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Affaire des coffres-forts de Navin Ramgoolam
La défense insiste sur une «avalanche» de poursuites
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Affaire des coffres-forts de Navin Ramgoolam
La défense insiste sur une «avalanche» de poursuites
■ Navin Ramgoolam à la Financial Crimes Division de la Cour intermédiaire, à Port-Louis, hier.
La motion pour abus de procédures, présentée par la défense de Navin Ramgoolam, parrainé par Mᵉ Robin Ramburn, Senior Counsel, a occupé l’essentiel de l’audience d’hier, mercredi 1ᵉʳ avril, devant la Financial Crimes Division (FCD), avec des éléments visant à démontrer, selon elle, un enchaînement inhabituel de procédures en 2015 et des difficultés concrètes à faire entendre des témoins jugés déterminants.
Appelé à la barre, le Court Manager de la Cour intermédiaire, Devraj Seebaruth, a produit plusieurs extraits de dossiers judiciaires couvrant la période de février à juin 2015. Il a confirmé l’existence de nombreuses accusations provisoires portées contre Navin Ramgoolam devant différentes juridictions, notamment à Rivière-du-Rempart, Curepipe et Port-Louis.
Ces affaires concernaient des chefs d’accusation variés, dont complot, blanchiment d’argent, corruption alléguée et «use of office for gratification». À travers ces documents, la défense a mis en avant la multiplicité des procédures engagées sur une période restreinte. Mᵉ Ramburn a avancé que Navin Ramgoolam aurait été appelé à comparaître à 112 reprises en cour dans ces différentes affaires, sans compter le présent procès devant la FCD.
Plusieurs membres de la presse avaient également été convoqués pour s’expliquer sur les fuites d’informations dans cette affaire. Toutefois, leurs témoignages n’ont finalement pas été entendus, la poursuite et la défense s’appuyant plutôt sur les articles déjà versés au dossier.
L’audience a également été marquée par le témoignage de Salman Sobha, chargé de retracer deux témoins étrangers ayant juré un affidavit en février 2015 dans le contexte de l’affaire Dufry.
Selon ce document, Thomas Axel Michel Galet, alors haut responsable du groupe suisse, et Simo Carevic, alors dirigeant de la Mauritius Duty Free Paradise (MDFP) affirment avoir participé, le 16 février 2015, à un dîner organisé par Rakesh Gooljaury dans un hôtel de Balaclava.
Ils y décrivaient une rencontre au cours de laquelle Rakesh Gooljaury leur aurait proposé d’entrer en contact avec Pravind Jugnauth, alors ministre des Technologies, de la communication et de l’innovation, présenté comme proche du Premier ministre de l’époque, feu Sir Anerood Jugnauth, afin de relayer un message que ce dernier aurait souhaité faire parvenir à la direction du groupe Dufry.
L’affidavit évoquait également des discussions autour d’un différend financier d’environ un million d’euros lié à des transactions commerciales antérieures.
Salman Sobha a dit avoir entrepris des recherches approfondies pour localiser ces deux témoins, notamment via des plateformes telles que RocketReach et des contacts électroniques.
Il affirme avoir obtenu des adresses e-mail, identifié des numéros de téléphone et même établi un bref contact indirect avec une personne associée à l’un des intéressés. Malgré plusieurs relances entre le 7 et le 17 mars derniers en vue des séances en Cour, aucune confirmation de leur possible comparution n’a été obtenue.
La poursuite, représentée par Mᵉ Nataraj Muneesamy, s’est opposée à la production de cet affidavit en l’absence de ses auteurs, contestant sa recevabilité dans ces conditions.
En contre-interrogatoire, la méthode utilisée pour retrouver les témoins a été questionnée. La poursuite indiquant que cet affidavit avait été juré par le biais de Mᵉ Gilbert Noel et que ce dernier n’avait pas été contacté en vue de retracer ses clients.
La défense a indiqué avoir bouclé la présentation de ses éléments sur cette motion tandis que la poursuite a sollicité un délai pour préparer sa réplique.
Les plaidoiries sont attendues ce matin devant la FCD.
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