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Journée internationale des droits des femmes
Alain Auriant: «Pourquoi pas une femme Première ministre à Maurice ?»
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Journée internationale des droits des femmes
Alain Auriant: «Pourquoi pas une femme Première ministre à Maurice ?»
À la date symbolique du 8 mars, l’artiste et travailleur social Alain Auriant a lancé un clip ainsi qu’une campagne Small Step Matters afin de sensibiliser sur les droits de la femme et les droits humains. Son ambition : diffuser son dernier album sous forme de kits pédagogiques incluant une version karaoké pour toucher les plus jeunes. La concrétisation du projet «Chantons les droits humains !» dépend du soutien des donateurs individuels et des entreprises.
Comment votre engagement social nourrit-il votre inspiration et votre carrière artistique ?
En tant qu’artiste, je ne peux rester insensible à tout ce que je vis dans mon quotidien et au sein de l’association Mouvement forces vives quartier EDC de Rose-Belle. Cette cité est une poche de pauvreté dans laquelle j’ai grandi, et dans laquelle je vis et je travaille. J’observe tout ce qui s’y déroule de positif mais aussi de négatif. Les droits humains y sont souvent bafoués et de nombreux habitants plongés dans le désespoir. Pour ne citer que quelques exemples, j’ai vu un artisan, les pieds écrasés par un véhicule, survivre avec une pension dérisoire… alors que dans le même temps, la voiture (endommagée par la révolte des habitants) avait donné lieu à une indemnisation. Mais quelle compensation pour la victime à la hauteur de son infirmité ? Dans notre quartier, je constate également l’empreinte néfaste du communalisme. Des couples de communautés religieuses différentes sont parfois dissuadés de s’unir officiellement par le mariage, et des mamans sont finalement délaissées et livrées à elles-mêmes pour élever des enfants nés hors mariage… Je remarque alors les difficultés qu’elles rencontrent et la reproduction transgénérationnelle des familles monoparentales, source de situation de pauvreté. De même, l’analphabétisme «semble se transmettre de génération en génération», si je puis m’exprimer ainsi. Dans les familles nombreuses, des enfants aussi jeunes que six ans doivent parfois rester à la maison pour garder leurs frères et sœurs au lieu de se rendre à l’école ! Dans des cas pareils, nous pouvons être amenés avec l’association à référer des familles aux autorités, car les droits de l’enfant nous tiennent à cœur. Je précise que cela vaut pour moi, mais aussi pour toute l’équipe de jeunes professionnels engagés au Mouvement forces vives quartier EDC, Rose-Belle.
Dans le passé, vous avez également combattu pour le droit au logement et en particulier le droit à un logement sain…
Un combat qui perdure encore aujourd’hui. Mon combat pour l’élimination à 100 % des maisons contenant de l’amiante n’a pas encore abouti totalement dans mon quartier. Sur les 110 logements dangereux recensés à la cité EDC, plus d’une cinquantaine ont pu être reconstruits avec des matériaux sans danger pour la santé, mais 32 familles en particulier attendent encore un logement «sain». Pour en revenir à mes sources d’inspiration pour mes chansons, je remercie Dieu de me donner l’inspiration pour mettre ses situations difficiles en lumière !
Vous avez toujours été un homme de plaidoyer, depuis votre engagement il y a une vingtaine d’années au sein de la section mauricienne d’Amnesty international. Comment votre engagement a-t-il débuté ?
À l’époque, je me souviens que nous militions contre le racisme et le communalisme. Je remarque que le plaidoyer passe par divers chemins, comme l’écriture de rapports. C’est un versant du plaidoyer. Je suis aujourd’hui membre ordinaire de l’association Droits humains océan Indien (Dis-Moi). Mais audelà de la soumission des rapports au niveau international, c’est primordial de faire des propositions constructives et de la sensibilisation touchant toutes les couches de la société : les différentes tranches d’âges, les zones urbaines, mais aussi rurales… C’est cette dimension que je vise avec la diffusion de l’album à la radio, à la télévision et avec les kits pédagogiques sous forme de clé USB pour pénétrer les établissements scolaires, les écoles primaires, les collèges, les clubs de jeunesse, les associations… Derrière l’idée d’utiliser mon dernier album sous forme de karaoké, il y a la volonté de toucher les cœurs, comme la musique et les textes peuvent si bien le faire.
Y compris jusqu’à Rodrigues. C’est important à vos yeux ?
Très. Mes chansons ont toujours eu un bon accueil à Rodrigues, même si les réalités en matière de droits humains sont différentes de Maurice. J’aimerais me produire en concert à Rodrigues plus souvent, mais c’est difficile car je suis auto-producteur.

Les fonds, c’est d’ailleurs ce que vous recherchez en priorité actuellement pour produire les clés USB intégrées dans les coffrets pédagogiques ?
Tout à fait. L’an passé, grâce à la plateforme Small Step Matters, nous avons pu réunir les fonds pour équiper une école maternelle, qui ouvrira dans les mois à venir dans notre quartier à Rose-Belle et qui sera gérée par le Mouvement forces vives quartier EDC. C’est donc tout naturellement que j’ai contacté la plateforme solidaire nationale pour ce projet baptisé «Chantons les droits humains !». Je lance un appel aux entreprises et aux citoyens pour contribuer financièrement avec un don à ce projet.
Symboliquement, la campagne Small Step Matters «Chantons les droits humains !» a été lancée en amont de la Journée internationale des droits des femmes avec un clip intitulé «Parlons-en, parlons-en». En tant qu’artiste et activiste, les droits de la femme vous concernent-ils particulièrement ?
Oui, au même titre que les droits de l’enfant, les droits des personnes âgées, les droits des personnes en situation de handicap… Pour en revenir aux femmes, mon souhait est que dans les années à venir, beaucoup plus de femmes leaders soient élues et prennent en main l’avenir du pays. Regardez le nombre de jeunes femmes qui sont lauréates du Higher School Certificate chaque année. Le nombre de femmes qui cumulent à la fois l’expérience au niveau social et communautaire, l’expérience professionnelle, le niveau d’éducation et l’expérience aussi d’encadrer une famille.
Nombre de femmes mauriciennes sont admirables. Alors pourquoi pas une femme Première ministre à Maurice ? Le Royaume-Uni a bien eu Mme Margaret Thatcher et l’Allemagne la chancelière Angela Merkel. Pourquoi pas une femme à la tête de l’île Maurice ? Bien entendu, c’est un travail d’équipe. Cette femme leader devrait être épaulée par une équipe forte et compétente. Dans certaines familles, j’observe que des sœurs sont des diamants pour soutenir leurs frères, pour porter une vision et la famille tout entière. Alors pourquoi pas une femme pour mener Maurice à bon port, vers un développement inclusif ? Vers un développement réellement inclusif, c’est-à-dire incluant les communautés les plus vulnérables. J’y crois !
Comment soutenir alain auriant ?
Artiste engagé, Alain Auriant souhaite concrétiser son projet d’offrir aux écoles et aux associations une clé USB contenant un karaoké pour sensibiliser sur les droits humains à travers des chansons. Pour ce projet sans but lucratif, les entreprises et les citoyens sont invités à contribuer.
• Par Juice : Small Step Matters est accessible facilement via «Pay a Merchant». Merci de spécifier un mot-clé comme référence avec le virement : Chantons !
• Numéro de compte MCB - Small Step Matters : 000444289887. Référence : Chantons !
• Numéro de compte IBAN pour les donations depuis l’étranger : MU59MCBL0944000444289887000
• Pour les contributions CSR, contact : [email protected]
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