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Inflation à 4,1 % : les risques d’une nouvelle poussée avec la crise au Moyen-Orient

9 mars 2026, 13:00

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Inflation à 4,1 % : les risques d’une nouvelle poussée avec la crise au Moyen-Orient

■ En février 2026, le CPI s’est établi à 109,5, contre 109,1 en janvier, soit une hausse mensuelle de 0,4 %, essentiellement alimentée par les produits alimentaires.

La dernière publication du Consumer Price Index (CPI) par Statistics Mauritius confirme que l’inflation reste présente dans l’économie mauricienne, avec des signaux qui pourraient s’intensifier dans les mois à venir dans un contexte international marqué par de nouvelles incertitudes géopolitiques.

En février 2026, le CPI s’est établi à 109,5, contre 109,1 en janvier, soit une hausse mensuelle de 0,4 %. Cette progression reste modérée, mais elle confirme une tendance plus structurelle : l’inflation moyenne sur 12 mois atteint désormais 4,1 %, contre 2,8 % un an plus tôt. Sur une base annuelle, l’inflation s’établit à 3,5 %, contre seulement 0,1 % en février 2025, illustrant la remontée progressive des pressions sur les prix.

La hausse de février est essentiellement alimentée par les produits alimentaires, un facteur particulièrement sensible pour les ménages mauriciens. Les légumes, les produits alimentaires transformés et les plats préparés ont chacun contribué à la progression de l’indice. Au niveau des divisions de consommation, la catégorie Food and non-alcoholic beverages affiche une hausse de 0,8 %, confirmant que l’alimentation demeure l’un des principaux moteurs de l’inflation.

D’autres segments liés à la consommation quotidienne montrent également des tensions. Les restaurants et services d’hébergement ont progressé de 0,9 %, tandis que la catégorie Personal care, social protection and miscellaneous goods and services a enregistré la plus forte hausse mensuelle, à 1,4 %. Cette évolution reflète une inflation de plus en plus diffuse dans les services, souvent liée à l’augmentation des coûts d’exploitation et des salaires.

Hausse des prix

Les indicateurs d’inflation sous-jacente renforcent cette lecture. L’inflation CORE1, qui exclut les produits alimentaires et certains éléments volatils, atteint 4,2 % en glissement annuel, tandis que l’inflation CORE2 s’établit à 5,5 %. Ces niveaux suggèrent que les pressions inflationnistes ne sont pas seulement liées à des chocs ponctuels mais qu’elles s’ancrent progressivement dans l’économie.

Mais ces tendances pourraient rapidement être amplifiées par l’évolution du contexte international. L’escalade du conflit au Moyen-Orient ravive les inquiétudes sur les marchés énergétiques mondiaux, notamment avec la hausse du prix du pétrole et les tensions autour du détroit d’Ormuz, un corridor maritime stratégique par lequel transite une part importante du commerce mondial d’hydrocarbures. Certains analystes n’excluent pas que le prix du baril puisse atteindre USD 130 si le conflit devait s’intensifier ou perturber durablement les routes énergétiques. Une telle hausse aurait des conséquences directes pour l’économie mondiale car le pétrole influence les coûts de transport, de production et de logistique dans de nombreux secteurs.

La flambée des hydrocarbures pourrait ainsi entraîner une hausse généralisée des matières premières, avec un effet domino sur les prix des produits de consommation courante. Pour un pays fortement dépendant des importations comme Maurice, l’impact pourrait être particulièrement sensible, notamment à travers le renchérissement du fret maritime, des produits énergétiques et des biens alimentaires importés.

Des spécialistes estiment d’ailleurs que la hausse du prix du pétrole pourrait raviver les pressions inflationnistes dans l’économie mauricienne. Selon eux , si les tensions géopolitiques se prolongent et que les prix de l’énergie restent durablement élevés, l’inflation pourrait remonter dans une fourchette comprise entre 6 % et 8 %, voire davantage si la roupie venait à se déprécier simultanément face au dollar.

Dans ce contexte, la consommation pourrait être confrontée à un double choc : d’une part, une inflation persistante dans les produits essentiels, notamment l’alimentation et les services, et d’autre part, des pressions importées liées à la hausse de l’énergie et du transport maritime. Si ces tensions devaient perdurer, le pouvoir d’achat des ménages pourrait de nouveau être mis à l’épreuve.

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