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Terrain de chasse, terrain miné

1 avril 2026, 05:30

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En choisissant de faire d’un «chassé» – un terrain de chasse – le symbole d’une prétendue injustice envers un proche du MMM, Paul Bérenger a ouvert une brèche. Une brèche dans laquelle s’engouffrent aujourd’hui les faits. Têtus. Documentés. Et, surtout, implacables. Derrière la rhétorique du militant lésé, le dossier raconte une tout autre histoire.

Un bail arrivé à terme en 2021. Non renouvelé en 2024. Et pour cause : une accumulation de manquements qui, pris isolément, auraient déjà suffi à disqualifier n’importe quel demandeur. Empiètement sur 4,07 hectares de terres de l’État. Transfert déguisé du bail via un jeu d’actions. Refus répétés d’obtempérer aux directives du service forestier. Menaces et insultes envers des agents publics. Retards de paiement. Et, en toile de fond, des antécédents policiers défavorables.

Ce n’est plus un dossier. C’est un faisceau. Et dans tout cela, une question simple : où est l’injustice ? Elle ne se trouve ni dans la décision du ministère ni dans le refus de renouvellement. Elle se niche plutôt dans le récit politique qui tente de transformer une série de violations en cause militante. Le plus troublant n’est pas tant la défense d’un individu – la politique en a vu d’autres – que la légèreté avec laquelle ce dossier a été brandi. Comme si l’approximation suffisait. Comme si l’émotion pouvait suppléer à l’examen.

Or, ici, tout résiste à la simplification. Le changement d’actionnariat en cours de bail ? Une entorse directe aux clauses contractuelles. L’empiètement constaté et jamais régularisé ? Une faute objective. Les tensions avec l’administration, documentées jusqu’aux mains courantes ? Un signal clair. Et que dire de l’éligibilité même du bénéficiaire supposé, dépourvu de certificat de moralité et des permis requis ? À quel moment ce dossier pouvaitil devenir défendable ?

En réalité, ce qui se joue ici dépasse le cas d’un terrain de chasse. C’est une question de méthode. De rigueur. Et, osons le mot, de crédibilité. Paul Bérenger n’est pas un novice. Il connaît les rouages de l’État, les exigences administratives, les lignes rouges. Il sait – ou devrait savoir – qu’un bail de chasse n’est ni un droit acquis ni un outil de réparation politique. Qu’il obéit à des critères stricts, précisément pour éviter les dérives qu’il dénonce aujourd’hui.

Et pourtant, il choisit d’embrasser ce dossier. De le répéter. «Dix fois», dit-il. Comme une conviction. Ou comme une obstination. Mais à force d’insister, le récit se fissure. En face, les faits s’accumulent. Et avec eux, une impression plus dérangeante : celle d’un leader qui, en voulant corriger une injustice, semble ignorer – ou minimiser – les règles mêmes qu’il a contribué à instituer.

Le plus ironique, sans doute, réside dans l’épilogue provisoire de cette affaire. Une solution avait été trouvée. Un compromis. Un autre terrain proposé. Une porte de sortie digne. Acceptée, semble-t-il. Puis abandonnée. Pour revenir à l’exigence initiale : récupérer le terrain perdu. Évincer le locataire actuel. Réécrire l’histoire. À ce stade, ce n’est plus une revendication. C’est une impasse.

Et c’est là que le terrain devient véritablement glissant. Car en politique, la défense des militants ne peut se faire au prix de la vérité des faits. Sinon, elle bascule dans autre chose : une confusion des registres, où le droit cède à l’affect et où la rigueur s’efface derrière la loyauté. Paul Bérenger voulait dénoncer une dérive. Il met aujourd’hui en lumière une faille. La sienne.

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Dans l’ombre des forêts de Mare-Longue, à quelques centaines de mètres du Ganga Talao, l’enquête de la FCC, qui traîne dans l’affaire Stag Party, révèle une géographie trouble du pouvoir et des complicités. Derrière un portail métallique dissimulé dans la végétation, les enquêteurs ont identifié un terrain de chasse loué à l’Eco Deer Park Association, où un ranch, attribué à un présumé prête-nom, aurait servi à des activités opaques, allant jusqu’à l’organisation supposée de rave-parties. Ce site isolé, difficilement repérable, contraste avec les exigences strictes de la Shooting and Fishing Leases Act, qui encadre rigoureusement l’octroi et l’usage de ces terres de l’État, interdisant toute implication de tiers et toute activité non autorisée.

Or, les précédents sont troublants : cultures de cannabis découvertes dès 2016, pièges artisanaux ayant blessé un agent, absence d’inculpation, puis résiliation tardive du bail en mars 2023 pour violations contractuelles. Entre soupçons de corruption – incluant une tentative alléguée de pot-de-vin de Rs 4 millions – et contrôles défaillants, une question persiste : comment un tel système a-t-il pu perdurer sans intervention décisive des autorités ?

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