Publicité
#TêteCœurOuf
Penser autrement ou s’asservir : l’ultimatum du nouvel ordre géoéconomique
Par
Partager cet article
#TêteCœurOuf
Penser autrement ou s’asservir : l’ultimatum du nouvel ordre géoéconomique
«Montrez-moi l’incitation et je vous montrerai le résultat» Charlie Munger, Berkshire Hathaway
«On est conscient du manque d’expertise et de compétences. Trouver des personnes de confiance (loyauté/féauté) s’avère difficile !» C’est l’observation / excuse des proches du sanctuaire, à la suite de la parution du premier volet. Espérer que l’administration adopte, de son gré, un «nouvel état d’esprit en phase avec la rupture», comme j’avais conclu, est une supplique démesurée. Il lui faut une incitation majeure pour changer d’état d’esprit. Esquissons un tableau, délibérément dystopique, comme appât. D’abord, démythifions la dichotomie fallacieuse du dilemme compétence / loyauté, que traînaille le leadership comme un boulet.
? La trahison des «fidèles» : quand l’incompétence programmée sonne le glas
Les effondrements au Venezuela et en Iran démontrent une même leçon, ancienne comme Judas, mais aujourd’hui amplifiée par le numérique. Lorsqu’un régime sacrifie la compétence sur l’autel de la loyauté, le leader met en gage sa propre survie. Dans le nouvel ordre géoéconomique transactionnel, la loyauté s’achète avec aise.
Maduro, du Venezuela, n’a pas été vaincu par une armée étrangère, mais vendu par son «frère». Ce chef de la garde présidentielle, nommé pour son lien d’enfance, a désactivé les systèmes de défense aérienne et livré les coordonnées exactes de son maître pour une prime à huit chiffres. En Iran, la mécanique est identique, bien que plus sophistiquée. Les services de renseignement ont utilisé l’IA pour analyser le «pattern of life» des gardes du corps, avant de, paraît-il, corrompre ou faire chanter un initié pour valider la cible finale.
Ces deux séismes mettent en lumière une vérité aussi gênante que fondamentale. La loyauté sans compétence n’est qu’un leurre. La prise de conscience doit être celle-ci : la graine de la vulnérabilité existentielle est le choix aveuglé qui favorise ceux que l’on croyait indéfectibles.
? L’ennemi intérieur – les institutions fragiles
Le nouvel ordre géoéconomique est une incitation majeure pour motiver un changement d’approche. La classe politique et, surtout, ses faiseurs de rois, c’est-à-dire ceux qui les portent au pouvoir, devraient en tenir compte. C’est une cabale de financeurs et d’influenceurs, qui écrivent le scénario et régissent le déroulement des événements. Elle englobe un large éventail d’organisations socioculturelles, religieuses et de groupes d’intérêts divers. C’est, malheureusement, le produit du métissage de la démocratie et du tribalisme. La croix sur le bulletin devient presqu’un réflexe pavlovien ; clientélisme / tribalisme comme son de cloche.
Le nouvel ordre privilégie l’interventionnisme, substituant à la modération multilatérale, une coercition unilatérale fondée sur la loi du plus fort. La fragilité des institutions infectées devient l’«ennemi intérieur», le cheval de Troie de prédilection. L’affaiblissement des institutions, la corruption, les pièges de la dette et le manque de réformes des entreprises publiques, transforment les griefs légitimes en levier géoéconomique. L’intervention étrangère décuple et catalyse ce que les forces locales seules ne peuvent accomplir. L’effondrement du Sri Lanka en est la preuve. Le Bangladesh présente un tableau similaire. Ces deux cas ont été évoqués dans la chronique Banyan de L’Economist du 10 février, soulignant la manifestation des muscles géoéconomiques de l’Inde. Dans ce nouvel ordre multipolaire, les deux puissances émergentes de l’océan Indien, la Chine et l’Inde, façonnent désormais notre destin ; c’est la dure réalité.
? Un chômage à deux chiffres : une poudrière
Le taux de chômage des années 1970 atteignait le chiffre stupéfiant de 20 %. Il a marqué la fin du règne de sir Seewosagur Ramgoolam et l’avènement du nouveau cartel politique. Bien que le taux de chômage actuel soit de 5,6 %, celui des 16-24 ans atteint 16,6 % ! Ils représentent environ un tiers de la population sans-emploi. Ce risque est amplifié par la précarité de l’emploi, le faible niveau d’éducation et la polarisation politique. Maurice coche toutes ces cases.
La leçon commune tirée du Sri Lanka et du Bangladesh est impitoyable. La double vulnérabilité, d’une gouvernance fragile et d’un chômage des jeunes élevé, transforme la nation en poudrière. Dans un monde d’influence algorithmique et d’ingérence numérique, cette poudrière peut s’embraser de mille façons, et la mèche numérique est la plus pernicieuse et surtout violente.
Constat sévère et vertigineux, mais il n’a rien d’un cri de loup. Ignorer cette réalité avec désinvolture, c’est jouer avec le feu dans la poudrière. Le changement est inévitable, il adviendra, d’une manière ou d’une autre. La question qui vaille est celle-ci : subirons-nous sa violence, ou saurons-nous, dès maintenant, l’orienter selon nos valeurs. L’enjeu est clair : éviter une vassalisation / satellisation qui épuiserait progressivement notre autonomie économique et politique réelle via un régime fantoche autocratique.
Écouter Yves Montand sur YouTube ou Spotify : «Il est bien court, le temps des cerises».
Publicité
Publicité
Les plus récents