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Disparition inexpliquée de Deepika Bhunjun

Elle avait dénoncé son compagnon pour violence domestique à deux reprises

12 mars 2026, 15:00

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Elle avait dénoncé son compagnon pour violence domestique à deux reprises

La famille Bhunjun vit depuis plusieurs semaines dans l’incompréhension. Yogeshwaree Bhunjun, 37 ans, connue comme Deepika, ne leur a plus donné signe de vie depuis le 14 janvier. C’est finalement grâce à une amie proche de la jeune femme et qui vit en Italie que l’énigme a pris une dimension alarmante. Celle-ci a contacté une tante de la trentenaire pour lui dire que Deepika avait encore eu des problèmes avec son compagnon, le lundi 23février. Choquée, la tante a tenté d’entrer en contact avec sa nièce.

Lors de leurs échanges ce jour-là, la jeune femme lui aurait confié que son compagnon voulait la mettre à la porte de leur maison. Une conversation qui résonne aujourd’hui douloureusement dans l’esprit de cette famille alors que la disparition de cette jeune mère est désormais traitée comme un possible meurtre par les enquêteurs.

Mardi, le 10 mars, l’enquête menée par des éléments de la Major Crimes Investigation Team (MCIT) a connu un tournant décisif. Leconcubin de la disparue, Arvind Parmanand Ramchurn, un médecin du privé, âgé de 48ans, a été arrêté. Cela faisait 12 ans qu’il vivait avec Deepika Bhunjun. Ensemble, ils ont eu deux enfants, une fillette de trois ans et un garçon de huit mois.

Traces de sang suspectes

Cette arrestation a été motivée par le fait que les policiers ont découvert des traces suspectes de sang dans son véhicule. Confronté à cet élément lors de son interrogatoire, l’homme aurait expliqué que ce sang provenait de morceaux de viande. Et a nié catégoriquement avoir tué sa compagne. Il a été traduit en cour de Pamplemousses, accusé provisoirement de meurtre. La police ayant objecté à sa remise en liberté, le médecin a été reconduit en cellule policière, le temps que l’enquête se poursuive.

Les proches de la disparue affirment l’avoir vu lors de son passage aux Casernes centrales où ils s’étaient rendus pour obtenir des informations sur l’enquête. La tante de Deepika a souligné avoir demandé des comptes au compagnon de sa nièce. «Monn dimann li ki linn fer ar mo nies», raconte la tante, encore bouleversée. Le médecin a répliqué qu’il ne lui a rien fait.

Dans la maison familiale à Lalmatie, la douleur est à son comble. Le père de la disparue, Suryaprakash Bhunjun, 62 ans, est inconsolable depuis la disparition de sa fille. «Ki zot finn fer ar mo zoli tifi ?» se demande-til, la voix brisée. La dernière fois qu’il l’a vue, c’était le 11 janvier. Elle était venue lui rendre visite avec ses deux enfants. Autour de lui, ses deux sœurs tentent de le réconforter dans cette épreuve. Mais l’angoisse demeure. Le père raconte qu’il a été contacté par la Brigade de la Famille, qui voulait savoir si sa fille était revenue chez ses parents. «Monn dir zot ki sa pa ti le ka. Lerla, samedi 7 mars, monn al station Plaine-des Papayes pou donne mo deklarasion», explique-t-il.

Tensions fréquentes

La tante de Deepika retrace, pour sa part, les derniers mois de la relation du couple. Selon elle, les tensions étaient fréquentes entre sa nièce et son compagnon, notamment après la naissance de leur dernier enfant. En septembre dernier, Deepika aurait même trouvé refuge dans un shelter, avant de revenir quelque temps plus tard à Lalmatie avec ses enfants.«Ils ont même été en cour pour essayer de régler leurs différends et recevoir des conseils sur leur vie de couple», explique-t-elle. Après cela, la situation semblait s’être apaisée, du moins jusqu’en décembre dernier. Le couple s’affichait, donnant l’impression que les choses s’étaient améliorées entre eux.

Mais depuis la fin de l’année dernière, les contacts entre Deepika et ses proches se sont raréfiés. Le 14 janvier, elle avait parlé à une autre tante. Puis, selon son amie vivant en Italie, les messages qu’elle lui a envoyé à partir du 19février sont restés sans réponse. C’est quatre jours plus tard, soit le 23 février, que Deepika lui a répondu. Depuis, elle n’a plus entendu parler de la jeune maman.

Plus de signe de vie depuis le 26 février

La disparition de Deepika Bhunjun remonte en fait au 26 février, date à laquelle elle aurait été vue pour la dernière fois au domicile qu’elle partageait avec son compagnon sur Mahatma Gandhi Road, à Fond-du-Sac, aurait dit ce dernier aux policiers. L’enquête a révélé qu’à deux reprises dans le passé, Deepika avait porté plainte pour violence domestique contre son compagnon au poste de police de Plaine des-Papayes. Autant d’éléments qui ont poussé les enquêteurs à traiter cette disparition comme un possible meurtre.

Pendant ce temps, à Lalmatie, l’espoir de retrouver la jeune femme vivante s’amenuise de jour en jour. La famille Bhunjun ne demande qu’une chose : savoir ce qui est arrivé à leur Deepika.

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