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Production d’électricité
Huile lourde retardée : plus de Rs 2 milliards en jeu pour le pays
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Huile lourde retardée : plus de Rs 2 milliards en jeu pour le pays
Le ministre de l’Énergie, Patrick Assirvaden (photo), s’est adressé à la presse, hier, afin de faire le point sur l’approvisionnement en huile lourde (Heavy Fuel Oil), indispensable à la production d’électricité. Il a qualifié la crise énergétique actuelle de défi majeur, potentiellement supérieur à celui de la pandémie de Covid-19.
Selon lui, les tensions déclarées au Moyen-Orient le 28 février ont empêché la livraison d’huile lourde en provenance des Émirats arabes unis. La cargaison, initialement attendue le 21 mars, n’étant pas arrivée, le gouvernement a organisé une réunion le 3 mars avec la State Trading Corporation (STC), le CEB et le ministère du Commerce afin de décider des commandes nécessaires. «Face à l’incertitude quant à la durée de ces tensions, il a été décidé de diversifier les sources d’approvisionnement. La STC a été chargée de sécuriser les commandes et d’identifier toute autre option disponible.»
Ainsi, un bateau en provenance de Singapour, transportant 33 000 tonnes d’huile lourde, a quitté le port le 21 mars et devrait arriver le 1ᵉʳ avril. Cette cargaison représente un coût d’environ Rs 1,2 milliard pour le CEB et l’État, payé en devises étrangères, soit Rs 500 millions de plus que la livraison initialement prévue. Une seconde cargaison de 32 000 tonnes, également payée en devises étrangères, est attendue entre les 15 et 17 avril, pour un coût supplémentaire d’environ Rs 1 milliard. Le ministre a souligné que ces décalages constituent une perte sèche préoccupante pour l’économie.
Il a ajouté que, pour gérer les stocks, le CEB a demandé aux producteurs indépendants d’augmenter légèrement l’utilisation du charbon afin de réduire la consommation d’huile lourde, tout en précisant que cette mesure n’est pas la solution privilégiée. Parallèlement, la réserve de sécurité du CEB, habituellement de 30 à 35 MW, a été réduite à 20-25 MW, plaçant le système «en jaune» afin de mieux gérer les ressources.
Le ministre a également annoncé la mise en place d’un comité de crise de haut niveau chargé d’analyser la situation et de proposer des mesures, notamment des amendements à l’Energy Efficiency Act afin de renforcer la lutte contre le gaspillage électrique. Il a insisté sur le fait que l’éclairage excessif dans les centres commerciaux, les bâtiments publics ou les écoles, ainsi que l’usage prolongé de la climatisation auront désormais un impact direct sur la consommation d’huile lourde et ne pourront plus être tolérés. «La situation est préoccupante et chacun doit contribuer à limiter le gaspillage d’électricité.»
Depuis le 3 mars, le CEB a lancé un appel d’offres international parallèlement aux commandes de la STC, afin de ne pas dépendre uniquement de Singapour. L’appel se clôturera le 1ᵉʳ avril. De plus, un Memorandum of Understanding avec le gouvernement indien, notamment avec Indian Oil, est prévu pour juin-juillet afin de faciliter l’achat de produits pétroliers. Des démarches sont également en cours pour augmenter la capacité de stockage nationale, actuellement équivalente à 50 jours de consommation, avec la participation des autorités maritimes pour explorer ces possibilités.
Le ministre a enfin évoqué son récent déplacement en Inde, où il a participé au Bharat Electricity Summit 2026 à New Delhi, en compagnie du directeur général du CEB, Shamshir Mukoon, et d’une délégation. Il a rencontré le ministre indien de l’Énergie, Shri Manohar Lal, pour discuter de partenariats bilatéraux.
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