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Questions à …

Samraj Mahadia: «Nou pe travay zis pou roul lakwizinn»

10 mars 2026, 17:30

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Samraj Mahadia: «Nou pe travay zis pou roul lakwizinn»

■ Samraj Mahadia (à g.) porte également la casquette de secrétaire de l’Association des entraîneurs.

Notre invité de la semaine est Samraj Mahadia, ancien entraîneur champion. Dans l’entretien qui suit, celui qui porte également la casquette de secrétaire de l’Association des entraîneurs revient sur les principaux enjeux et inquiétudes auxquels sont confrontés ces professionnels des courses à l’approche de la saison 2026.

? L’écurie Mahadia a terminé la saison 2025 à la sixième place avec 13 victoires notamment. Comment jugez-vous votre prestation ?

Avec l’effectif restreint que nous avions, dont des chevaux vieillissants, un bilan de 13 victoires en 16 journées de compétition, soit pratiquement une victoire par journée, n’est pas une mauvaise performance. De plus, nos nouvelles unités sont arrivées tardivement, soit près d’un mois avant la fin de la saison. Elles n’ont pu courir, mais nous avons malgré tout pu tirer notre épingle du jeu. Dans l’ensemble, nous sommes satisfaits de notre saison, surtout par rapport aux écuries qui nous ont précédés et qui avaient de meilleurs chevaux, à l’instar des écuries Arveen Nagadoo et Paul Foo Kune.

? Comment se présente l’exercice 2026 ?

Nous avons changé notre fusil d’épaule en procédant à plusieurs acquisitions. À ce jour, nous avons acheté 14 nouveaux. Nous avons mis trois chevaux à la retraite et il se pourrait bien qu’on en fasse de même pour trois ou quatre autres durant la saison. À terme, nous devrions avoir un effectif de 25-28 chevaux. Nous aurons un effectif de qualité. Nos attentes seront logiquement plus élevées cette année. D’ailleurs, je tiens à préciser que nous avons mis en place un syndicat pour nos propriétaires impliquant 12 chevaux. C’est une grande première ! Ce sera certainement le futur des courses mauriciennes.

? Peut-on dire que Daring Dash et Transonic ont été les «star performers» de l’écurie l’année dernière ?

Tout à fait. Nous connaissions la valeur de Daring Dash quand nous l’avons acquis. He has performed to expectations. Pour sa part, Transonic, à neuf ans, a été une grosse source de satisfaction puisqu’il a battu le gagnant du Maiden (NdlR, Good Council), mais aussi Zeus, qui est une des meilleures acquisitions de la saison passée, s’offrant même le record des 2 200 m pour sa première tentative sur la distance. Il est définitivement une de nos plus belles réussites.

? On annonce votre écurie et celle de Paul Foo Kune comme étant en avance au niveau de la préparation. Partagez-vous cette opinion ?

Nos chevaux sont très bien. Cela a toujours été la politique de l’écurie d’être performante en début de saison, mais tout au long de l’exercice également. L’intersaison s’est bien passée pour nos chevaux. Nous aurons un effectif compétitif pour les premières journées.

? Le jockey Roberto Perez a été reconduit. Quand arrive-t-il et comment entrevoyez-vous la compétition cette année avec plusieurs autres jockeys sud-américains qui seront en action ?

Tous les documents de Roberto ont été envoyés au ministère du Travail pour l’émission de son permis. Je l’attends au pays au début du mois d’avril. En ce qu’il s’agit de la compétition, je dois dire que j’ai toujours eu une préférence pour les jockeys d’Amérique latine avec José de Souza, Michel Platini et Roberto Perez. Ce sont tous de très bons horsemen à l’image de Manoel Nunes, qui était d’un très bel apport au sein de l’écurie Gujadhur. Avec Perez, le courant passe très bien. C’est quelqu’un de très humble et vraiment honnête. Il a de très bonnes mains en course et il nous a donné entière satisfaction l’année dernière. Le fait qu’il connaisse déjà nos chevaux est aussi un avantage.

? L’augmentation de 30 % des «stakesmoney» pour la saison 2026 est forcément une bonne nouvelle…

Nous dépendons effectivement beaucoup des stakesmoney pour le day-to-day running de l’écurie et les coûts d’opération. Nous accueillons positivement cette hausse, mais ce n’est pas suffisant. Avec la fin des subventions du Mauritius Turf Club (MTC), tous les frais (le salaire des palefreniers, le ramassage des ordures, etc.) sont retombés directement sur les écuries et cela a plombé nos finances. Prenez l’exemple de l’écurie Gujadhur : elle a acquis des chevaux pour près de Rs 50 millions l’année dernière pour des stakesmoney de l’ordre de Rs 5 millions. Nul besoin d’être un grand mathématicien pour comprendre : Soon Gujadhur finn bizin tir dan so pos.

Mais il n’est pas le seul : 90 % des entraîneurs sont dans le rouge. Nous travaillons uniquement pour payer les factures. Avec 27 journées de courses cette année et un nouveau dynamisme pour l’industrie, il faudrait, selon moi, que le MTC revoie sa copie. Nous ne pouvons pas nous fier au betting pour faire le salaire de nos employés ou faire tourner l’écurie. Nou pa pou kapav kontinie roul lor zant ale mem…

? Y a-t-il d’autres avenues à explorer pour mieux soutenir les écuries ?

Dans le passé, quand vous achetiez quatre chevaux, le MTC subventionnait le fret pour l’un d’entre eux. C’est peutêtre un item à reconsidérer. Aussi, le MTC nous facture un track maintenance fee, soit Rs 1 100 par cheval. Pour un effectif de 30 chevaux environ, cela peut vous revenir à près de Rs 400 000 annuellement. C’est de l’argent jeté à la poubelle ! Nous sommes les plus gros stakeholders de l’industrie. Cela devrait être la responsabilité de l’organisateur des courses et non l’inverse. Autant que je sache, cet item n’est présent dans aucune autre juridiction hippique au monde. Et ne parlons pas du prix réclamé pour la location d’un box mensuellement. Rs 5 500 ! C’est à dormir debout ! Au final, nous sommes en train de rouler une écurie par passion. Et une passion qui nous coûte cher par-dessus le marché. Qu’on soit bien clair : aucun entraîneur ne deviendra millionnaire au Champ-de-Mars. Nou pe travay zis pou roul lakwizinn. Les vrais gagnants sont le MTC, les opérateurs de paris et le public.

? Plusieurs entraîneurs nous ont également fait part de leur mécontentement par rapport à la garantie bancaire de Rs 3 millions…

Bien évidemment. Ce sont Rs 3 millions qui vont dormir à la Gambling Regulatory Authority (GRA) pendant une année alors que j’aurais pu les utiliser à meilleur escient pour couvrir mes frais d’opération. J’aurais même pu acheter deux bons chevaux avec cet argent. Et vous savez le pire dans l’histoire ? Quand je récupère la somme à la fin de la saison, je dois la retourner à la GRA après deux mois pour le compte de la nouvelle saison !

? Vous êtes le secrétaire de l’Association des entraîneurs. N’en avezvous pas discuté avec la GRA au cours de vos nombreuses rencontres ?

C’est le cas. Mais on nous a expliqué qu’il n’y avait pas grand-chose à faire vu que c’est devenu force de loi. (Il hausse le ton) Mais la loi peut être amendée. Surtout si elle va à l’encontre des intérêts de l’industrie. Je ne suis pas contre le principe, mais Rs 3 millions, c’est beaucoup trop. Si les autorités sont vraiment inquiètes quant à la solvabilité d’un entraîneur, elles n’ont qu’à ne pas renouveler la licence du principal concerné. D’ailleurs, de par les conditions de notre licence, nous (NdlR, les entraîneurs) sommes dans l’obligation de régler nos dettes, même en cas de faillite. Pena sape ladan! Nous en avons parlé au Chief Executive Officer de la GRA, Chhayan Divya Ringadoo, qui nous a fait comprendre qu’elle en parlerait à ses supérieurs. Attendons voir.

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