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Éducation
Résultats au SC de 2017 à 2025: L’école à l’épreuve des chiffres…
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Éducation
Résultats au SC de 2017 à 2025: L’école à l’épreuve des chiffres…
■ Entre les maths et les langues, des élèves font face à de multiples défis.
Les chiffres publiés sur le site du Mauritius Examinations Syndicate donnent une vue d’ensemble des résultats au School Certificate (SC) de 2017 à 2025. L’année 2020 n’apparaît pas dans la série, Cambridge n’ayant pas été en position d’effectuer les entrées pour la session d’octobre-novembre 2020 dans le contexte du Covid-19. Après un pic en 2021, les résultats reviennent sur une trajectoire plus exigeante, où les tendances se lisent surtout matière par matière.
En langues, il ne s’agit pas d’un effondrement, mais d’un déplacement des équilibres : l’anglais finit la période avec un taux de credit plus élevé qu’en 2017, alors même que le pass recule, signe possible d’une réussite plus polarisée. Le français, lui, tient globalement sur le pass mais s’érode sur le credit, comme une réussite qui se maintient sans se renforcer. En mathématiques, le signal est le plus net : baisse du pass et baisse du credit sur la période 2017-2025, révélant une fragilité de fond dans une matière déterminante pour la suite des parcours scientifiques et économiques.
Si l’on cherche l’année qui «casse» la lecture, c’est 2021. Dans les trois matières suivies, les meilleurs niveaux de la période s’y concentrent, sur le pass comme sur le credit. En anglais, le taux de pass (filles et garçons) monte à 94,60 % et le credit à 63,75 % ; en français, 87,58 % au pass et 58,93 % au credit ; et en mathématiques (syllabus D), 82,39 % au pass et 51,28 % au credit. Ce sommet exprime une valeur qui mérite qu’on s’y attarde : il rappelle que les résultats n’évoluent pas forcément au rythme d’une progression régulière.
La comparaison 2024-2025 apporte un éclairage utile parce qu’elle montre non pas une lente dérive, mais des mouvements parfois brusques. En anglais, lepass chute de 90,08 % en 2024 à 84,72 % en 2025, alors que le credit recule légèrement de 55,35 % à 54,07 %. En français, le glissement est plus atténué : pass de 82,77% à 81,87% et credit de 48,55 % à 48,04 %. En mathématiques, en revanche, le recul est marqué : pass de 75,18 % à 70,73 % et credit de 45,71 % à 42,43 %.
Anglais
Sur l’ensemble de la période, l’anglais affiche une évolution paradoxale quand on oppose 2017 et 2025. La proportion d’élèves ayant obtenu un credit progresse de 49,02 % en 2017 à 54,07 % en 2025, tandis que la proportion d’élèves ayant obtenu un pass recule de 88,44 % à 84,72 %. Cette combinaison est importante : elle signifie qu’une hausse des credits ne s’accompagne pas d’une hausse de la réussite globale, au contraire. On peut y lire l’hypothèse d’une réussite plus polarisée : une part significative d’élèves atteint le niveau credit, mais une proportion plus élevée n’échoue qu’au début de la période.
La comparaison 2024-2025 renforce cette impression. En une seule année, la proportion d’élèves ayant obtenu un pass perd plus de cinq points, tandis que la proportion d’élèves ayant obtenu un credit ne recule que marginalement. Cela ne raconte pas la même histoire qu’une baisse générale du niveau ; cela ressemble plutôt à un durcissement au seuil de la réussite, avec un noyau de candidats qui maintient relativement le niveau credit et un groupe qui décroche au point de ne plus passer.
Côté genres, l’avantage des filles reste marqué. En 2025, la proportion d’élèves ayant obtenu un credit est de 57,13 % chez les filles contre 50,41 % chez les garçons et la proportion d’élèves ayant obtenu un pass de 86,65 % contre 82,40 %.
Français
Le français est la matière où la stabilité du pass masque un recul plus discret du niveau. Entre 2017 et 2025, la proportion d’élèves ayant obtenu un pass évolue à peine, de 81,28% à 81,87 %. En revanche, la proportion d’élèves ayant obtenu un credit baisse de 50,93 % à 48,04 %. Le message n’est donc pas que «les élèves échouent plus», mais «moins d’élèves obtiennent un credit». Et c’est un signal qui compte, car le credit reflète généralement une maîtrise plus solide et plus transférable pour la suite.
La séquence 2021-2025 est aussi parlante : après l’année «record» 2021, la série revient progressivement vers des niveaux plus «normés», avec une baisse graduelle de la proportion d’élèves ayant obtenu un pass et un credit. Entre 2024 et 2025, la proportion d’élèves ayant obtenu un pass recule de 82,77 % à 81,87 %, et la proportion d’élèves ayant obtenu un credit de 48,55 % à 48,04 %. Si ce «fléchissement» n’est pas alarmant, il révèle une tendance de fond : un résultat global qui se maintient, sans renforcement net du niveau.
C’est aussi en français que l’écart filles-garçons est le plus impressionnant. En 2025, la proportion d’élèves ayant obtenu un credit est de 51,80 % chez les filles contre 43,59 % chez les garçons et la proportion d’élèves ayant obtenu un pass de 85,16 % contre 77,98 %. On parle ici d’un différentiel suffisamment large pour influencer la moyenne nationale.
Mathématiques
Les mathématiques (syllabus D) concentrent la dégradation la plus claire sur 2017-2025. Entre 2017 et 2025, la proportion d’élèves qui réussissent l’épreuve recule de 76,52 % à 70,73 %. Dans le même temps, la proportion d’élèves qui obtiennent un credit suit la même pente, de 48,50 % à 42,43 %. Le signal est donc double : moins d’élèves franchissent le seuil de la réussite et moins atteignent le niveau credit.
La comparaison 2024-2025 est particulièrement révélatrice. En un an, la proportion d’élèves qui réussissent passe de 75,18 % à 70,73 % et la proportion d’élèves qui obtiennent un credit de 45,71 % à 42,43 %. Ainsi, en 2025, près de trois candidats sur dix échouent en mathématiques. Autre différence majeure avec les langues : le genre explique très peu les résultats en mathématiques.
En 2025, la proportion d’élèves qui réussissent est quasi identique (70,67 % chez les garçons, 70,78 % chez les filles). La proportion d’élèves qui obtiennent un credit est également proche, avec un léger avantage masculin (43,35 % contre 41,66 %).

Au-delà des chiffres
Ces chiffres, finalement, renvoient à une question plus large que la performance d’une cohorte : qui arrive réellement au SC et dans quelles conditions ? La baisse du nombre de candidats examinés à partir de 2023 dans des matières obligatoires invite à regarder du côté de l’évolution démographique, mais aussi des parcours scolaires en amont : redoublements, changement de syllabus, sorties du système avant l’examen, absentéisme ou décrochage progressif qui se traduit au bout de la chaîne par une cohorte plus réduite. Autrement dit, les pourcentages ne parlent pas seulement d’apprentissage ; ils peuvent aussi refléter une sélection silencieuse, liée à la capacité du système à garder les élèves jusqu’au bout.
Reste alors l’enjeu des prochaines années : une amélioration des taux peut venir d’un meilleur enseignement, mais aussi d’un tri plus fort en amont ; à l’inverse, une baisse peut traduire une fragilité réelle des acquis ou des conditions qui ont pesé sur une génération donnée. C’est pourquoi l’attention se déplace naturellement vers les leviers pédagogiques et d’accompagnement : consolidation plus systématique des fondamentaux, soutien ciblé avant le SC, suivi des élèves à risque de décrochage, et ajustements des outils et méthodes d’enseignement, notamment en mathématiques.
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