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«L’express» du 2 septembre 1987
«Il n’y a pas que moi seul au parti»
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«L’express» du 2 septembre 1987
«Il n’y a pas que moi seul au parti»
Entretien de «l’express» avec Paul Bérenger dans l’édition du 2 septembre 1987.
C’est chez lui, à Floréal, que Paul Bérenger a accordé à l’express cet entretien paru le 2 septembre 1987. La question est directe : «Pour le MMM, Paul Bérenger, c’est qui ?»
Sa réponse révèle un style de leadership qui lui est propre : «J’ai beaucoup d’attachement sentimental au MMM. Il y a plusieurs raisons à ça. Les victoires, les défaites, les épreuves, mon rôle de leader de parti et de leader de l’opposition. Mais il n’y a pas que moi seul au MMM. Le MMM c’est aussi une intelligence collégiale. Me li arive ki mo inpoze, li arive.»
La question de l’avenir du MMM sans Paul Bérenger dépasse la simple question de succession. Elle touche à l’identité même du parti. Du PTr, en passant par le MSM et le PMSD, ces formations ont durablement structuré la vie politique, avec des identités construites autour d’héritages familiaux, de trajectoires historiques ou d’alliances successives. Le MMM, fondé en 1969 comme parti de rupture avec les logiques traditionnelles du pouvoir, s’est construit autrement. Il s’est imposé autour d’une culture militante forte, d’une organisation interne structurée et d’une présence parlementaire constante, longtemps portée par Paul Bérenger.
En effet, être «militant» n’a jamais signifié seulement appartenir au MMM. Cela renvoyait aussi à une manière de faire de la politique : le débat interne, la discipline organisationnelle, la confrontation parlementaire, mais aussi une certaine exigence héritée des premières années du mouvement. Au fil du temps, cette culture militante s’est largement confondue avec la trajectoire de Paul Bérenger lui-même. D’où cette association presque instinctive : penser au MMM, c’est penser à Bérenger ; penser à Bérenger, c’est penser au MMM.
Dans ce contexte, la question n’est pas seulement de savoir qui peut prendre la tête du parti après lui. Elle est plus profonde : elle concerne ce qu’il advient d’un parti dont l’identité s’est construite sur la durée autour d’une figure fondatrice centrale dans sa mémoire politique.
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