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Vision 2050
Le tourisme ouvre les consultations sectorielles
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Vision 2050
Le tourisme ouvre les consultations sectorielles
La rencontre a réuni plus d’une vingtaine d’acteurs du secteur du tourisme, le 13 mars, à Ébène.
Le secteur du tourisme a lancé les premières consultations sectorielles dans le cadre deVision 2050, initiative pilotée par le ministère des Services financiers et de la planification économique afin de définir les orientations stratégiques du développement économique de Maurice pour les 25 prochaines années. La rencontre, organisée le 13 mars à Ébène, a réuni pendant quatre heures plus d’une vingtaine d’acteurs du secteur : représentants de ministères, opérateurs hôteliers de différentes catégories, acteurs du transport aérien, organisations non gouvernementales et agences de promotion touristique.
Cette session a inauguré une série de consultations destinées à recueillir les propositions des différents secteurs économiques afin d’alimenter la réflexion autour de la stratégie nationale à long terme. Le choix du tourisme pour ouvrir ces discussions s’explique par le fait que le secteur demeure l’un des piliers de l’économie mauricienne. En 2025, le pays a accueilli 1,4 million de visiteurs, générant plus de Rs 103 milliards de recettes, pour une contribution moyenne comprise entre 8% et 9% du produit intérieur brut. Ces performances témoignent de la solidité du secteur, mais soulèvent également des interrogations sur son évolution future.
La ministre des Services financiers, Jyoti Jeetun, a d’emblée posé des questions sur la pérennité du secteur, évoquant notamment la nécessité de renforcer la durabilité du tourisme mauricien, d’en diversifier l’offre, et de trouver un équilibre entre la croissance du nombre de visiteurs et la création de valeur économique. La ministre a insisté sur l’importance d’une meilleure intégration du tourisme dans l’économie locale afin d’élargir les opportunités pour les entreprises et les travailleurs mauriciens.
Jyoti Jeetun a également mis en avant un des créneaux qui est sous-exploité, à savoir le développement du tourisme MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions). L’objectif serait de positionner Maurice comme une destination capable d’accueillir des événements internationaux d’envergure, tels que des conférences économiques ou des forums d’affaires, en complément du tourisme de loisirs qui constitue déjà un pilier de l’attractivité du pays.
Les consultations sectorielles sont organisées sous forme de coprésidence associant secteurs public et privé. Pour le tourisme, cette responsabilité a été confiée à Ashwin Seetaram, directeur du Tourisme, et à Jocelyn Kwok, Chief Executive Officer (CEO) de l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice (AHRIM).
Lors de cette rencontre, Ashwin Seetaram a présenté les grandes orientations du projet de plan stratégique du tourisme, un document encore en phase de finalisation et dont la validation gouvernementale est attendue prochainement. Ce plan repose sur une approche intégrée du développement touristique, visant à relier différents éléments de l’expérience mauricienne, notamment la culture, la nature et les resorts, ainsi que les villes et les villages. L’objectif est notamment d’encourager les visiteurs à découvrir davantage l’intérieur de l’île. Selon lui, deux axes devraient jouer un rôle central dans cette vision : l’économie bleue, liée à la valorisation durable des ressources marines, et la compétitivité verte, qui implique une transition vers des pratiques touristiques plus respectueuses de l’environnement. Il a également évoqué la nécessité de mieux intégrer progressivement le secteur informel dans l’écosystème touristique.
Pour Jocelyn Kwok, les choix stratégiques ne doivent pas opposer les différentes orientations possibles du secteur. Il a plaidé pour une approche d’«additivité», dans laquelle plusieurs pistes de développement peuvent être poursuivies simultanément. Le CEO de l’AHRIM a également attiré l’attention sur un enjeu important lié aux données. Selon lui, près de la moitié des touristes séjournent aujourd’hui en dehors du circuit hôtelier traditionnel, notamment dans des logements de location. Cette réalité demeure imparfaitement mesurée dans les statistiques existantes, ce qui complique l’élaboration de politiques publiques efficaces. «On ne peut pas planifier ce qu’on ne mesure pas», a-t-il souligné.
Au cours de la session, les participants ont été répartis en trois groupes de travail thématiques: prospérité économique, emploi et revenus, et durabilité. Plusieurs pistes de réflexion ont émergé de ces échanges. Parmi les recommandations évoquées figurent le renforcement des infrastructures de transport aérien, une meilleure valorisation du patrimoine culturel à travers les musées publics, le développement touristique de Rodrigues et de Saint-Brandon comme destinations distinctes ainsi que la création d’emplois plus qualifiés afin d’augmenter la valeur ajoutée du secteur. Les discussions ont également porté sur la régulation des tarifs de taxi afin d’améliorer la transparence pour les visiteurs et sur la nécessité de développer des synergies entre les secteurs formel et informel.
Les prochaines consultations sectorielles prévues dans le cadre de Vision 2050 porteront notamment sur l’économie circulaire, les enjeux liés à l’immobilier, au logement et à l’aménagement du territoire, dans une perspective de développement durable à long terme.
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