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Questions à…
Aslam Hossenally : «Le réseau d’égouts colonial complique certaines opérations d’assainissement»
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Aslam Hossenally : «Le réseau d’égouts colonial complique certaines opérations d’assainissement»
Aslam Hossenally, lord-maire.
Avec la hausse des cas de leptospirose, le marché central de Port-Louis suscite de vives inquiétudes sanitaires. Aslam Hossenally, lord-maire, détaille les mesures mises en place pour lutter contre la prolifération des rats et protéger commerçants et visiteurs. Après une fermeture temporaire pour un nettoyage en profondeur, le marché bénéficie désormais d’un protocole d’hygiène renforcé, de dératisations régulières et d’inspections strictes. La dernière opération de cette ampleur remontait au confinement de 2020.
? Avec la hausse des cas de leptospirose, le marché central est souvent pointé du doigt comme un lieu à risque. Cette situation vous inquiète-t-elle ?
Oui, la présence des rats sur le marché reste un sujet de préoccupation. Malgré des opérations régulières de dératisation, le marché continue d’être un site de nourrissage privilégié pour ces rongeurs, et leur prolifération s’observe également dans les espaces publics où sont jetés les déchets.
Le marché central de Port-Louis était fermé depuis le 11 mars et a rouvert ses portes le vendredi 13. La raison est simple : un nettoyage en profondeur était en cours et les drains ont été débouchés. L’objectif : éliminer les rats et d’améliorer les conditions sanitaires du marché, afin d’offrir un environnement plus propre et plus sûr pour les commerçants et les visiteurs.
Pour limiter les risques, nous avons mis en place un protocole d’hygiène quotidien strict. Les déchets sont collectés et évacués le jour même, les allées sont nettoyées avec des détergents et rincées après la fermeture, une entreprise spécialisée intervient deux fois par semaine pour la dératisation, et les canalisations sont entretenues régulièrement.
? Beaucoup de marchands laissent leurs produits sur les étals pendant la nuit, ce qui attire les rats. Quelle est votre position sur cette pratique et quelles actions concrètes la municipalité met-elle en place ?
Conformément à l’article 17 du Règlement du marché Central de 2016, il est formellement interdit de laisser des effets personnels ou des marchandises sur place après la fermeture. Nous comprenons toutefois que des difficultés logistiques, notamment le manque d’espace pour le chargement et le déchargement, aient pu conduire à des tolérances par le passé.
Aujourd’hui, le respect des règles est plus strictement appliqué. Les fruits et légumes restants doivent être correctement couverts, et nous demandons aux commerçants de ne pas laisser leurs marchandises sur les étals après la fermeture afin de limiter les risques sanitaires.
? Au-delà du marché central, la prolifération des rats constitue-t-elle un problème plus large dans la capitale ? Faut-il renforcer les contrôles ou envisager des sanctions pour les marchands qui ne respectent pas les règles d’hygiène ?
La lutte contre les nuisibles est une priorité pour toute la ville. Notre prestataire, Eradicators Ltd, assure la dératisation de 53 sites municipaux, y compris les marchés et les foires. Nous avons également renforcé la fréquence des patrouilles des inspecteurs de marché pour garantir la propreté des étals et la conformité des produits destinés à la consommation humaine. La viande, le poisson et la volaille sont systématiquement conservés dans des congélateurs ou des chambres froides après la fermeture du marché.
Des inspections quotidiennes sont effectuées et plusieurs infractions ont déjà été constatées, notamment pour dépôt d’ordures ou vente de produits impropres à la consommation, et des poursuites sont en cours.
? Plusieurs habitants dénoncent des déchets abandonnés sur les trottoirs, dans les rues ou dans les canaux. Comment la municipalité compte-t-elle lutter contre ces pratiques ? Travaillezvous avec les autorités concernées pour renforcer les inspections et améliorer le système de collecte des déchets ?
La collecte des déchets est organisée deux fois par jour dans le centre-ville et deux à trois fois par semaine dans les autres quartiers de Port-Louis, afin de garantir un environnement sain et sûr pour la population. Le nettoyage régulier des canaux, des égouts et des terrains vagues contribue également à limiter la prolifération des rongeurs.
Nous travaillons en étroite collaboration avec le ministère de la Santé et du bien-être, le ministère des Collectivités locales, le ministère de l’Environnement et la Police de l’environnement. Une surveillance renforcée sera mise en place dans les zones où des dépôts sauvages sont constatés afin de prévenir ces pratiques et protéger la population.
? Face à la situation actuelle, quelles mesures urgentes mettez-vous en place pour protéger la population contre la leptospirose et, à plus long terme, pour améliorer l’hygiène et la propreté dans toute la capitale ?
Nos mesures immédiates portent sur un assainissement rigoureux et le respect strict de la réglementation. Les déchets sont collectés régulièrement, les égouts, canaux et rivières sont nettoyés, et un nettoyage en profondeur des marchés est réalisé avec des détergents et un rinçage complet des allées. Nous avons également amélioré les méthodes de surveillance et d’appâtage avec notre prestataire et intensifié les patrouilles avec la Police de l’environnement pour sanctionner les dépôts sauvages.
À plus long terme, la nouvelle loi sur la gestion des déchets solides et la valorisation des ressources, applicable à partir de 2027, transformera la gestion des déchets grâce au tri à la source. Nous sensibilisons les citoyens par des communiqués de presse et sollicitons une aide financière de Rs 2 millions pour la mise en place d’appâts deux fois par mois dans différents quartiers.
La principale contrainte est que le réseau d’égouts du centre-ville, construit à l’époque coloniale, reste en grande partie inaccessible, ce qui complique certaines opérations d’assainissement.
■ Les inspections quotidiennes ont permis de relever plusieurs infractions au marché central.
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