Publicité

Rentrée parlementaire

Treize Mauves sur 18 se sont présentés à l’Assemblée nationale

18 mars 2026, 05:30

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Treize Mauves sur 18 se sont présentés à l’Assemblée nationale

L’incertitude règne. Annoncé comme un possible tournant politique, ce mardi 17 mars n’a finalement débouché sur aucune démission du Deputy Prime Minister (DPM), malgré les signaux forts envoyés la veille.

Lors d’une conférence de presse tenue le lundi 16 mars, le leader du Mouvement militant mauricien (MMM) avait créé la surprise en évoquant ouvertement la possibilité de quitter ses fonctions. Paul Bérenger avait également indiqué qu’il ne serait pas présent au Parlement le lendemain, alimentant les spéculations sur une décision imminente. «Mo pa pou al Parlman demin. Seki anvi ale, kapav ale», avait lancé Paul Bérenger.

Une consigne déguisée, laissant à chacun la liberté – ou «la responsabilité» – de se positionner. Comme annoncé, il ne s’est pas rendu au Parlement hier. Selon son entourage, il est resté chez lui tout au long de la journée, sans faire de déclaration publique. Contrairement aux attentes, aucune annonce officielle de démission n’est venue clarifier la situation.

Dans l’hémicycle, le constat est sans appel : presque tous étaient présents. Ministres, junior ministers et députés du MMM avaient, pour la grande majorité, répondu à l’appel pour la reprise des travaux parlementaires. Seules absences notables : Joanna Bérenger, Chetan Baboolall, Reza Uteem et Veda Baloomoody, ces deux derniers étant en déplacement à l’étranger.

L’hémicycle a retrouvé son agitation habituelle : salutations, discussions feutrées, regards complices entre collègues… Tout semblait indiquer une reprise classique des travaux parlementaires. Et pourtant, une absence pesait lourdement dans l’air : celle du DPM.

Dès les premières minutes, les regards se sont portés sur les bancs occupés et ceux laissés vides. Du côté du MMM, on note la présence des ministres Rajesh Bhagwan, Ajay Gunness, Arianne Navarre-Marie, Aadil Ameer Meea, Jyoti Jeetun et Deven Nagalingum. Celle des junior ministers Karen Foo Kune-Bacha et Fawzi Allymun, tout comme Govinden Venkatasami et les députés Ram Etwareea, Tony Apollon, Raveen Jugernauth et Ludovic Caserne. Depuis la galerie, les journalistes tendaient le cou, carnet en main, s’empressant de relever les noms des membres du MMM ayant répondu à l’appel. Car au-delà de la séance, c’est bien l’attitude du parti qui était observée.

L’une des grandes surprises de cette reprise parlementaire a été la présence de Rajesh Bhagwan dans l’hémicycle, considéré comme le «bulldozer» et l’un des vieux militants toujours aux côtés de Paul Bérenger. Sa présence soulève des interrogations : va-t-il rester au gouvernement ou suivre son leader aujourd’hui ?

Certains signes rappelaient toutefois les lignes de fracture en arrière-plan : trois cravates mauves – celles de Ram Etwareea (rarement cravaté), Ajay Gunness et Rajesh Bhagwan – semblaient marquer une appartenance toujours revendiquée, malgré les incertitudes.

Parmi les absents, Reza Uteem, contacté, a souligné : «My position is clear and known: I don’t want MMM to leave the government and will do all that I can for that not to happen. But if despite my efforts and hopes Paul resigns, then we will decide in the MMM what to do next.»

Quant à Veda Baloomoody, également contacté, il a indiqué être à l’étranger pour des raisons médicales et a exprimé le souhait que le MMM ne quitte pas le gouvernement, sans vouloir en dire davantage.

En coulisses, le flou demeure. Des proches du leader mauve reconnaissent eux-mêmes la difficulté à anticiper ses décisions. «Le personnage Bérenger est difficile à cerner», confie-t-on, soulignant une imprévisibilité qui entretient le suspense autour de son avenir politique.

Sauf rebondissement, la réponse devrait intervenir aujourd’hui, à l’issue du comité central du MMM prévu au Hennessy Park Hotel. Une échéance désormais scrutée de près, tant par la classe politique que par l’opinion publique.

En attendant, Paul Bérenger laisse le pays dans l’expectative, entre silence stratégique et calcul politique.

Publicité