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Chagos : le PM dément toute poursuite contre le Royaume-Uni
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Chagos : le PM dément toute poursuite contre le Royaume-Uni
Trois députés ont adressé des questions quasi similaires au Premier ministre Navin Ramgoolam au sujet du retard dans la ratification du traité sur l’archipel des Chagos. Le chef du gouvernement a rappelé que l’accord signé le 22 mai 2025 entre Maurice et le Royaume-Uni reconnaît la souveraineté mauricienne sur l’archipel des Chagos, y compris Diego Garcia. Cependant, comme l’a souligné Navin Ramgoolam, cet accord ne peut entrer en vigueur qu’après sa ratification par les deux pays, un processus toujours en attente au Royaume-Uni faute d’adoption du projet de loi par son Parlement.
Cette situation a des répercussions directes sur les finances publiques mauriciennes. Le Premier ministre a expliqué qu’un montant de Rs 10 milliards avait été inscrit comme recette dans le Budget 2025-2026, sur la base de l’hypothèse d’une ratification rapide du traité. En l’absence de celle-ci, ce montant ne sera pas versé durant l’exercice en cours.
Le manque à gagner est conséquent. Navin Ramgoolam a indiqué qu’il en résulterait un déficit de recettes équivalent à Rs 10 milliards. À conditions égales, cela entraînera une augmentation du déficit budgétaire du même montant, soit environ 1,3% du Produit intérieur brut. Par effet mécanique, la dette du secteur public connaîtra également une hausse proportionnelle. Au-delà du budget, l’impact se fera aussi sentir sur les équilibres extérieurs. Le retard dans la ratification du traité signifie également une diminution des entrées de devises attendues. Cette situation exercera une pression supplémentaire sur le marché des changes, dans un contexte déjà marqué par des tensions sur les devises étrangères.
Pour faire face à cette situation, le ministère des Finances a déjà enclenché plusieurs mesures. Le Premier ministre a évoqué un renforcement du contrôle des dépenses courantes, avec un accent particulier sur la réduction du gaspillage. Une révision des priorités en matière de projets d’investissement est également en cours, avec la mise en avant des projets à fort impact économique, tandis que ceux jugés moins urgents pourraient être reportés.
Par ailleurs, un encadrement plus strict des organismes publics est envisagé afin d’améliorer leur efficacité et de limiter les transferts budgétaires. Le gouvernement entend également optimiser l’utilisation des liquidités disponibles dans le secteur public pour réduire le recours à de nouveaux emprunts.
Interrogé par le leader de l’opposition, Joe Lesjongard, sur l’inclusion des Rs 10 milliards dans le Budget, Navin Ramgoolam a rejeté cette critique. Il a soutenu que l’accord étant déjà signé, la ratification ne constituait qu’une étape procédurale attendue. Il a toutefois reconnu que certains blocages sont intervenus, notamment du côté américain.
Le Premier ministre a expliqué que les discussions se poursuivent avec les partenaires concernés, évoquant plusieurs ajustements acceptés par Maurice dans le cadre des négociations. Parmi ceux-ci figurent des demandes relatives à la composition et aux modalités de fonctionnement de la commission associée à l’accord.
De son côté, Adrien Duval a soulevé la possibilité d’un recours légal si les États-Unis continuaient à freiner le processus. Sur ce point, Navin Ramgoolam s’est montré prudent. Il a confirmé que toutes les options étaient à l’étude, avec l’appui non seulement des services juridiques de l’État et de l’Attorney General, mais aussi d’une équipe internationale d’avocats.
Le chef du gouvernement a toutefois tenu à démentir certaines informations relayées dans la presse britannique, selon lesquelles Maurice envisagerait déjà d’engager des poursuites. Il a insisté sur le fait qu’aucune décision n’avait été arrêtée à ce stade, tout en réaffirmant que le pays dispose de plusieurs leviers d’action.
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