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Conflit États-Unis – Israël – Iran
La peur s’installe chez les Mauriciens
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Conflit États-Unis – Israël – Iran
La peur s’installe chez les Mauriciens
■ À Dubaï, depuis son domicile à Jebel Ali, une Mauricienne a assisté à une explosion et à des incendies touchant hôtels et immeubles, dont le «Fairmont» et le «Burj Al Arab», samedi, vers 19 heures.
L’escalade militaire entre les États-Unis, Israël et l’Iran a plongé le Moyen-Orient dans une atmosphère de tension et d’inquiétude. Cette situation s’est intensifiée lorsque des frappes et des ripostes par missiles ont frappé les esprits samedi, particulièrement après la diffusion d’images d’explosions dans le ciel de Dubaï, aux Émirats arabes unis, suscitant la peur parmi les ressortissants mauriciens vivant dans la région et leurs familles à Maurice.
Selon la représentation diplomatique, près de 2 000 Mauriciens sont dispersés à travers le golfe Persique (voyageurs et diaspora notamment), dont environ 1 000 à Dubaï. En Arabie saoudite, on compte une centaine à Riyad, 50 à Djeddah et 50 étudiants à Médine, auxquels s’ajoutent plus de 300 pèlerins. Dans d’autres pays de la région, la présence mauricienne est plus diffuse : une centaine au Qatar, dix à Bahreïn, dix au Koweït et cinq à Oman.
À Dubaï, la vie quotidienne a basculé dans une vigilance constante. Sharone, hôtesse de l’air, confie : «C’était la première fois que je voyais des explosions si proches. J’ai senti mon cœur s’emballer et l’image de ma famille ne quittait pas mon esprit. On se sent complètement impuissants.» Une autre hôtesse raconte : «Chaque alerte sur le téléphone me fait sursauter. On a peur pour nos vies et on n’a jamais connu une telle situation. On est terrifiés.» Dans le secteur hôtelier, Isabelle Latour, réceptionniste, explique : «Les clients sont inquiets et moi aussi. On doit sourire, rassurer, mais à l’intérieur, on est stressés et inquiets. C’est comme marcher sur un fil, sans savoir quand la prochaine alerte va tomber.»
D’un autre côté, un groupe de Mauriciens ayant accompli l’Oumra durant la première semaine du ramadan se retrouve bloqué à Djeddah en raison de l’annulation de plusieurs vols. Ces pèlerins prévoyaient de regagner Maurice via une correspondance à Dubaï, mais à leur arrivée à l’aéroport, ils ont constaté que leur itinéraire avait été perturbé, le trafic aérien restant fortement impacté.
Sheik Ahmed, l’un des voyageurs, raconte : «On se sent bloqués, sans contrôle et la peur de l’inconnu est lourde à porter.» De son côté, Umar Raja, également bloqué à Djeddah, confie : «Apprendre que nos vols ont été annulés et ne pas savoir quand nous pourrons repartir est angoissant. Nous avons prié pour rester en sécurité. La peur est là et nos familles nous attendent à la maison. Pour ma part, je devais reprendre le travail mardi et je ne sais pas quoi faire. À part prier pour rentrer sain et sauf, je n’ai aucun contrôle sur la situation.»
Les autorités émiraties ont émis des alertes d’urgence, demandant aux résidents de se mettre à l’abri. Pendant ce temps, à Maurice, les familles suivent la situation avec une inquiétude constante, vivant chaque alerte comme un poids sur le cœur, tandis que la représentation diplomatique maintient un contact permanent avec ses ressortissants et rappelle l’importance de la vigilance et du respect des consignes locales. Une hotline, le 0557 511 039, a été mise en place pour les Mauriciens résidant en Arabie saoudite. L’ambassadeur Riad Hullemuth souligne : «Nous faisons tout notre possible pour garantir la sécurité des Mauriciens. La situation est inquiétante, mais nous restons mobilisés pour chaque citoyen.»
Contacté, Shakeel Mahomed a tenu à rassurer que les plus de 300 pèlerins bloqués à l’aéroport seront rapatriés grâce à un accord avec Saudi Airlines. Les démarches ont déjà été enclenchées. Air Mauritius prévoit d’envoyer un Airbus A350 pour les récupérer au Kenya.
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Bloqué à Dubaï, Adrien Duval témoigne : «C’est surréel»
Le député Adrien Duval se trouve actuellement bloqué à Dubaï, dans l’attente d’une réouverture de l’espace aérien pour rentrer à Maurice. Comme d’autres voyageurs pris au piège par la fermeture soudaine du ciel émirati, il décrit un sentiment de flou et d’incompréhension face à une situation sans précédent: «Je suis là depuis hier (NdlR, samedi) en transit. Malheureusement, l’espace aérien a fermé de manière assez chaotique et nous avons dû chercher un endroit où rester.» Il tient néanmoins à saluer la réactivité des autorités locales, qui ont pris en charge les voyageurs bloqués en les relogeant dans des hôtels : «Il y a eu une grande organisation pour la prise en charge. Rien à en redire.» Depuis son balcon, Adrien Duval nous décrit les scènes inhabituelles qu’il a observées : «J’ai été témoin de plusieurs projectiles depuis hier soir, avec des traînées de fumée dans le ciel. J’ai vu des missiles être interceptés. C’est surréel. Dans une si belle ville, extrêmement développée, vivre un scénario sorti directement d’un film…» Malgré les tensions géopolitiques qui secouent la région, il souligne que c’est la première fois que les habitants ressentent les effets d’un conflit à Dubaï : «Malgré les zones d’instabilité dans la région, ici, cela n’avait jamais été ressenti. C’est la première fois que le conflit s’invite ici de cette manière.» L’incertitude, confie-t-il, demeure entière : «J’espère que ce que j’ai vu hier et ce matin sera derrière nous. Mais le flou persiste ; ce n’est pas rassurant. Dubaï tourne au ralenti pour le moment.»
Alors que nous concluons l’entretien et lui souhaitons de rentrer sain et sauf, ses mots sont brusquement couverts par le son de deux détonations, perceptibles à l’autre bout du fil : «Là, en ce moment même où je vous parle, il y a deux explosions au loin.»
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Maurice face aux retombées ?
L'affrontement entre les États-Unis, Israël et l'Iran soulève des questions sur ses répercussions à Maurice, un pays dépendant des importations pour ses biens essentiels. Afzal Delbar, président de la Customs House Brokers' Association, tempère les inquiétudes : «Pas de panique. Nous disposons de provisions suffisantes et il n'est pas nécessaire de vider les étagères des supermarchés. La majorité des importations provient de régions épargnées par le conflit, notamment l'Asie, l'Inde, la Chine, la Malaisie, Madagascar, l'Afrique et l'Australie. Les biens essentiels, eux, arrivent principalement d'Inde et de Chine, loin des zones de guerre.»
Le pays repose davantage sur la consommation que sur la production locale, ce qui devrait limiter l'impact immédiat sur le coût de la vie. En revanche, l'énergie et le transport aérien restent des facteurs sensibles : «Le prix du pétrole influencera le transport maritime et aérien. Les bateaux devront emprunter des routes plus longues et le carburant coûtera plus cher si la guerre persiste. Concernant les exportations et les vols long-courriers, notamment via Emirates, il se peut que la compagnie limite ses fréquences, ce qui pourrait avoir un impact à moyen terme.»
Les prix de l’essence et du diesel restent stables pour l’instant à Maurice, les autorités disposant déjà de réserves. Le comité dirigé par le ministre du Commerce, Michaël Sik Yuen, se réunit cet après-midi pour évaluer la situation et anticiper une éventuelle hausse si les tensions dans le Golfe persistent. Au niveau international, les cours du pétrole ont augmenté depuis l’ouverture des marchés ce lundi 2 mars. Aux alentours de 00 h 15 (heure de Paris), le baril de Brent de la mer du Nord progressait de 9,9 %, atteignant 80,16 dollars, après une ouverture en hausse de 13 %. Il était déjà à plus de 72 dollars vendredi 27 février, contre 61 dollars au début d’année.
Cette hausse s’explique par l’arrêt de navires autour du Golfe et la paralysie du détroit d’Ormuz. Après une attaque touchant deux navires dimanche au large des Émirats arabes unis et d’Oman, l’Organisation maritime internationale a conseillé aux compagnies maritimes «d’éviter» la région. En conséquence, le transport maritime via le détroit est suspendu, ce qui pose un problème pour le commerce mondial, puisque ce passage représente environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole, soit près de 20 millions de barils par jour.
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Les réactions pleuvent
■ À l’aéroport de Dubaï, des milliers de voyageurs ont été pris dans le chaos samedi, jour de l’attaque de missiles.
Israël et les États-Unis ont lancé, samedi, une opération militaire conjointe d’une ampleur inédite contre l’Iran, tuant le guide suprême, Ali Khamenei, et plusieurs hauts respon- sables du régime. Téhéran a aussitôt riposté par des frappes massives à travers la région, semant le chaos dans les aéroports du golfe Persique et faisant craindre un embrasement généralisé. Tandis que les dirigeants mondiaux appellent au calme et à la diplomatie, les marchés pétroliers s’affolent, avec des conséquences qui se feront sentir jusqu’à Maurice.
? Benjamin Netanyahu
Dans une déclaration publiée par le ministère israélien des Affaires étrangères, le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a affirmé : «Ce matin, Israël et les États-Unis ont lancé une opération combinée pour éliminer la menace existentielle que fait peser sur Israël le régime des ayatollahs en Iran. (…) Nous avons détruit la résidence du tyran Khamenei au cœur de Téhéran. Pendant trois décennies et demie, ce cruel tyran a exporté le terrorisme à travers le monde, rendu son peuple misérable et œuvré sans relâche à la destruction d’Israël.» Il a également annoncé que dans les prochains jours, ils frapperont des milliers de cibles appartenant au régime iranien: «Nous créerons les conditions permettant au courageux peuple iranien de se libérer des chaînes de la tyrannie.»
? Donald Trump
De Washington, le président américain, Donald Trump, a annoncé hier sur son compte Truth Social : «Khamenei, l’un des hommes les plus maléfiques de l’Histoire, est mort.» Il a ajouté que les bombardements intensifs et ciblés se poursuivront sans interruption tout au long de la semaine ou aussi longtemps que nécessaire pour atteindre l’objectif fixé : «La paix au Moyen-Orient et dans le monde.» Dans une autre publication sur le même réseau social, il a lancé un avertissement à l’Iran face à d’éventuelles représailles : «L’Iran vient de déclarer qu’il allait frapper très fort aujourd’hui, plus fort qu’il ne l’a jamais fait. Ils ont intérêt à ne pas le faire, parce que s’ils le font, nous les frapperont avec une force comme jamais vue auparavant.»
? Mohammad Baqer Ghalibaf
Côté iranien, la riposte verbale a été immédiate. Le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Ghalibaf, a déclaré, en référence à Trump et à Israël, qu’ils avaient franchi une ligne rouge et «en paieront le prix», a rapporté la télévision d’État iranienne hier matin. Il a ajouté que le pays poursuivra la voie tracée par Khamenei.
La communauté internationale appelle à la retenue
Face à l’escalade, les grandes puissances ont réagi avec une préoccupation commune, même si leurs positions divergent sur le fond.
? António Guterres
Condamnant les frappes militaires des États-Unis et d’Israël, ainsi que les attaques iraniennes qui ont suivi, le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a déclaré : «Nous assistons à une grave menace contre la paix et la sécurité internationales. L’action militaire risque de déclencher une série d’événements que personne ne pourra contrôler dans la région la plus volatile du monde. Soyons clairs : il n’existe pas d’alternative viable au règlement pacifique des différends internationaux.» Il a rappelé qu’une paix durable ne peut être obtenue que par des moyens pacifiques, notamment par le dialogue et des négociations sincères.
? Le détroit d’Ormuz
Le conflit plonge le marché pétrolier dans sa plus grave crise depuis des décennies. Sauf résolution rapide, le prix du pétrole devrait connaître une forte hausse à l’ouverture des marchés ce matin. L’ampleur des perturbations dépendra en grande partie de la situation dans le détroit d’Ormuz : ce passage étroit entre l’Iran et Oman concentre à lui seul quelque 20 % du pétrole mondial, ainsi que d’importants volumes de gaz naturel liqué- fié, ce qui laisse présager une forte envolée des prix. Le prix du baril de Brent de référence a déjà grimpé ces dernières semaines à environ 70 dollars, son niveau le plus élevé depuis août 2025.
? Transports aériens paralysés
L’aéroport international de Dubaï, qui traite plus de 1 000 vols par jour, a été endommagé lors des frappes de représailles iraniennes contre plusieurs sites des États du Golfe. Les aéroports d’Abou Dhabi et du Koweït ont également été touchés. Les principaux hubs régionaux – Dubaï, Doha et Abu Dhabi – ont fermé leurs portes, les pays du Moyen-Orient ayant procédé à la fermeture de leur espace aérien. Emirates a temporairement suspendu ses vols au départ et à destination de. De son côté, Air Mauritius indique que ses liaisons vers et depuis l’Europe restent opérationnelles à ce stade. Elle ajoute que des itinéraires alternatifs peuvent être envisagés si nécessaire, tout en rappelant que la sécurité des passagers et des équipages demeure sa priorité.
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