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Sondage Afrobarometer

94 % des Mauriciens disent oui à l’éducation sexuelle à l’école

19 mars 2026, 14:00

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94 % des Mauriciens disent oui à l’éducation sexuelle à l’école

■ Les Mauriciens soutiennent fortement l’autonomie des femmes dans le mariage et la maternité.

Une large majorité de Mauriciens soutient aujourd’hui l’accès aux contraceptifs et l’autonomie des femmes en matière de santé reproductive. Selon l’enquête d’Afrobarometer, 68% estiment que la contraception devrait être accessible à toute personne sexuellement active, quel que soit son statut marital, tandis que 56% considèrent qu’elle devrait être disponible quel que soit l’âge. En outre, ce soutien varie selon le profil des répondants, puisque les jeunes de 18 à 34 ans sont plus favorables (64%) que leurs aînés (35% à 57%), de même que les hommes (59%) et les habitants urbains (60%) plus que les femmes (52%) et les populations rurales (53%). Par ailleurs, le niveau d’éducation joue un rôle important, le soutien passant de 37% chez les moins instruits à 57% et 60% chez ceux ayant un niveau secondaire ou post-secondaire, tandis que les personnes économiquement défavorisées montrent moins d’adhésion à la disponibilité universelle de la contraception (51% contre 59% pour les mieux lotis).

Concernant l’avortement, la majorité des Mauriciens considère qu’il est «parfois» ou «toujours» justifié si la grossesse menace la santé ou la vie de la femme (91%) ou résulte d’un viol ou d’un inceste (82%). De plus, 61% jugent l’avortement acceptable si la femme ne peut subvenir économiquement aux besoins de l’enfant, et 53% s’y disent favorables lorsqu’une grossesse est non désirée «pour toute raison». Les femmes sont légèrement plus enclines que les hommes à considérer l’avortement justifié dans ces situations, avec une différence de 2 à 5 points de pourcentage.

En ce qui concerne l’éducation, les Mauriciens soutiennent massivement l’enseignement de la sexualité dans les écoles, puisque 94% des citoyens l’approuvent afin de permettre aux jeunes de prendre des décisions éclairées, et seulement 1% y sont opposés. De surcroît, 66% estiment que les filles enceintes devraient pouvoir poursuivre leur scolarité, tandis que seulement 18% s’y opposent. Ces positions reflètent les politiques nationales, telles que le plan national de politique de santé sexuelle et reproductive 2022-2027, qui vise à aider les femmes et les filles à faire des choix éclairés concernant leur santé sexuelle, ainsi que l’intégration de l’éducation à la sexualité dans le curriculum scolaire, couvrant des sujets tels que la puberté, le mariage, le harcèlement sexuel, la contraception, la grossesse et la santé sexuelle et reproductive.

Malgré ces progrès, cer- taines difficultés persistent. Le nombre de grossesses adolescentes, bien qu’en diminution par rapport aux années précédentes, a légèrement augmenté récemment, passant de 159 cas en 2022 à 170 en 2024, ce qui peut affecter la réussite scolaire, la fréquentation et l’achèvement des études. Pour y remédier, des mesures de soutien psychologique et des espaces pour l’allaitement sont mis à disposition dans les écoles afin d’accompagner les jeunes mères.

Enfin, les Mauriciens soutiennent fortement l’autonomie des femmes dans le mariage et la maternité. Ainsi, 86% estiment que les femmes et les filles devraient pouvoir décider librement si et quand elles souhaitent se marier, et 77% qu’elles devraient choisir combien d’enfants avoir et quand. Sur ces points, les femmes sont encore plus favorables que les hommes, avec 92% pour l’autonomie dans le mariage et 86% pour la maternité, contre 81% et 68% respectivement chez les hommes.

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