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«Epstein Files»

Que retenir de la nouvelle fournée de documents publiés ?

8 février 2026, 17:00

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Que retenir de la nouvelle fournée de documents publiés ?

Plus de trois millions de pages supplémentaires ont été rendues publiques par le gouvernement américain, dans le cadre de l’«Epstein Files Transparency Act», adoptée le 18 novembre 2025 par la Chambre des représentants américaine. Après les dizaines de milliers de documents diffusés fin décembre, le numéro deux du ministère de la Justice, Todd Blanche, a annoncé la nouvelle livraison, comprenant également plus de 2 000 vidéos et 180 000 images, le 30 janvier.

Langage codé

image.png ■ Epstein files, document : EFTA02070784. Courriel envoyé au majordome d’Epstein.

Dans cette nouvelle fournée extraite des Epstein Files, certaines mentions apparemment anodines continuent d’alimenter les spéculations. En cause : le nombre d’occurrences de termes liés à la nourriture, dont «pizza» (845 fois) et «hot dog» (96 fois), relativement élevé, est suspecté d’être un langage codé associé à l’exploitation sexuelle de mineurs.

En effet, des enquêteurs avancent que des réseaux criminels recourent souvent à des codes pour contourner la surveillance. Dans ce lexique présumé, «hot dog» correspondrait à un garçon, «pizza» à une fille, «pasta» à un très jeune garçon et «cheese pizza (CP)» à une très jeune fille. Les initiales «CP» de «cheese pizza» et «Central Park» renverraient également à child pornography. Toutefois, il est prudent de rappeler que ces équivalences ne sont pas «formellement établies» et nécessitent des enquêtes approfondies, au cas par cas.

Polaris, l’organisation qui gère la National Human Trafficking Hotline aux États-Unis, apporte des précisions en ce sens. Sur son site web (Polarisproject.org/humantrafficking-rumors), elle appelle à la prudence face à des histoires non vérifiées – qu’elle considère capables de faire «plus de mal que de bien» – mais reconnaît que «cheese pizza» est un «terme codé parfois utilisé parmi les personnes qui distribuent et partagent du matériel pédopornographique en ligne».

Dans les Epstein Files, plusieurs échanges contenant ces références ont été relevés notamment dans des communications liées à l’entourage de Jeffrey Epstein.

Elon Musk

Express.mu (620 x 330) (23).jpg ■ Epstein files, document : EFTA01956458.

Dans un échange de courriels entre Jeffrey Epstein et Elon Musk (en médaillon), l’usage d’un langage codé apparaît de façon plus manifeste. Si, dans l’échange initial, Epstein semble informer Musk de «personnes intéressantes» venues pour l’ouverture de l’Assemblée générale de l’ONU, la réponse de Musk – qui considère ce déplacement comme une perte de temps – ouvre la voie à une «clarification» d’Epstein. En effet, pour dissiper l’incompréhension de Musk et recentrer le sens implicite de son invitation, il lui répond :«Est-ce que tu penses que je suis attardé ? Je plaisante : il n’y a personne de plus de 25 ans, et tout le monde est très mignon.»

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Où consulter les «files» ?

Les documents des Epstein Files peuvent être consultés sur le site officiel du U.S. Department of Justice : Justice.gov/epstein. L’accès passe d’abord par une validation d’âge (18 ans et plus), puis la recherche s’effectue via la barre «Search Full Epstein Library», où il suffit de saisir un nom ou un mot-clé pour parcourir les fichiers disponibles.

Avec des millions de documents encore à examiner par la justice américaine, le dossier est loin d’être clos. Et une autre question s’impose, plus subtile, au-delà des noms cités: qui n’apparaît pas dans les Epstein files ?

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Maurice citée comme destination de fin d’année

Dans un courriel daté du 4 janvier 2010 (EFTA01821000), le séjour à Maurice d’une personne du cercle de Jeffrey Epstein est évoqué. Dans ce message, l’expéditeur vante la destination mauricienne, la qualifiant d’«ensoleillée» et disant y passer «un excellent moment». Il mentionne également une sortie de snorkeling, avant d’annoncer un retour à Londres le 9 janvier. Un second courriel adressé à Epstein, daté du 9 novembre 2011 (EFTA01849880), fait à nouveau référence à l’île comme étape des fêtes de fin d’année : «Au Cap pour Noël et à Maurice pour le Nouvel An.»

Dans les deux cas, Jeffrey Epstein avait répondu aux courriels. Si les documents rendus publics à ce jour ne mentionnent ni adresse, ni nom d’hôtel, ni itinéraire chez nous, de nouveaux éléments pourraient apporter davantage de précisions sur la nature et l’ampleur des liens avec Maurice en toile de fond. Il convient également de rappeler que ces échanges ne prouvent pas, en eux-mêmes, un lien direct entre ces séjours et les faits reprochés à Jeffrey Epstein.

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Suicide ou homicide ?

Dans une déclaration à Complément d’enquête, émission d’investigation française, en novembre 2025, le médecin légiste américain Michael Baden, figure médiatique de la médecine légale aux États-Unis ayant réalisé des milliers d’autopsies, affirme que les lésions observées au niveau du cou de Jeffrey Epstein lui paraissent davantage compatibles avec une strangulation qu’avec une pendaison.

Selon lui, certaines fractures ne correspondent pas à un suicide par pendaison – où la pression de la corde se situe plutôt sous le menton – mais seraient plus fréquentes en cas d’asphyxie provoquée par un lien ou une compression exercée au milieu du cou. Une interprétation qui alimente, de nouveau, les doutes et spéculations autour des circonstances de la mort du financier dans sa cellule.

image.png

Cette controverse rappelle le décès, également en détention, de Jean-Luc Brunel (photo), soupçonné d’avoir été un rabatteur d’Epstein. Cet ancien agent français de mannequins avait été retrouvé mort dans sa cellule de la prison de la Santé, à Paris, dans la nuit du 18 au 19 février 2022. Une source proche du dossier a évoqué un suicide par pendaison. Mis en examen depuis 2020 puis en 2021 dans plusieurs volets, notamment pour viols sur mineure de plus de 15 ans et harcèlement sexuel, Jean-Luc Brunel était visé par les accusations de plusieurs anciennes mannequins.

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