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Film documentaire

«Kreol Morisien pa mank lesouf»

23 mars 2026, 12:00

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«Kreol Morisien pa mank lesouf»

Comme un ouf de soulagement. Un de ces sentiments qui vous nouent le ventre parce que l’on sait que l’irrémédiable n’attend pas. Alors dans la salle obscure, on s’est calé encore plus profondément dans le fauteuil de MCine Tribeca. Pour écouter ces figures majeures qui ont marqué les avancées du Kreol Morisien (KM) vers la reconnaissance officielle.

Ce ouf de soulagement, nous l’avons poussé le mercredi 18 mars, à l’avant-première du film documentaire de Gopalen Chellapermal : Nou Kreol, souf nou nasion. Le réalisateur a pris le temps. Celui de laisser parler Vinesh Hookoomsing. Celui d’écouter Dev Virahsawmy, aujourd’hui disparu. Celui de prêter l’oreille à Arnaud Carpooran, qui depuis 20 ans a surmonté tant d’obstacles. Pour que le Diksioner Morisien ait enfin son mot à dire.

Entre les hommes de sciences, les paroles d’experts qui égrènent les différentes théories de création des langues créoles, le réalisateur juxtapose l’homme de la rue, l’artiste (dont les dramaturges Henri Favory et Gaston Valayden). Celle qui fait la liaison entre toutes prises de parole, qui sonnent comme des prises de position : la Dr Nita Rughoonundun-Chellapermal, linguiste et pédagogue, ancienne responsable de la Kreol Unit au Mauritius Institute of Education, et épouse du réalisateur. De son fauteuil en rotin, dans une prise de vue de plein air, c’est comme un cours magistral sur l’histoire des créoles, puis du KM qu’elle livre.

La perspective de ce film documentaire est avant tout historique. Raconter en 1 h 40 – ce qui est un temps relativement long pour nos temps d’attention trop conditionnés par le défilement des images des réseaux sociaux – l’évolution d’un parler né de confrontations, de déracinement. Avant tout un bel exemple de la diversité, autant que des similarités de la créativité humaine aussi.

Les non-initiés ont droit à un cours en accéléré. Les convaincus voient un panorama qui se veut exhaustif non seulement de la langue, mais surtout de ceux qui l’ont défendue, la défendent, la défendront. Avec gros plan sur la speaker, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, qui a pris position en faveur de l’entrée du KM au Parlement. Qui a commandité un rapport. Ledit rapport qui a été remis aux autorités compétentes et dont on attend les retombées.

Ce film documentaire, sans aucune référence partisane, c’est aussi l’histoire d’un combat. Où chaque détail compte. C’est aussi en cela que l’œuvre de Gopalen Chellapermal est un acte de foi. Il ne fait pas que recenser. Et nommer. Il entend agir. Conscientiser. Pour que l’on n’oublie pas que même si le KM est enseigné à l’école comme matière optionnelle, la route est encore longue vers le statut de médium d’enseignement. Que même si le KM est enseigné, il l’est en même temps que des langues ancestrales. Ce qui pose dilemme à ceux qui voudrait apprendre le KM autant qu’une langue ancestrale. Nous ne pouvons que souhaiter longue vie à ce film documentaire. Pas seulement dans des festivals à l’étranger. Mais surtout qu’il soit vu par le plus grand nombre lor later mama Moris

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