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Téléphones portables à l’école
Une réflexion sur la déconnexion
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Téléphones portables à l’école
Une réflexion sur la déconnexion
Une session d’information destinée aux recteurs de collèges a été organisée à l’Atal Bihari Vajpayee Institute of Public Service and Innovation, à Moka, lundi.
Le ministère de l’Éducation s’apprête à introduire de nouveaux règlements encadrant l’utilisation des téléphones portables dans les établissements scolaires. Une session d’information destinée aux recteurs de collèges et visant à clarifier les orientations et modalités d’application de ces mesures a ainsi été organisée le lundi 30 mars à l’Atal Bihari Vajpayee Institute of Public Service and Innovation, à Moka, en présence du ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, et plusieurs acteurs clés du secteur éducatif.
La gestion des appareils mobiles personnels se fera progressivement dans un cadre réglementaire, élaboré en consultation avec le State Law Office, qui prévoit des mesures disciplinaires en cas de non-respect des règles. Toutefois, conformément à l’avis du bureau de l’Attorney General, aucune sanction pécuniaire ne pourra être imposée aux élèves ou à leurs responsables. Cette démarche se veut équilibrée, privilégiant l’encadrement et la responsabilisation plutôt qu’une approche strictement punitive.
Plusieurs pays, notamment l’Angleterre et la France, ont déjà adopté des politiques restrictives concernant l’usage des téléphones portables en milieu scolaire, particulièrement pendant les heures de classe. Ces mesures ne sont pas perçues uniquement comme des sanctions, mais comme des leviers visant à améliorer la concentration des élèves, réduire les cas de harcèlement et instaurer un climat scolaire plus apaisé. Cette réforme met l’accent sur le bien-être des élèves et vise à favoriser un environnement d’apprentissage plus serein, propice à la réussite académique et au développement personnel des jeunes.
Dans son discours d’ouverture, Ricaud Auckbur, Chief Technical Officer du ministère de l’Éducation, a dressé un état des lieux de l’utilisation des téléphones portables et des outils numériques à Maurice. En 2025, le pays comptait 2,1 millions de connexions mobiles, un taux de pénétration de 168 % par rapport à la population totale. Ce chiffre illustre non seulement la généralisation du téléphone portable, mais aussi la multiplicité des abonnements par individu. L’accès à Internet recense 1,01 million de connexions, représentant près de 80 % de la population.
Du côté des réseaux sociaux, Maurice enregistre 859 000 comptes, soit environ 68 % de la population. Toutefois, ces données doivent être nuancées, car une même personne peut détenir plusieurs profils sur différentes plateformes. Entre 2024 et 2025, le nombre d’identités sur les réseaux sociaux a connu une augmentation de près de 40 000 nouveaux comptes, confirmant la progression constante de l’usage numérique dans le pays.
Montée préoccupante de la cybercriminalité
Parallèlement à cette forte connectivité, les autorités observent une hausse des incidents liés au numérique. Selon le ministère des TIC, 17 cas de cybercriminalité sont signalés en moyenne chaque jour à Maurice, sans compter ceux qui ne sont pas déclarés. Depuis 2018, le système de signalement en ligne des cybercrimes, MAUCORS, a enregistré 19 000 cas, mettant en évidence l’ampleur du phénomène et l’urgence d’agir.
Face à cette situation, le gouvernement a annoncé, en décembre 2025, une initiative nationale visant à introduire une carte SIM destinée aux enfants. L’objectif est de leur offrir un environnement numérique plus sécurisé et de les protéger des contenus illégaux, inappropriés ou nuisibles. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large de protection des jeunes et de régulation de l’usage des technologies, notamment dans le contexte scolaire où la question des téléphones portables fait désormais l’objet d’un encadrement renforcé.
Appel à la collaboration des recteurs
De son côté, le ministre de l’Éducation a sollicité la pleine collaboration des recteurs de collèges pour la mise en œuvre des nouveaux règlements, lesquels devront encore obtenir l’aval du Conseil des ministres. Toute décision, rappelle-t-il, devra respecter scrupuleusement les cadres légaux et administratifs, en soulignant que les propositions tiennent compte des retours de consultations antérieures. Celles-ci ont été intégrées et évaluées rigoureusement pour assurer qu’elles ne provoquent pas de perturbations inutiles dans les établissements.
L’objectif, a-t-il précisé, est que ces mesures aient un effet dissuasif tout en veillant à préserver les besoins éducatifs et médicaux des élèves, qui demeurent prioritaires. Mahend Gungapersad a également insisté sur le rôle central des chefs d’établissement dans le suivi et l’encadrement des élèves. «Vous devriez savoir ce qui se passe dans votre école», appelant les recteurs à développer une connaissance approfondie de leurs élèves et de la dynamique de leur établissement.
En définitive, si les téléphones portables peuvent constituer des outils utiles, la question fondamentale demeure : un accès illimité aux appareils mobiles pendant la journée scolaire est-il compatible avec l’attention, la sécurité, le développement social et le bien-être que les écoles ont pour mission de protéger ? À travers cette réforme, le ministère souhaite ouvrir un débat de fond sur l’équilibre entre connectivité et discipline, innovation technologique et protection des élèves, dans l’intérêt supérieur de la communauté éducative.
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