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Hommage : Lionel Jospin, symbole d’une fidélité rare

26 mars 2026, 15:00

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Hommage : Lionel Jospin, symbole d’une fidélité rare

Un grand tribun, un homme qui incarna, avec constance et dignité, la loyauté de la gauche plurielle. Loyauté envers ses convictions, mais aussi envers François Mitterrand, dont il fut l’un des plus fidèles lieutenants, aux côtés de Jacques Delors, l’architecte de l’Union européenne. Il fut le symbole d’une fidélité rare : loyauté au Parti socialiste, à ses valeurs et aux grandes idées d’une gauche généreuse, héritière du rêve du Front populaire. Il en chantait les refrains avec la ferveur du militant, comme on chante un hymne – Soldat lalit militant – avec vigueur, passion et sincérité.

Premier ministre pendant cinq années pleines, il incarna une cohabitation rare avec Jacques Chirac, témoignant d’un sens élevé de l’État et des institutions, avec des mesures historiques, notamment les 35 heures pour la classe ouvrière. Puis vint 2002. Favori, il fut pourtant éliminé dès le premier tour – victime d’une abstention et d’une dispersion de son électorat. Une blessure politique, sans doute. Mais dans l’épreuve, il trouva la hauteur. Son retrait fut celui d’un homme d’État : digne, assumant sans détour la responsabilité, face au destin et à la victoire de Jacques Chirac.

J’ai eu, pour ma part, la chance de le rencontrer dans le salon d’honneur de l’aérogare de l’aéroport Paris-Charles-de Gaulle. Il revenait d’une conférence aux États-Unis, renouant alors avec une forme de présence publique. J’y ai découvert un homme sobre, charismatique, habité par une rigueur intellectuelle et une simplicité qui trahissaient le socialiste de gestion qu’il a toujours été. S’il n’est pas revenu pleinement sur le devant de la scène, c’est peut-être là le destin de certains grands hommes : écrire leur page d’Histoire, puis se retirer, laissant à d’autres le soin de poursuivre le chemin. Car, sans doute, fallait-il qu’il ouvre la voie, qu’il trace le sillon pour celui qui, quelques années plus tard, accéderait à la présidence de la République au nom du Parti socialiste.

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