, déesse de la Chasse, représentant ainsi le Soleil et la Lune. Ce sont les enfants, illégitimes mais non moins divins, de Zeus, le dieu suprême dans la mythologie grecque, souverain des dieux de l’Olympe, maître du ciel, de la foudre et des phénomènes atmosphériques, dont Léto était la maîtresse.

La Nasa

La Nasa est l’agence spatiale du gouvernement américain, responsable de l’exploration de l’espace, de la recherche aéronautique (avions) et de l’étude de la Terre. Son nom signifie National Aeronautics and Space Administration. Elle a été créée en 1958, en pleine «course à la Lune» contre l’Union Soviétique.

Le match États-Unis – Chine

La Chine, veut affirmer sa position de très grosse puissance mondiale en partant à son tour à la conquête de l’espace. Leur objectif, c’est de fouler la Lune en 2030, y installer une base en 2035 avant d’aller sur Mars en 2040. Il n’en a pas fallu plus pour que Donald Trump, président des États-Unis soit piqué dans sa fierté et fasse tout poser à nouveau les pieds sur la Lune, histoire de montrer à la Chine qui est la première puissance mondiale sur tous les plans. D’où le programme Artemis.

Les voyageurs de l’espace

Selon la nationalité du voyageur, on utilise des termes différents pour parler de ceux qui vont dans l’espace.

«Astronaute» pour les Américains ou occidentaux. Issu du grec astron (étoile) et nautes (navigateur).

«Cosmonaute» pour les Russes. Vient du grec kosmos (univers) et nautes.

«Taïkonaute» pour les Chinois. Le terme est formé du mandarin taikong (espace) et du grec nautes.

«Spationaute» pour les Européens. C’est un mot hybride issu du latin spatium (espace) et du grec nautes.

Mais, puisque les missions spatiales sont désormais effectuées par des équipages de plusieurs nations, le terme «astronaute» a été généralisé.

Qui sont les astronautes d’«artemis 2» ?

Christina Koch (47 ans) : ingénieure spatiale. Première femme à aller vers la Lune. Responsable des systèmes vitaux de la capsule Orion .

Victor Glover (49 ans) : pilote d’Orion et premier astronaute noir à dépasser l’orbite terrestre. Ancien membre de la Station spatiale internationale (167 jours).

Jeremy Hansen : pilote de chasse canadien chargé de collecter des données scientifiques sur le vaisseau et l’endurance humaine.

Reid Wiseman : commandant de la mission et ancien chef du bureau des astronautes de la Nasa

les astronautes.jpg copy.jpg ■ (De g. à dr.), Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen, devant le lanceur SLS de la Nasa, le 17 janvier 2026 à Cap Canaveral, en Floride.

Le Dico

Circumnavigation

Naviguer autour d’un lieu en décrivant une boucle complète qui revient à son point de départ. Terme qui vient du latin circum (autour) et navigatio (navigation). Il peut s’appliquer aux voyages aériens ou sous-marins.

Publicité