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Questions à…
Dean Lam : «Le Caudan a tout pour être le centre culturel de Port-Louis.»
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Questions à…
Dean Lam : «Le Caudan a tout pour être le centre culturel de Port-Louis.»
Dean Lam, «Chief Executive Officer» de Promotion and Development Limited (PAD).
À l’occasion des 30 ans du Caudan Waterfront, Dean Lam détaille la nouvelle ambition du site : faire du front de mer bien plus qu’un espace commercial. Entre arts, culture, patrimoine et ancrage émotionnel fort auprès des Mauriciens, le CEO de PAD veut inscrire le Caudan au cœur du renouveau culturel de Port-Louis.
? Pour célébrer ses 30 ans d’existence, le Caudan Waterfront a choisi d’accentuer la place faite à la culture, aux arts et au patrimoine. Pourquoi ?
C’était une grande découverte pour moi.
? C’est-à-dire ?
Je suis un banquier de carrière. Très loin des arts et de la culture. (NdlR, Dean Lam est le CEO de PAD depuis le 1ᵉʳ juillet 2025. Auparavant, il a été Managing director de la HSBC pendant dix ans, sur les 23 de sa carrière dans cette institution bancaire). J’étais à Maurice et à Hong Kong aussi.La première chose qui m’a poussé à venir chez PAD, c’est le produit arts et culture du Caudan. Je ne voulais pas rester dans le secteur financier. Avec les arts et la culture, je suis entré dans un nouveau monde. J’ai été étonné de découvrir qu’il y a autant d’artistes dans l’île. La nouvelle édition du Samudra Art Prize a été lancée. Elle a reçu 650 participations. Le Caudan, c’est le hub pour vraiment promouvoir les artistes. Nous accueillons actuellement une exposition (Ndlr, Contemporary Art Show by Adamah × Bel Air Fine Art jusqu’au 27 mars), où il y a des étrangers et des Mauriciens. Il n’y a aucun autre endroit comme ça à Maurice. Le Caudan, c’est la capitale. Dans de très nombreux pays, la capitale, c’est un centre culturel.
? Donc le centre culturel de Port-Louis, c’est le Caudan ?
Nous avons la vocation de l’être. De réunir toutes les formes d’expressions. Ce n’est pas limité au Caudan. Nous voulons utiliser cette plateforme pour rejaillir sur le quartier, le patrimoine mondial qu’est l’Aapravasi Ghat et tout Maurice. Nous voulons aller au-delà, pour tracer un parcours culturel.
? Le tracé a pris forme ?
C’est en négociation.
? On a l’impression que toutes les parties prenantes n’ont pas encore compris comment monétiser les arts, la culture et le patrimoine, pour en faire un pilier économique. Pour le Caudan, les arts et la culture, c’est le secteur économique d’avenir ?
On a tout le côté retail, la location d’espaces bureaux. Le Blue Penny Museum a ouvert en 2001. Le Caudan Arts Centre en 2018. Je tiens vraiment à saluer tous les décideurs qui m’ont précédé, qui ont mis l’accent sur les arts, la culture et le patrimoine. Aujourd’hui, les théâtres (Ndlr, municipaux) sont fermés.
? Depuis 2004 pour le Plaza, depuis 2008 pour le théâtre de Port-Louis.
Les dirigeants qui ont imaginé le Caudan Arts Centre ont vu loin. Je me souviens avoir assisté à une représentation de Zozef ek so palto larkansiel au théâtre de Port-Louis. Au Caudan Arts Centre, nous avons eu Les Misérables en kreol morisien (Ndlr, en 2024). Là, l’équipe monte Hamlet. S’il n’y avait pas eu le Caudan Arts Centre, vers qui se seraient tournés les artistes ? Bon, je ne dis pas qu’économiquement, c’est top. Si cela avait été le cas, tout le monde se serait lancé dedans.
? C’est davantage un pari sur l’avenir ?
C’est faire preuve de vision. Construire sur le long terme en revalorisant les arts et la culture.
? Qu’est-ce qui attire le plus au Caudan ? Les spectacles au Caudan Arts Centre, le Blue Penny Museum, le Food court ou encore le Craft market ?
À la base, c’est l’endroit. Il y a 30 ans, le Caudan était le premier mixed use shopping area. Parce que nous étions le premier du genre, il y a beaucoup de valeur émotionnelle attachée à cela. Nous avons un projet de documentaire où des gens vont raconter comment ils sont venus au Caudan avec leurs parents. Et maintenant, ils y viennent avec leurs enfants. La valeur sentimentale est un point très fort. Cela montre à quel point les Mauriciens sont connectés au Caudan. C’est un endroit où les gens viennent d’abord se prélasser, chillax, kas enn poz, frekante. Ce n’est pas comme aller au supermarché, al aste enn manze. De toute façon, il n’y a pas de supermarché au Caudan. Ensuite, il y a les achats impulsifs du côté retail. Nous avons un vide-grenier tous les mois. Chaque dimanche, c’est un succès. Je ne pense pas que les gens qui viennent chez nous cherchent la foule mais plus du loisir. C’est là où les arts et la culture conviennent très bien. Dans le sens large du terme, avec l’art culinaire, la musique, le savoir-faire local au Craft market. C’est basé sur le feedback que nous recevons. Le visiteur type du Caudan, c’est quelqu’un qui vient soit en couple, soit en famille. Ils passent environ deux-trois heures chez nous, sans se presser.
? Le Caudan est aussi un lieu touristique. Comment réconciliez-vous les deux clientèles ?
C’est environ 50-50. Les touristes viennent principalement des bateaux de croisière. Le jour où un bateau accoste, il y a beaucoup de touristes. En temps normal, la plupart des visiteurs sont des Mauriciens.
? Pour ses 30 ans, le Caudan enclenche sa prochaine phase de développement. Que prévoit le «Master plan» ?
Il s’échelonne sur plusieurs années et doit être finalisé. Pour commencer, nous avons des partenariats avec nos voisins: IBL, Landscope Mauritius (Ndlr, qui gère le PortLouis Waterfront), le groupe Eclosia avec le Labourdonnais Waterfront Hotel, Odysseo Oceanarium, le Victoria Urban Terminal, l’Aapravasi Ghat Trust Fund. Nous commençons par nous-mêmes. Notre objectif, c’est que le revamping du Caudan contribue à stimuler la régénération de Port-Louis. Tous les éléments sont là, à commencer par l’accessibilité, par les transports publics.
? La prochaine phase de développement verra-t-elle pousser un grand building ?
Il n’y a pas de place pour construire. La première phase c’était le Barkly Wharf. La deuxième a vu la construction du Dias Pier. La troisième phase, c’était le Caudan Arts Centre. La quatrième phase, c’est de redynamiser tout ce quartier en remettant en valeur les arts et la culture, en collaboration avec nos voisins. Dans cet esprit, le Musée de la Photographie va s’installer à l’emplacement précédemment occupé par les cinémas Star, l’année prochaine. Le savoir-faire local, avec le Made in Moris, aura aussi sa place. C’est dans le choix des locataires, qu’il faudra davantage penser local. Après l’incendie (Ndlr, en novembre 2021) au Craft market, les locataires sont partis pendant plus d’un an. Cela a été un blessing in disguise. Avec la pop-up experience autour des produits locaux, nous avons pu remplir les espaces vacants au premier étage. Normalement, nous signons des baux de trois ans. Là, on a proposé un bail de trois mois aux jeunes entrepreneurs de petites et moyennes entreprises, le temps de tester l’espace. Certains nous ont dit que 50 mètres carrés, c’était trop, qu’ils n’ont besoin que de 15 mètres carrés. Nous avons élaboré des formules où quatre locataires se partagent un espace. Après quatre mois, environ 80 % de ces locataires ont dit vouloir rester pour un an. Nous voulons étendre ce modèle à d’autres espaces commerciaux. On ne veut pas que ce soit partout les mêmes magasins. Nous voulons nous démarquer. Avec le conflit au Moyen-Orient, on se concentre sur le local.
? À l’inverse, il y a aussi des locataires historiques.
Bookcourt, Poncini, Mikado sont des fidèles. Dans le Craft market il y a des artisans qui sont là depuis l’ouverture. Il y a des success stories familiales, des enfants qui prennent la suite de leurs parents. Le restaurant Namaste est présent depuis 25 ans. Nous avons monsieur PEM (Ndlr, sculpteur sur bois). Au départ, il n’avait pas d’endroit pour exposer ses produits. Il y a aussi City Sport, qui est là depuis 28 ans, la marque Phydra… Il y a une moyenne de 5 % de changement de locataires par an. Cela nous permet de renouveler les offres. L’un des plus récents c’est Eque’Stine, qui propose tous les accessoires pour cavaliers.
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Atout non négligeable les parkings très prisés
Le Caudan compte «1200 places de parking en tout : 400 non couvertes à la marina, 400 couvertes à Dias Pier et 400 couvertes au Caudan Arts Centre», indique Krishen Veerapen Chetty, Asset manager à Caudan Development. «Environ 20 %» des espaces sont réservés aux locataires du Caudan. Des espaces déjà saturés ? «Cela peut arriver quand il y a des activités ou les soirs de spectacle au Caudan Arts Centre. Quand c’est rempli, cela prouve que les Mauriciens s’approprient les lieux. C’est un bon problème à avoir.»
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Caudan arts centre de mieux en mieux
L’an dernier, le Caudan Arts Centre s’est offert une sonorisation dernier cri, affirme Ashish Beesoondial, Theatre manager. L’heure est maintenant à l’aménagement d’un coin lecture et d’un espace d’exposition. «Nous voulons retenir les gens.» À la fin des spectacles, la boutique qui propose des vinyles au rez-de-chaussée, lance des «happenings».
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Caudan Security Services
Dans le cadre du plan d'évacuation, les employés de Caudan Security ont été formés à l'utilisation de défibrillateurs, qui sont disponible au Caudan. Un software permet aussi de suivre les mouvements des préposés à la sésurité, au front de mer, en temps réel.
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Dean Lam, CEO de PAD entouré d’Ashish Beesoondial, Theatre manager du Caudan Arts Centre et Krishen Veerapen Chetty (à dr.), Asset manager.
En chiffre : 9%
C’est la part d’augmentation de la fréquentation du Food court du Caudan notée par Krishen Veerapen Chetty, Asset manager à Caudan Development. Ceci en comparant le «foot fall» de janvier à mars 2025 avec la même période en 2026. «Cela fait environ 500 000 passages par mois». Ils sont enregistrés par les caméras, qui sont à chacune des entrées des bâtiments. En termes d’évolution de la fréquentation, les responsables se demandent : «Est-ce que les activités proposées nourrissent la connexion émotionnelle que les Mauriciens ont avec le Caudan ?» Autre point clé : ceux qui travaillent au Caudan en journée. Ils sont «environ 2 500 à 3 000 dans les bureaux». Ajouté à ceux qui déjeunent au Caudan. Le Caudan compte, «environ 150 locataires», principalement dans le segment commercial.
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Vue aérienne de Port-Louis, en 1993, avant la construction du Caudan Waterfront.
Vue aérienne de Port-Louis montrant le début des travaux de construction du Caudan Waterfront.
Vue aérienne de Port-Louis en 1998, avec en arrière-plan le Caudan Waterfront qui a été inauguré en 1996.
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Urbanisme : Quand le front de mer est sorti de terre
Le Caudan Waterfront, construit sur les anciens docks, est un chantier imposant qui a changé le front de mer de la capitale. C’était au milieu des années 1990. Il a été inauguré le 24 novembre 1996. Trente ans plus tard, une nouvelle phase de développement est annoncée.
CREDIT PHOTO : PROMOTION AND DEVELOPMENT
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