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Prisons
Le commissaire Jokhoo jette l’éponge après un an
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Le commissaire Jokhoo jette l’éponge après un an
Le Mauritius Prison Service tourne une page de son histoire avec la démission de son commissaire, Dev Jokhoo, dont le contrat allait expirer dans un an et un mois.
Dans un premier temps, sollicité par l’express, Dev Jokhoo a nié démissionner, nous gratifiant d'un «J’y suis, j’y reste !». Mais la communication officielle qu’il a adressée peu après à l’ensemble de son personnel ne faisait aucun doute quant à sa démission.
Dans une lettre datée du 18 mars, il leur annonce qu’il quitte ses fonctions après 11 mois (ndlr, il a été nommé le 23 avril 2025 pour deux ans). Recontacté par l’express, il a admis qu’il démissionnait et a avancé qu’il le faisait pour «raisons personnelles», affirmant n’avoir subi «aucune pression politique».
Dans sa lettre au personnel pénitencier, il a qualifié son mandat d’«intense», soulignant que le travail au sein du service pénitentiaire est une mission exigeante, nécessitant un engagement 24 heures sur 24, sept jours sur sept, et souvent au détriment de la vie familiale. Il a remercié ses équipes pour leur soutien «contre vents et marées» et a mis en avant les initiatives entreprises sous sa direction, notamment des ateliers et des séminaires destinés à renforcer les compétences du personnel.
Parmi ses réalisations, il évoque aussi «une première historique», soit l’envoi de 30 membres du personnel pénitencier en Inde pour une formation de 15 jours axée sur le renforcement des capacités. On sent une pointe de regret dans son ton lorsqu’il leur dit qu’il aurait souhaité être là pour leur dire au revoir et les accueillir à leur retour de la Grande Péninsule.
Conscient des changements à venir, il a préparé ses équipes à l’arrivée d’un nouveau commissaire et à d’éventuelles réaffectations, les encourageant à continuer à servir l’institution, le pays et le gouvernement avec loyauté. Il a conclu en adressant ses vœux à l’ensemble du personnel à l’occasion d’Ugadi et des prochaines fêtes d’Eid-ul-Fitr et de la Pâques, leur souhaitant prospérité et réussite.
Ce départ serait-il lié aux critiques à son égard par le vice-Premier ministre ? Bien que des sources gouvernementales le démentent, depuis plusieurs semaines, Dev Jokhoo faisait l’objet de critiques de la part de Paul Bérenger, qui a qualifié la gestion des prisons de «mismanagement». Le 12 janvier dernier, lors d’une conférence de presse, le vice-Premier ministre avait tiré à boulets rouges sur Dev Jokhoo, lui reprochant son silence après des allégations de traitement de faveur à certains détenus, dont Mamy Ravatomanga. «Il n’y a pas de mise au point du commissaire des prisons… Mais dans quel pays vivons-nous ?», avait-il lancé, visiblement irrité.
Dans le même élan, il s’en était également pris au Commissaire de police, qualifiant sa communication de «grand show» visant à regagner la confiance du public. Selon Paul Bérenger, il ne suffisait pas d’annoncer que l’on «remue ciel et terre», il fallait apporter des résultats concrets et résoudre les problèmes pour mériter la confiance de la population.
Malgré les démentis, une question reste en suspens : après Dev Jokhoo, qui sera le prochain à prendre la porte de sortie ?
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