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Organisation de conservation de la mégafaune marine

Hugues Vitry : «Il est crucial de protéger la zone de ponte des tortues… menacées par le braconnage»

1 mars 2026, 15:00

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Hugues Vitry : «Il est crucial de protéger la zone de ponte des tortues… menacées par le braconnage»

La découverte d’un nid de tortues marines potentiellement actif sur une plage du littoral ouest a entraîné la mobilisation des autorités, qui ont activé le protocole national de protection et mis en place des mesures de surveillance, avec une éclosion attendue dans environ 45 jours. Alors qu’un suivi scientifique est en cours, nous avons sollicité Hugues Vitry, président de l’Organisation de conservation de la mégafaune marine (MMCO), pour faire le point sur la situation des tortues marines, qui abritent principalement deux espèces : la tortue verte et la tortue imbriquée, ainsi que sur les défis liés à leur préservation.

? Quelle est l’importance de protéger les zones de ponte des tortues marines, comme celle où le nid a été récemment découvert ?

Il est crucial de protéger cet espace, car elles sont menacées par le braconnage, qui touche à la fois la tortue et ses œufs. De plus, les œufs peuvent être détruits par les chiens, ce qui augmente le risque pour la survie des tortues.

?Comment la ponte et l’incubation des tortues se passentelles normalement, et où celles-ci peuvent-elles encore pondre ?

L’incubation des œufs dépend du sable et de la profondeur du nid, généralement à environ 70 cm. La température du sable détermine le sexe des tortues et influence la durée de l’incubation : 50 à 60 jours pour la tortue verte et 60 à 70 jours pour la tortue imbriquée. La plupart des tortues ne pondent pas sur l’île Maurice à cause de la lumière artificielle sur les plages, qui perturbe leur comportement. Les bébés tortues se dirigent vers la mer grâce à la lumière naturelle, comme celle de la pleine lune ou la réflexion du soleil sur l’eau ; si des lumières artificielles sont présentes sur la terre, elles risquent de se tromper de direction. Les tortues viennent encore pondre sur des îles plus isolées comme l’île Plate, mais plus souvent à Tromelin, à St. Brandon et à Agalega, et sur certaines plages peu urbanisées où les conditions sont favorables.

? Quelles sont les menaces qui pèsent sur les tortues marines ?

Les tortues marines font face à plusieurs menaces sérieuses. La première est le braconnage, qui continue de se pratiquer parfois presque ouvertement. Certains chasseurs sous-marins ciblent les tortues, et il est possible de commander leur chair dans certains marchés. Le braconnage concerne aussi leurs carapaces et écailles, très recherchées pour fabriquer des objets de luxe comme des peignes, des broches ou des boutons, ainsi que pour des bijoux. Les tortues imbriquées sont particulièrement visées.

La pêche à la senne représente également un danger réel. Les tortues viennent souvent dans les récifs pour se nourrir et peuvent se retrouver prises dans les filets. Même lorsqu’elles sont sorties des filets, elles sont parfois déjà noyées, ou certains pêcheurs ne les relâchent pas. La pêche industrielle, notamment pour le thon, attrape également des tortues par accident. Les gros bateaux ne les conservent pas et les rejettent à l’eau, mortes.

La pollution plastique est un problème majeur. Les tortues vertes sont herbivores à l’âge adulte, mais omnivores quand elles sont jeunes. Elles consomment aussi des méduses translucides, qu’elles confondent souvent avec du plastique. Lorsqu’elles ingèrent du plastique, cela peut les étouffer et provoquer leur mort. De plus, la plupart des tortues imbriquées et verte qui meurent dans nos lagons, périssent à cause des accidents avec des bateaux, notamment les speedboats.

? Quelle est la situation de la population des tortues marines dans nos eaux ?

Entre les années 1990 et 2000, et à partir de 2010, on a observé une légère augmentation de la population de tortues marines. Mais depuis 2020, on constate un déclin. Certaines espèces sont en danger critique. Selon l’International Union for Conservation of Nature (IUCN), la tortue imbriquée est classée «critically endangered». La tortue verte, elle, est passée du statut en danger à préoccupation mineure. Entre les années 1970 et aujourd’hui, la population a augmenté d’environ 30 %, mais cela reste une préoccupation pour la conservation.

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